Les trois âges du « non »

Magicmaman - - Psycho Bébé et Kids -

LE « NON » DE PRO­TEC­TION (0-1 AN) « Ne touche pas, ça brûle. Ne joue pas avec cette porte, tu pour­rais te faire mal.» Le « non » de pro­tec­tion est le pre­mier que les pa­rents pro­noncent… et le seul qui soit lé­gi­time la pre­mière an­née. Les be­soins (nour­ri­ture, pro­pre­té, sé­cu­ri­té) du nour­ris­son sont fon­da­men­taux, il faut les sa­tis­faire. « A cet âge, par­ler de frus­tra­tion n’a pas de sens, sou­ligne Cé­cile Desmazières. Un bé­bé ne fait pas de ca­prices. Ce n’est pas un en­fant qu’il faut édu­quer le plus tôt pos­sible pour évi­ter qu’il ne prenne de mau­vaises ha­bi­tudes.» LE « NON » AU NON (2-4 ANS) «Tu ne veux pas ton pain au cho­co­lat ? OK mais je te pré­viens, on n’achète pas de glace à la place.» «Tu ne veux pas sor­tir du bain ? Il va fal­loir, on passe à table dans deux mi­nutes.» Entre 2 et 4 ans, la plu­part des en­fants re­fusent tout ce qu’on leur pro­pose. Une fa­çon pour eux de s’af­fir­mer et d’éprou­ver qu’ils sont des per­sonnes à part en­tière avec leur vo­lon­té propre. Pas ques­tion pour au­tant de les lais­ser dé­ci­der de tout. Non seule­ment ce­la fe­rait d’eux des petits ty­rans mais, sur­tout, ce ne se­rait pas leur rendre ser­vice. « Un en­fant a be­soin qu’on le ras­sure en le ca­drant. S’il prend le pou­voir, il est en in­sé­cu­ri­té », as­sure Cé­cile Desmazières. Si ses pa­rents ne sont pas plus forts que lui, alors comment pour­raient-ils le dé­fendre ? LE « NON » QUI AP­PREND LA FRUS­TRA­TION (2-6 ANS) « Non, on ne fait pas un autre tour de ma­nège, c’est fi­ni pour au­jourd’hui.» « Non, tu ne prends pas un gâ­teau avant le dî­ner.» Tous les pa­rents pro­noncent des « non » de frus­tra­tion à lon­gueur de jour­née ! Certes, re­fu­ser à un en­fant ce dont il a en­vie, c’est lui faire du cha­grin et sus­ci­ter des pleurs. Mais c’est aus­si l’ai­der à dif­fé­rer la sa­tis­fac­tion de ses dé­si­rs. « La frus­tra­tion est struc­tu­rante, elle donne de la li­ber­té par rap­port à la pres­sion des dé­si­rs, ré­sume la psy­cho­logue. Si on n’a pas de marge de ma­noeuvre, le dé­sir reste un be­soin. On entre dans un sys­tème de ty­ran­nie des be­soins.»

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