Hu­mour de mam’

Pri­mi et Mul­ti : vi­rée dans un parc d’attraction

Magicmaman - - Sommaire - ILLUS­TRA­TIONS : SUPPA.

PRI­MI et Chou­chou sont équi­pés comme pour par­tir deux se­maines en trek au Né­pal. Sac à dos avec gourdes et gra­nules pour les cour­ba­tures, af­faires de re­change (puis­qu’il pa­raît que l’attraction Sou­ris Hu­mide risque de trem­per pe­tits et grands), chaus­sures de marche aux pieds et cas­quettes sur la tête. Mon­chat, lui, est san­glé dans sa pous­sette car Pri­mi n’a clai­re­ment pas en­vie de se trim­bal­ler un en­fant épui­sé de trop mar­cher.

MUL­TI et le Mâle sont ro­dés, ils ont dé­jà écu­mé quelques parcs d’attraction avec leur pe­tite fa­mille, et ont car­ré­ment em­por­té de quoi nour­rir une co­lo­nie de va­cances dans leur sac à dos. Ils ont le plan du parc dans la poche ar­rière et, avouons-le, le Mâle a étu­dié de­puis deux se­maines sur l’ap­pli­ca­tion Sou­riLand les temps d’at­tente des at­trac­tions en fonc­tion de l’ho­raire afin de pla­ni­fier sa jour­née. L’ou­ver­ture du parc se fait à 10 heures et ce sont des en­fants éba­his qui dé­couvrent la ma­gni­fi­cence de Sou­riLand. Ils s’ex­ta­sient en coeur tan­dis que Mul­ti tente de re­pé­rer la file d’en­trée la plus ju­di­cieuse et que Pri­mi com­mence à pa­ni­quer de voir au­tant de monde se pres­ser pour en­trer. Cer­tains courent même.

– Ce n’est rien, ils se dé­pêchent pour al­ler dans le Train du Gruyère mais, nous, on ne peut pas y al­ler, les en­fants sont trop pe­tits. Com­men­çons par nous ba­la­der tran­quille­ment, on pour­ra dé­jà leur faire dé­cou­vrir les lieux. Clai­re­ment la pre­mière attraction reste le tour­ni­quet d’en­trée. Pri­mi passe par la porte pous­sette tan­dis que Mul­ti s’avance vers le fa­meux tour­ni­quet en hur­lant : « ON RES­PECTE SON TOUR ! On ne passe pas comme un bour­rin ! On n’en­voie pas le tour­ni­quet dans la tronche de sa soeur ! »

Pri­mi se fé­li­cite d’avoir pris sa pous­sette même si Mon­chat veut plu­tôt cou­rir par­tout pour le mo­ment. Ils s’émer­veillent en fa­mille du dé­cor (en car­ton-pâte) plu­tôt réus­si du parc : – Oh re­garde le châ­teau de la Prin­cesse Sou­ris !

– Ze veux une pe­lusse ! – Non, at­tends, on re­garde les mai­sons d’abord, et aus­si les jo­lies voi­tures ! – Ze veux un dé­gui­se­ment de Prince Sou­ris et une épée !

Ah oui, Pri­mi n’avait pas pré­vu l’ap­pel des dix-huit mille bou­tiques de sou­ve­nirs qui ja­lonnent les rues de Sou­riLand. Mul­ti calme tout le monde en pré­ci­sant « qu’à la fin de la jour­née, on au­ra TOUS le droit de se choi­sir UN sou­ve­nir, OK Mon­chat ? » Mon­chat ac­quiesce, mais vou­drait quand même bien une pe­lusse tout de suite.

Pen­dant ce temps, les deux grands de Mul­ti ont dé­plié le plan de­vant leurs yeux et hurlent qu’ils veulent faire La Tour Flip­pante tan­dis que la pe­tite pleure parce qu’elle vou­drait al­ler dans

La Sou­ris Mi­gnonne. Mon­chat, lui, ai­me­rait beau­coup al­ler faire pi­pi.

Il est temps de se scin­der pour se re­trou­ver vers mi­di afin de par­ta­ger un pique-nique. Pri­mi n’a pas pen­sé au pique-nique et se­ra obli­gée d’ache­ter un beurk-burger tout gras que Mon­chat ne fi­ni­ra pas. Au prix d’un re­pas dans un res­tau­rant gas­tro­no­mique par­tout ailleurs en France, ce­la va de soi. Mul­ti, le Mâle et leurs trois en­fants se dé­placent ra­pi­de­ment dans le parc, vé­ri­fiant sur l’ap­pli Sou­riLand quelles at­trac­tions pro­posent le moins de temps d’at­tente. Le Mâle mène la marche d’un air conqué­rant, comme in­ves­ti d’une mis­sion di­vine. Il sla­lome entre les tou­ristes aux oreilles de Sou­ris (ri­di­cule) et Mul­ti peine à le suivre. Sou­dain, il s’ar­rête :

– Ve­nez les en­fants, ici on at­tend que dix mi­nutes !

– Heu Pa­pa, c’est la Danse des Sou­ris Rin­gardes, on passe en ba­teau par­mi des sou­ris qui chantent dé­gui­sées en cos­tumes folk­lo­riques !

– Oui, certes c’est nase mais on y va, il n’y a que dix mi­nutes d’at­tente ! Toute la fa­mille se re­trouve donc à contem­pler, at­ter­rée, mille pe­tites sou­ris qui dansent avec en fond so­nore une mu­sique qui leur res­te­ra dans la tête en­vi­ron qua­rante-trois ans. En sor­tant, la Pe­tite, ELLE, est ra­vie et veut y re­tour­ner. Mul­ti se sa­cri­fie (met des boules Quiès) tan­dis que le Mâle em­mène les deux grands à la Tour Flip­pante.

Pen­dant ce temps, Pri­mi se rend compte que Mon­chat ne me­sure par les 120 cm re­quis pour faire les at­trac­tions qu’elle avait choi­sies. Adieu La Sou­riMo­bile, adieu La Chasse aux Sou­ris, et bon­jour le Pe­tit Train Re­lou de la Sou­ris Neu­ras­thé­nique dans le­quel ils sont for­cés de faire trois tours so­po­ri­fiques. Chou­chou en pro­fite pour al­ler faire un pe­tit tour de Star Ra­ton pen­dant ce temps (le vieux pour­ri !), avant de re­trou­ver tout le pe­tit groupe à mi­di. Sur l’aire de pique-nique, les en­fants se ra­content leurs ma­nèges pré­fé­rés et étalent le plan pour en sé­lec­tion­ner d’autres, même si le Moyen a du mal à se re­mettre de la chute libre de la Tour Flip­pante comme en té­moigne son teint ver­dâtre. Après le re­pas, il est dé­ci­dé de faire un tour pour re­pé­rer de nou­veaux ma­nèges quand sou­dain, sur le che­min, Mon­chat se fige et re­vient en hur­lant vers ses pa­rents : – Ma­maaaaaan, une sou­ris man­geuse d’en­fants !

– Mais non, cha­ton, c’est une mas­cotte, elle veut te faire un bi­sou, tu veux lui faire un bi­sou ou un câ­lin que je prenne une photo ?

– Naaaaaan… sur­tout paaaaaaas… Mul­ti re­garde ses en­fants avec sus­pi­cion :

– QUI a dit à Mon­chat que c’était une sou­ris man­geuse d’en­fants ?

– Moi, j’ai juste dit que c’était une pe­luche avec un mec à l’in­té­rieur et qu’il ne fal­lait pas avoir peur.

La pe­tite se met à pleu­rer aus­si et Mul­ti la prend dans les bras :

– Tu as peur aus­si ?

– Naaaaaaan (san­glots), je croyais que c’était une vraie sou­ris (grosse dé­cep­tion) et pas un mec à l’in­té­rieur (ef­fon­dre­ment du mythe de la Mas­cotte). Mul­ti gronde les grands pour ce double trau­ma­tisme et pro­pose de re­par­tir en­semble pour l’après-mi­di. Notre pe­tite troupe se ré­ga­le­ra, en plus de tous les ma­nèges, d’un PESTACLE de sou­ris dan- santes, d’une pa­rade de sou­ris dé­gui­sées et d’un feu d’ar­ti­fice pour clore cette mer­veilleuse jour­née. Au comp­teur, en­vi­ron 20 km de marche pour les pa­rents, quatre pe­lusses ache­tées pour des en­fants heu­reux et épui­sés, un vo­mi de beurk-burger (Chou­chou n’au­rait pas dû re­tour­ner dans le Star Ra­ton après le re­pas), de longues mi­nutes d’at­tente à râ­ler (la spé­cia­li­té de l’en­fant), des pa­rents trem­pés dans la Sou­ris Hu­mide, un seau de pop-corn à 10 € im­mé­dia­te­ment ren­ver­sé par terre, des cris de joie dans les ma­nèges qu’ils ont eu tous en­vie de re­com­men­cer, et des étoiles dans leurs yeux fa­ti­gués…

Pri­mi et Mul­ti, Pour des jour­nées dans un parc d’attraction, veillez à em­por­ter de quoi man­ger pour évi­ter le maxi­mum de dé­penses sur place. Pen­sez éga­le­ment à une pous­sette ou à un moyen de por­tage pour les plus jeunes et n’hé­si­tez pas à vous faire de bonnes pauses pen­dant les spec­tacles pro­po­sés. Pen­sez à bien vous hy­dra­ter et à vous pro­té­ger du so­leil. Et sur­tout... pro­fi­tez !

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