Quand les en­tre­prises aident les pa­rents

On tra­vaille mieux quand on est li­bé­ré de ses contraintes fa­mi­liales et qu’on a l’es­prit tran­quille. Les em­ployeurs l’ont bien com­pris. Ils sont de plus en plus nom­breux à ai­der leurs sa­la­riés à conci­lier vie de fa­mille et vie pro­fes­sion­nelle. De quoi don

Magicmaman - - Notre grand dossier - AVEC CA­THE­RINE BOISSEAU MARSAULT, DI­REC­TRICE DES ÉTUDES ET DE LA PROS­PEC­TIVE DE L’OB­SER­VA­TOIRE DE L’ÉQUI­LIBRE DES TEMPS ET DE LA PA­REN­TA­LI­TÉ EN EN­TRE­PRISE (OPE), WWW.OB­SER­VA­TOIRE-EQUILIBRE.COM

De­puis qu’elle est en­ceinte, Axelle, consul­tante chez Capge­mi­ni, ne met plus son ré­veil à son­ner à 6 heures du ma­tin. Elle prend son pe­tit dé­jeu­ner avec ses en­fants, dé­bar­rasse tran­quille­ment la table et al­lume son or­di­na­teur. Au bou­lot ! Le té­lé­tra­vail est l’un des dis­po­si­tifs mis en place par son en­tre­prise pour fa­vo­ri­ser la conci­lia­tion des temps de vie. Chez Capge­mi­ni, les sa­la­riées en­ceintes peuvent bé­né­fi­cier d’une or­ga­ni­sa­tion en té­lé­tra­vail jus­qu’à leur congé de ma­ter­ni­té et pen­dant les six mois qui suivent la fin du congé. Plus lar­ge­ment, tous les sa­la­riés pa­rents peuvent té­lé­tra­vailler entre 1 et 3 jours par se­maine. Mis en place 2011, le dis­po­si­tif a dé­jà sé­duit plus de 2 400 col­la­bo­ra­teurs. Un beau suc­cès ! Capge­mi­ni n’est pas le seul à s’im­pli­quer en fa­veur d’un meilleur équi­libre entre vie pri­vée et vie pro­fes­sion­nelle. Plus de 500 en­tre­prises (qui re­pré­sentent 15 % de la po­pu­la­tion ac­tive) ont dé­jà si­gné la charte de la pa­ren­ta­li­té de l’OPE et adop­té des dis­po­si­tifs in­no­vants. Ain­si, France Té­lé­vi­sions pro­pose un temps de travail an­nua­li­sé ca­lé sur le ca­len­drier sco­laire. Fi­ni la grande in­ter­ro­ga­tion : qu’est-ce qu’on va faire des en­fants pen­dant les va­cances ? L’Oréal a ins­tal­lé le « mer­cre­di des pa­rents » : la pos­si­bi­li­té de prendre 1, 2, 3 ou les 4 mer­cre­dis du mois pour res­ter avec ses en­fants. Quant aux sa­la­riés de la BNP, ils peuvent ache­ter des jours « à la carte » (par tranches de 5 jours et dans la li­mite de 20 par an) pour mieux s’adap­ter aux aléas de leur vie de fa­mille.

UNE GRANDE DI­VER­SI­TÉ D’AIDES

La flexi­bi­li­té du travail, les pa­rents en re­de­mandent ! Mais d’autres formes d’aide ont éga­le­ment leurs fa­veurs. L’aide à la re­cherche et au fi­nan­ce­ment d’un mode de garde, par exemple. Tou­jours à la pointe, France Té­lé­vi­sions a créé une pla­te­forme in­ter­net qui per­met de re­cher­cher sa nou­nou ou son as­sis­tante ma­ter­nelle par­mi plus de 200 000 pro­fils. On peut aus­si y trou­ver une autre fa­mille pour par­ta­ger sa nou­nou. La So­cié­té Gé­né­rale, elle, pro­pose à ses sa­la­riés une so­lu­tion ponc­tuelle de garde des en­fants de moins de 3 ans. La nou­nou est ma­lade ? Pas de pro­blème, l’en­fant se­ra ac­cueilli en crèche. Quant au groupe La Poste, il pré­voit une aide fi­nan­cière pour les pa­rents d’en­fants de moins de 6 ans qui

re­courent à un mode de garde ré­mu­né­ré. Il y a aus­si les en­tre­prises qui misent sur des ser­vices qui fa­ci­litent la vie. Le pres­sing qui ferme à l’heure où on sort du bu­reau, les courses qu’on n’a pas le temps de faire, ce n’est plus un pro­blème ! Chez SFR, par exemple, on a ou­vert une concier­ge­rie. Les col­la­bo­ra­teurs ba­sés sur le cam­pus de Saint-De­nis peuvent y faire ap­pel pour toutes sortes de ser­vices moyen­nant une cotisation an­nuelle de… 5 €.

QU’EN DISENT LES SA­LA­RIÉS ?

Mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir un em­ployeur fa­mi­ly friend­ly. En France, 64 % des pa­rents sa­la­riés consi­dèrent que leur em­ployeur « ne fait pas beau­coup de choses » pour les ai­der à équi­li­brer leurs temps de vie (ba­ro­mètre OPE 2017). Fait cu­rieux : les pères sont plus in­sa­tis­faits que les mères (69 % vs 60 %). Ce qu’ils ré­clament ? « Qu’on aborde da­van­tage le thème de la conci­lia­tion vie de fa­mille vie pro­fes­sion­nelle au cours de l’en­tre­tien an­nuel, note Ca­the­rine Boisseau Marsault, di­rec­trice des études et de la pros­pec­tive de l’OPE. Les femmes, elles, de­mandent des so­lu­tions d’ac­cueil pour les en­fants et des CESU. » Hommes et femmes se re­joignent néan­moins sur… le manque de temps. 71 % des sa­la­riés ai­me­raient pas­ser plus de temps en fa­mille. « At­ten­tion, ils ne re­ven­diquent pas de tra­vailler moins, ob­serve Ca­the­rine Boisseau Marsault. Mais ils souffrent de perdre beau­coup de temps dans les trans­ports. Et ils re­grettent l’in­adé­qua­tion des ho­raires de l’école, de la crèche… avec les ho­raires de bu­reau. » Ce dont ils rêvent ? Avoir la pos­si­bi­li­té d’amé­na­ger leurs ho­raires de ma­nière ponc­tuelle en fonc­tion de leurs contraintes fa­mi­liales (46 %). Et qu’on leur donne plus de sou­plesse dans les mo­da­li­tés de travail. Un rêve si fou ?

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