3 ques­tions à Em­ma

Magicmaman - - Notre grand dossier -

Avez-vous l’im­pres­sion de faire évo­luer les consciences ?

Je pense qu’il y a vrai­ment une union des femmes qui s’est créée suite à cette BD ! Beau­coup d’échanges, de dis­cus­sion, et la conscience que nous par­ta­geons des re­ven­di­ca­tions com­munes ! Alors j’es­père que ça va conti­nuer et que de belles ini­tia­tives vont émer­ger de tout ça, comme par exemple cette pé­ti­tion pour l’al­lon­ge­ment du congé paternité.

Quelles ont été les ré­ac­tions ?

Sur­tout mer­ci. C’est le mot que j’ai le plus re­çu. Les femmes ex­pliquent dé­cou­vrir que ce dont elles souffrent a un nom. C’est très im­por­tant parce que beau­coup d’entre elles craquent et s’ima­ginent qu’elles ré­agissent mal avec l’im­pres­sion d’être pé­nibles et d’en­nuyer leur com­pa­gnon. Sa­voir que la charge men­tale est un vrai concept étu­dié scien­ti­fi­que­ment les aide à sen­tir que leur co­lère est lé­gi­time.

J’ai aus­si re­çu des mes­sages d’hommes me re­mer­ciant car ils n’avaient pas conscience de l’exis­tence de cette charge men­tale. Beau­coup d’entre eux se sont res­pon­sa­bi­li­sés après la lec­ture de Fal­lait de­man­der.

Il y a ce­pen­dant des hommes qui ap­pré­cient cette si­tua­tion in­éga­li­taire et ne sou­haitent pas qu’elle change car c’est confor­table pour eux.

Etes-vous op­ti­miste pour les pro­chaines an­nées sur la ré­par­ti­tion de la ges­tion du foyer au sein du couple ?

Pas vrai­ment. Pour notre gou­ver­ne­ment c’est un su­jet de « se­conde zone ». Je ne pense pas qu’il soit pré­vu de mettre sur le de­vant de la scène le fait que le travail au foyer, pour­tant tel­le­ment es­sen­tiel, est bel et bien un réel travail qui doit être va­lo­ri­sé. Donc je pense que tout ce qui se­ra fait se­ra por­té par les ci­toyennes vers le gou­ver­ne­ment, pas l’in­verse.

De toute fa­çon, une bonne ré­par­ti­tion du travail do­mes­tique ne peut s’ef­fec­tuer sans une ré­vi­sion de notre temps de travail car avec des jour­nées de huit heures, quand les deux tra­vaillent, ce n’est pas pos­sible. Avec au­tant de per­sonnes qui sou­hai­te­raient avoir un em­ploi, on pour­rait mieux ré­par­tir le temps de travail. Mal­heu­reu­se­ment ce n’est pas du tout ce qui est pré­vu : l’ube­ri­sa­tion de nos emplois va nous pous­ser à faire des se­maines de 60 heures pour des re­ve­nus ri­di­cules. Quand on sait que ce se­ront prin­ci­pa­le­ment les hommes qui pren­dront ces emplois, on se doute que pen­dant ce temps, ils ne pour­ront être à la mai­son en train d’épau­ler leur com­pagne.

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