En couple, pa­rents... et en­tre­pre­neurs !

Par­te­naires à la ville, ils ont dé­ci­dé de lan­cer en­semble leur en­tre­prise dans l’uni­vers pa­ren­tal… suite à l’ar­ri­vée de leur en­fant. Ces trois duos d’amour et d’af­faires ont re­des­si­né les codes de leur vie pro et fa­mi­liale. Ils nous ra­content.

Magicmaman - - Notre grand dossier -

De­ve­nir pa­rents sus­ci­te­rait-il des vo­ca­tions ? C’est en tout cas ce que laisse en­tendre la mul­ti­pli­ca­tion d’en­tre­prises créées suite à une gros­sesse. On a en ef­fet beau­coup par­lé du phé­no­mène des mom­pre­neuses, ces ma­mans qui ont op­té pour l’en­tre­pre­na­riat après avoir été en­ceintes. Mais voi­là que de jeunes pa­rents se lancent dé­sor­mais en couple ! Ce mo­ment cru­cial qu’est l’ar­ri­vée d’un bé­bé au sein de la fa­mille ne semble donc plus être un frein à la prise de risque d’un point de vue pro­fes­sion­nel… au contraire, il donne des ailes à cer­tains ! Pour nos trois couples d’en­tre­pre­neurs en tout cas, ac­cueillir un bé­bé leur a fait dé­cou­vrir de nou­veaux be­soins et a éga­le­ment mo­di­fié leur per­cep­tion de leur car­rière. Mi­cro-crèches, gourdes réuti­li­sables, couches et pro­duits d’hy­giène éco­los… Leurs en­fants leur ont donné l’idée d’un concept in­no­vant mais sur­tout la force de sau­ter, en­semble, le pas. An­ciens sa­la­riés ou cadres dans de grandes en­tre­prises, ces couples n’as­pi­raient pas à l’en­tre­pre­na­riat et pour­tant ils ne re­grettent pas cette aven­ture.

Leur point com­mun ? Ils sont tous ani­més d’un dé­sir fort d’of­frir un pro­duit ou un ser­vice dans l’uni­vers de l’en­fant qui pour­rait ser­vir à tous les pa­rents.

PIERRE ET CH­RIS­TINE, FON­DA­TEURS D’UB4KIDS

37 ans tous les deux, pa­rents de deux paires de ju­meaux (4 gar­çons nés en 2009 et 2015).

Leur vie pro avant Ch­ris­tine était cadre dans la grande dis­tri­bu­tion, s’en­nuyait dans son job et sou­hai­tait en­tre­prendre. Pierre était quant à lui cadre dans le trans­port ma­ri­time et ne trou­vait plus de sens à son travail, sans par­ler des ho­raires à ral­longe qui le pri­vaient de ses en­fants.

Le dé­clic Le pro­jet UB4Kids est ap­pa­ru avec la nais­sance de nos ju­meaux, car nous ne trou­vions pas de places en crèche et avions du mal à conci­lier vie per­son­nelle et vie pro­fes­sion­nelle. Je me suis donc lan­cée dans la créa­tion de l’en­tre­prise : étude de be­soins, im­plan­ta­tion, re­cru­te­ments, ren­contres avec les par­te­naires, etc. Puis Pierre m’a re­joint six mois plus tard pour prendre en charge la par­tie tech­nique, com­mer­ciale et ad­mi­nis­tra­tive.

Leur concept Dé­ve­lop­per des mi­cro­crèches dans la ré­gion mar­seillaise. Il s’agit de struc­tures d’ac­cueil pour dix en­fants, agréées par la Caf et le Conseil dé­par­te­men­tal, ga­ran­tis­sant un es­prit fa­mi­lial, com­pro­mis idéal entre la crèche col­lec­tive clas­sique et l’as­sis­tante ma­ter­nelle. Nous avons in­au­gu- ré notre sixième éta­blis­se­ment en juin. Comment ils vivent cette aven­ture En­tre­prendre en­semble est un pro­jet ex­ci­tant qui nous a rap­pro­ché et nous rend fiers. Nous sommes obli­gés de com­mu­ni­quer da­van­tage et d’avoir une confiance sans faille l’un en­vers l’autre. Nous avons aus­si pu consta­ter notre complémentarité. J’ai su fon­cer tête bais­sée (Ch­ris­tine) et il a su éta­blir une stra­té­gie pé­renne pour notre en­tre­prise. Mais sur­tout, nous nous sen­tons libres et notre vie de fa­mille est plus épa­nouie. Notre em­ploi du temps est aus­si char­gé qu’au­pa­ra­vant voire plus car nous vi­vons notre pro­jet plei­ne­ment, que ce soit à la mai­son ou en va­cances… mais nous en gar­dons la maî­trise et pou­vons nous épau­ler l’un l’autre sur le plan pro­fes­sion­nel comme per­son­nel. Il y en a tou­jours un pour re­mo­ti­ver l’autre au be­soin !

CÉ­LINE ET GA­BRIEL, FON­DA­TEURS DE LOVE&GREEN

40 ans et 41 ans, pa­rents d’Inès, née en 2010, et d’Eléo­nore, née en 2014.

Leur vie pro avant Isa­belle et Tho­mas col­la­bo­raient dé­jà en­semble avant de lan­cer leur boîte. Ils tra­vaillaient tous les deux en mar­ke­ting dans dif­fé­rentes en­tre­prises, dont Ca­dum.

Le dé­clic en 2010, à la nais­sance de notre pre­mière pe­tite fille, on a consta­té à notre grand re­gret qu’il n’exis­tait pas d’al­ter­na­tive éco­lo­gique et bon mar­ché aux grandes marques de couches. Après plu­sieurs scan­dales au­tour du pa­ra­ben, on se re­fu­sait à mettre ce type de pro­duits sur les fesses de notre bé­bé. Leur concept Pen­dant la gros­sesse, on a réa­li­sé de nom­breux tests pour trou­ver la couche qui ré­pon­dait à toutes nos exi­gences : nous cher­chons à conce­voir des pro­duits sains et ef­fi­caces. En jan­vier 2011, la pre­mière couche Love & Green sort. En 2013, place aux lin­gettes et en 2016 aux soins na­tu­rels pour bé­bé. Nos pro­duits sont dé­sor­mais dis­tri­bués dans plus de 1 500 points de vente et nos couches uti­li­sées dans une cen­taine de crèches et ma­ter­ni­tés. On es­père main­te­nant voir évo­luer la ré­gle­men­ta­tion sa­ni­taire au­tour de la pro­duc­tion de couches. Comment ils vivent cette aven­ture Love & Green, c’est comme notre troi­sième en­fant, c’est une aven­ture de fa­mille, qui cor­res­pond aux va­leurs que nous sou­hai­tons dé­fendre. On est ha­bi­tés 24 h/24 par la dé­marche que nous pro­po­sons et notre couple n’en est que plus sou­dé.

ELI­ZA­BETH ET NICOLAS, FON­DA­TEURS DE SQUIZ

42 ans et 41 ans, pa­rents de 5 en­fants de 4 ans à 16 ans

Leur vie pro avant Eli­za­beth a une for­ma­tion aux mé­tiers de sage-femme et d’ins­ti­tu­trice pour en­fants han­di­ca­pés. Son par­cours l’a me­née à oc­cu­per dif­fé­rents postes, tou­jours au­tour de l’édu­ca­tion et du lien mère-en­fant. De son cô­té, Nicolas, in­gé­nieur de for­ma­tion, après quinze ans chez un grand construc­teur au­to­mo­bile, avait en­vie d’un pro­jet pro­fes­sion­nel plus en har­mo­nie avec sa vie de fa­mille nom­breuse.

Le dé­clic Au mo­ment de la di­ver­si­fi­ca­tion ali­men­taire de notre der­nier, on a réa­li­sé que la mode des gourdes trans­por­tables pour les en­fants pre­nait de l’am­pleur. Nos plus grands en­fants ne vou­laient pas des com­potes mai­son si elles étaient dans un pot… Mais nous n’ai­mions pas je­ter sans cesse ! On a dé­cou­vert qu’une ini­tia­tive de gourde réuti­li­sable avait été lan­cée aux EtatsU­nis mais rien en France ou en Eu­rope. Ban­co ! Je me suis d’abord lan­cé seule, mais très vite Nicolas a dé­mis­sion­né et épou­sé la cause éco­lo­gique Squiz.

Leur concept Il s’agit de gourdes souples réuti­li­sables et no­mades pour les re­pas des pe­tits comme des plus grands. Mais nous vou­lions éga­le­ment une en­tre­prise so­li­daire et éco­lo­gique. Les gourdes, pro­duites en Suisse et en France, sont ain­si em­bal­lées dans un Eta­blis­se­ment et ser­vice d’aide par le travail (ESAT), qui pro­pose une ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle adap­tée à des per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap. Nous sommes au­jourd’hui pré­sents dans une ving­taine de pays en Eu­rope, avec plus de 600 points de vente en France. Comment ils vivent cette aven­ture C’est une pas­sion, ça dé­passe le pro­jet pro­fes­sion­nel. On est une vraie équipe et on a ai­mé re­le­ver ce chal­lenge. Nos en­fants nous voient tra­vailler en­semble, on les im­plique… ils dé­couvrent l’es­prit d’équipe et d’ini­tia­tive. On se dit sou­vent cette phrase de Gand­hi : « Soyons le chan­ge­ment que nous vou­lons voir dans le monde. » C’est ce qu’on es­saie de faire à notre échelle.

Pierre et Ch­ris­tine, fon­da­teurs d’UB4KIDS

Eli­za­beth et Nicolas, fon­da­teurs de Squiz

Cé­line et Ga­briel, fon­da­teurs de Love&Green

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