L’INSTANT D’ART

Les mé­tiers de Bre­tagne au Faouët ; l’art s’ins­talle dans les rues de Bor­deaux ; et l’agen­da cultu­rel dans tout l’Ouest.

Maison Côté Ouest - - N° 131 - PAR Pas­cale Ben­haïem- Kom­los

« 100 mé­tiers vus par les ar­tistes en Bre­tagne » : le mu­sée du Faouët a réuni une im­pres­sion­nante col­lec­tion de 170 pein­tures et de 50 photographies pour ce qui s’an­nonce comme l’une des plus grandes ex­po­si­tions de l’été en Bre­tagne. Ob­jec­tif ? Cé­lé­brer par l’image les dif­fé­rents mé­tiers vus par les ar­tistes. « Nom­breux sont les mé­tiers à avoir ins­pi­ré les peintres et les pho­to­graphes qui fré­quen­taient la Bre­tagne aux XIXe et XXe siècles, rap­pelle Anne Le Roux-Le Pim­pec, di­rec­trice du mu­sée et com­mis­saire de l’ex­po­si­tion. De la terre et de la mer, ces ar­tistes ont sai­si les ins­tan­ta­nés d’une époque au­jourd’hui ré­vo­lue, conscients de la dis­pa­ri­tion pro­chaine de cer­taines ac­ti­vi­tés comme

le crieur pu­blic ou en­core le col­por­teur... » Paul Sé­ru­sier, Ma­thu­rin Mé­heut, Émile Jour­dan, Jean-Ju­lien Le­mor­dant ou en­core Hen­ry Mo­ret… Ces peintres – dont cer­tains ont oeu­vré dans le sillage de Paul Gau­guin – ont ain­si im­mor­ta­li­sé les dif­fé­rents mé­tiers des Bre­tons qui ont au­jourd’hui va­leur de mé­moire. Ré­par­ties dans cinq salles, à l’exception des photographies ins­tal­lées dans le cloître de cet an­cien couvent d’Ur­su­lines, les oeuvres de l’ex­po­si­tion se dé­couvrent de fa­çon chro­no­lo­gique, des an­nées 1800 à 1975. On avance ain­si dans le temps, des pein­tures im­pres­sion­nistes aux cou­leurs na­tu­relles sai­sis­sant l’instant, jus­qu’aux ar­tistes plus mo­dernes, aux toiles aty­piques, au trait plus rond, voire géo­mé­trique. Les dif­fé­rents ar­tistes y montrent une di­ver­si­té de

re­gards, de styles, de tech­niques via des gestes maintes fois exé­cu­tés. « Au fil des an­nées, on constate que les mé­tiers et condi­tions de leur exer­cice ont pro­fon­dé­ment chan­gé, pour­suit Anne Le Roux-Le Pim­pec. Cer­tains ont dis­pa­ru, beau­coup se sont mo­der­ni­sés, d’autres sont ap­pa­rus, of­frant une nou­velle source d’ins­pi­ra­tion aux peintres contem­po­rains. Vous

re­trou­vez tout ce­la à tra­vers cette ex­po­si­tion. » Le bou­cher qui tuait le co­chon en signe de fête, le crieur pu­blic char­gé d’an­non­cer les nou­velles, la crê­pière, la den­tel­lière, le ré­mou­leur, le pay­san, le bar­bier, le tisserand, le pa­lu­dier, l’os­tréi­cul­teur… Im­pos­sible de tous les ci­ter ! Mais, pour mieux les dé­cou­vrir, le mu­sée vous pro­pose des vi­sites com­men­tées tous les jeu­dis du mois d’août, à 10 h 30 (du­rée 1 h 30, 6,5 €) : pour­quoi brû­lait-on le goé­mon, cette algue ma­rine bien connue ? Quelle était la ré­pu­ta­tion des meu­niers, des cor­diers, des men­diants ? Qui était sur­nom­mé « le fai­néant » ? Toutes les ré­ponses en sui­vant le guide. En­fin, pour pro­lon­ger la dé­cou­verte pic­tu­rale, l’ex­po­si­tion est ac­com­pa­gnée d’un ou­vrage ain­si que d’un ca­ta­logue qui offre dif­fé­rents re­gards pho­to­gra­phiques sur la di­ver­si­té de ces mé­tiers en Bre­tagne.

En 1962, Le Trac­teur, une toile de Fer­nand Dau­cho, illus­trait le mé­tier d’agri­cul­teur bou­le­ver­sé par la mé­ca­ni­sa­tion et la mo­der­ni­té.

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