OU­VER­TURE

CE SU­PERBE DO­MAINE, DÉ­SOR­MAIS OU­VERT À TOUS, AC­CUEILLE LES AR­TISTES ET LES GOUR­MANDS À SA TABLE DES PÈRES, AU SOL... OU BIEN, L’ÉTÉ, EN APE­SAN­TEUR PER­CHÉS DANS UN CHÊNE !

Maison Côté Ouest - - LE SOMMAIRE - PAR Lau­rence de Ca­lan

Près de Rennes, le temps d’un été, un res­tau­rant gas­tro­no­mique in­vite ses hôtes à un dé­jeu­ner... en ape­san­teur. À Saint-Ma­lo, sa­veurs nip­pones au coeur des rem­parts. À Bor­deaux, un lieu de croi­se­ment entre mode, beau­té et loi­sirs, rien que pour les hommes.

Le do­maine des Pères eut une vie agi­tée. Construit en 1317 sur une motte féo­dale, in­cen­dié en 1432, re­cons­truit, trans­for­mé par un conseiller au Par­le­ment de Bre­tagne, ven­du comme bien na­tio­nal à la Ré­vo­lu­tion, res­tau­ré par un gé­né­ral d’Em­pire, il fut fi­na­le­ment cé­dé dans les an­nées 30 à la con­gré­ga­tion des Pères du Saint-Es­prit, d’où son nom. Après que ces der­niers y eurent im­plan­té un centre de for­ma­tion pour mis­sion­naires, puis une mai­son de re­traite, le do­maine fut ra­che­té en 2011 par Jean-Paul Le­gendre qui gran­dit non loin, dont l’ar­rière-grand-père tra­vailla ici comme jar­di­nier et qui rê­vait d’y re­ve­nir. Dé­si­reux d’en faire un lieu ac­cueillant d’art et de par­tage, il le fit res­tau­rer dans les règles de l’art. Sur les 31 hec­tares du parc, au­quel le grand Le Nôtre lui-même au­rait contri­bué, fut créé un jar­din de sculp­tures lon­gé de pièces d’eau. Des ate­liers de mé­tal, pierre ou bois, de po­te­rie et de mar­que­te­rie furent ou­verts, des ré­si­dences d’ar­tistes, une ving­taine de chambres et une oran­ge­rie de 1 000 m2 amé­na­gées. En­fin, ce­rise sur le châ­teau, s’ou­vrit La Table des Pères avec, aux four­neaux, le chef Jé­rôme Soua­dé, un an­cien piz­zaïo­lo, afi­cio­na­do du beau et bon, qui re­vi­site avec maes­tria les plats tra­di­tion­nels, dé­cline avec pas­sion les pro­duits du jar­din, de la serre, de l’en­clos à es­car­gots ou des arbres frui­tiers du do­maine, et mi­tonne ses trois me­nus gas­tro­no­miques mis à jour deux fois par mois. Les Saint-Jacques y cô­toient le co­chon, les en­cor­nets les pi­geons, le Saint-Pierre la can­nette de Chal­lans, tous es­cor­tés de lé­gumes frais, co­quillages, pes­to, com­po­tée, tar­tare aux sa­veurs fraîches et sur­pre­nantes dans une har­mo­nie de cou­leurs. Cha­cun de ses plats est un ta­bleau, un hymne à la joie. Ce­la va­lait bien une ex­pé­rience plus in­ou­bliable en­core, La Table des Per­chés ou comment dé­gus­ter ces mets dé­li­cieux per­chés dans un chêne tri­cen­te­naire, à six mètres du sol, sur deux tables sus­pen­dues ! En to­tale sé­cu­ri­té, bien sûr, san­glés par les soins vi­gi­lants de l’as­so­cia­tion Bout’branche. Une malle hisse les as­siettes pré­pa­rées et le ca­viste monte lui-même vous ser­vir le vin. Ain­si en ape­san­teur, même les su­jets au ver­tige pro­fitent de l’ins­tant et lâchent prise...

1. 2. 4. 5. 3.1. Le chef Jé­rôme Soua­dé, as du frais lo­cal. 2. Chaque re­cette est une mise en scène haute en cou­leur. 3. Le châ­teau, qui a tra­ver­sé les siècles, doit son nom à la con­gré­ga­tion des Pères du Saint-Es­prit. Ra­che­té par l’en­tre­pre­neur de BTP Jean-Paul Le­gendre, il a été au­jourd’hui res­tau­ré dans les règles de l’art. 4. Per­chées dans un chêne, deux tables sus­pen­dues où sa­vou­rer en ape­san­teur les dé­li­cieux plats du chef ! 5. Des pièces d’eau ja­lonnent le par­cours du parc de sculp­tures.

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