ÉCOLE BUISSONNIÈRE

C’ÉTAIT UNE ÉCOLE DE VIL­LAGE ABAN­DON­NÉE, DE­VANT LAQUELLE PASSAIENT SOU­VENT SOLANGE ET SERGUEÏ. HABITANT UN MOULIN PROCHE, OÙ ILS AVAIENT CRÉÉ LEUR STU­DIO DE PRODUCTION MUSICALE, ILS IMAGINAIENT MILLE ET UNE FAÇONS DE LUI REDONNER VIE. ET PUIS, UN JOUR, L’

Maison Côté Ouest - - LE SOMMAIRE - PAR Lau­rence de Ca­lan PHO­TOS Ch­ris­tophe Du­gied

Ou com­ment une école de vil­lage aban­don­née s’est mé­ta­mor­pho­sée en lieu hy­bride, entre salle d’ex­po­si­tion, res­tau­rant et chambre d’hôtes.

C’est dans un ca­fé du quar­tier du Ma­rais, à Pa­ris, qu’ils se sont ren­con­trés. Solange Gel­blat, jour­na­liste, et Sergueï Bal­mayer, mu­si­cien, se mirent ra­pi­de­ment en quête d’une mai­son de cam­pagne. Ils je­tèrent leur dé­vo­lu sur un moulin du Perche, dans le­quel ils créèrent un stu­dio ré­si­den­tiel de production musicale par­mi les plus ré­pu­tés. Dix ans du­rant, y vinrent des ar­tistes tels que Ca­mille, Izia, les BB Brunes, et bien d’autres. S’ils ac­cueillaient avec bon­heur tout ce jo­li monde, il fal­lait aus­si le nour­rir, et bien ! Sans par­ler de la table ou­verte en conti­nu pour les amis, ré­pu­ta­tion oblige. L’idée d’un nou­veau pro­jet leur vint na­tu­rel­le­ment, d’au­tant que le couple rê­vait de l’école du vil­lage voi­sin… qu’ils ache­tèrent à peine fut-elle à vendre. « Il man­quait dans la ré­gion un lieu de vie ou­vert à tous, convi­vial, où se re­trou­ver pour un verre, un re­pas, une ex­po, un concert, chi­ner, dor­mir une nuit ou plus… » Ré­no­ver les 400 m2 ré­par­tis sur trois étages né­ces­si­ta trois an­nées de tra­vaux. Vo­lumes, fe­nêtres et cour d’école furent conser­vés mais tout dut être re­mis aux normes, ré­agen­cé. Cô­té déco, au­cun pro­blème, ces deux-là étant des chi­neurs aguer­ris. « Ce qu’on y met, nos coups de coeur, tout est à vendre ! » Un ap­par­te­ment d’hôtes de trois chambres – l’an­cien lo­ge­ment de l’ins­ti­tu­teur – fut créé. Cô­té as­siettes, Solange suit son hu­meur du jour : sa­lade de chou-fleur grillé aux amandes, gro­seilles, concombre et menthe, soupe gla­cée au per­sil et aux fanes de ra­dis, chee­se­cake au ci­tron vert et gin­gembre. Une épi­ce­rie « plus dé­ca­lée que fine » vend les trou­vailles de ces in­sa­tiables cu­rieux : vins de production bio­dy­na­mique, huile d’olive unique ré­col­tée entre amis dans le Lu­bé­ron, grands pots de confi­ture des mon­tagnes à l’églan­tine, aux myr­tilles ou aux châ­taignes, poivres du monde entier, miel ar­ti­sa­nal lo­cal… Ajou­tez à tout ce­la une vue splen­dide sur les col­lines, un ter­rain de pé­tanque où se dis­putent des tour­nois, une ter­rasse aux joyeux pa­ra­sols et comme un par­fum d’en­fance qui flotte dans l’air : l’en­droit ne désem­plit pas.

3. 4. 6. 5. 1. La salle des fêtes de­ve­nue un show-room ga­le­rie. Table scan­di­nave en teck, chaises Char­lotte Per­riand, fau­teuil Geof­frey Har­court, bureau Ico Pa­ri­si : tout est à vendre. 2. Dans la salle de classe, bar bleu ca­nard et tables en me­dium à pieds de mé­tal, vais­selle Chez les voi­sins. 3. Chambre sous les toits, au sol la­mel­lé peint, li­tho­gra­phie de Au­rèle. 4. Les rayon­nages de l’épi­ce­rie sont gar­nis de coups de coeur. 5. Une ter­rasse très co­lo­rée. 6. Chaises Emu, et vue de rêve.

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