DÉCOIFFER LE CLAS­SIQUE

Ju­lie a fait ap­pel à l’ar­chi­tecte pa­ri­sienne Isa­belle Juy-Lott, de l’Ate­lier d’Ar­chi, pour ré­veiller les beaux vo­lumes de sa mai­son de ville. Les deux amies ont si­gné une ré­no­va­tion à quatre mains, don­nant à l’in­té­rieur une al­lure fraîche et sau­pou­drée de

Maison Côté Ouest - - LE SOMMAIRE - TEXTE ET STY­LISME Aman­dine Ber­thon PHO­TOS Ju­lien Fer­nan­dez

Une mai­son de ville bor­de­laise à l’al­lure fé­mi­nine, sau­pou­drée de cou­leurs pas­tel.

Dans un quar­tier ré­si­den­tiel, à quelques mi­nutes du centre de Bor­deaux, la rue de Ju­lie et Brice aligne ses jo­lies de­meures clas­siques de la fin du xixe. « Mon ma­ri vou­lait ab­so­lu­ment vivre dans cette rue dont nous ado­rions la belle uni­té ar­chi­tec­tu­rale. Il pas­sait tous les jours en voi­ture pour voir s’il y avait un bien à vendre ! Jus­qu’au jour où il a vu la tant at­ten­due pan­carte ‘ à vendre’. C’était le mois d’août. Nous avons été les pre­miers à vi­si­ter », ex­plique-t-elle. Le couple, an­ciens pa­ri­siens ins­tal­lés de­puis sept ans à Bor­deaux, vi­vait dans un loft et re­cher­chait une mai­son avec jar­din. « La de­meure, qui da­tait de 1898, était ha­bi­tée par la même fa­mille de­puis sa créa­tion. Elle avait conser­vé sa phy­sio­no­mie d’ori­gine. Une chance rare de trou­ver un bien non dé­na­tu­ré par des tra­vaux suc­ces­sifs » . Les mou­lures, par­quets et che­mi­nées ne de­man­daient qu’à être ré­veillés par une lé­gère re­prise en main. Ju­lie fait ap­pel à son amie, l’ar­chi­tecte Isa­belle JuyLott de l’Ate­lier d’Ar­chi, pour cor­ri­ger l’in­té­rieur. « La cou­leur est la base du pro­jet », ra­content les deux femmes. « Nous avons com­po­sé la pa­lette à par­tir d’un bou­quet de pi­voines, de roses et d’eu­ca­lyp­tus. Ces tons évoquent la Belle Epoque, Re­noir, les robes des élé­gantes… ». Ayant long­temps tra­vaillé dans le mi­lieu de la mode, Ju­lie cultive une sen­si­bi­li­té par­ti­cu­lière pour la cou­leur. Comme dans une col­lec­tion de prêt- à- por­ter, les pièces de la mai­son dé­clinent une co­hé­rence har­mo­nieuse de tons. « Toutes les teintes se co­or­donnent. L’idée était de trai­ter la mai­son comme un hô­tel, avec un es­prit com­mun entre le sa­lon, les chambres et la cui­sine. »La nou­velle pa­lette a ajou­té une note de mo­der- ni­té tout en pré­ser­vant l’âme des lieux. « Il n’était pas ques­tion de tou­cher aux vo­lumes ni aux pres­ta­tions clas­siques. Nous avons in­té­gra­le­ment conser­vé les sols, dont le beau ter­raz­zo de la cui­sine et de l’en­trée, qui font par­tie de l’his­toire de la mai­son », ex­plique Isa­belle Juy-Lott. Toutes les me­nui­se­ries, en bois fon­cé, sont re­peintes en noir. « Du blanc au­rait été fade. Le noir ap­porte beau­coup de ca­rac­tère à l’en­semble », pour­suit l’ar­chi­tecte qui a ap­pli­qué le même prin­cipe dans la cui­sine. Les pla­cards aux mou­lures clas­siques re­prennent du ca­rac­tère en ver­sion noire, à l’ins­tar des en­ca­dre­ments de porte. La cré­dence en zel­liges re­hausse l’en­semble grâce au jeu de ma­tières et à la lu­mière. Le plan de tra­vail en gra­nit vert ac­cen­tue l’har­mo­nie gé­né­rale en fai­sant la liai­son avec les murs vert-de-gris. Les deux salles de bains, celle du couple au pre­mier étage et celle des en­fants sous les toits, sont trai­tées de ma­nière plus mas­cu­line, en noir et blanc. « Avec la ro­bi­net­te­rie noire, ce dé­cor bi­co­lore donne du style sans qu’il soit né­ces­saire de se rui­ner avec des carrelages chers ! » ajoute la jeune femme. Pour meu­bler la mai­son, Ju­lie a mé­lan­gé mo­bi­lier chi­né dans les vide- gre­niers et pièces de de­si­gn si­gnées Saa­ri­nen, No­gu­chi, Au­len­ti… « Je les col­lec­tionne de­puis vingt ans. Ces meubles m’ac­com­pagnent de­puis tou­jours et me sui­vront toute ma vie. Je ne suis pas du genre à re­nou­ve­ler l’ameu­ble­ment à chaque dé­mé­na­ge­ment. Le mo­bi­lier doit s’adap­ter au lieu. Tout le jeu est de trou­ver, dans chaque nou­veau lieu, com­ment dis­po­ser les meubles. On a beau­coup tâ­ton­né les pre­miers mois. Les en­fants se ré­veillaient le ma­tin et la dis­po­si­tion avait com­plè­te­ment chan­gé ! Tout le monde a trou­vé sa place main­te­nant ! »

LES ADRESSES DE LA PRO­PRIÉ­TAIRE

Pour du mo­bi­lier d’édi­teurs, le sho­wroom Ago­ra qui sait tou­jours ré­pondre à nos de­mandes même les plus poin­tues. Pour leurs ta­pis Be­ni Oua­rain, leurs po­te­ries de Ta­me­groute et l’ado­rable Pau­line, la bou­tique Édi­tions Ve­ti­ver dans le quar­tier St Mi­chel. Pour la sé­lec­tion dé­co qua­li­ta­tive et ori­gi­nale, par­faite pour faire de pe­tits ca­deaux, Ni­co­let­ta by Lodge, rue Bouf­fard. Pour les sa­vons et bou­gies Claus Por­to, Néa Bor­deaux, rue de la Vieille-Tour. Pour leur sé­lec­tion de cous­sins ori­gi­naux, PH7 rue de la Boé­tie. Pour les ac­ces­soires dé­co et meubles d’ins­pi­ra­tion scan­di­nave, très abor­dables, SØs­trene Grene. Pour les bou­quets de roses et d’hor­ten­sias à l’al­lure si poé­tique, Sa­dia Fleurs sur les al­lées de Tour­ny. (Le Tout à Bor­deaux).

1. 2. MISE EN VO­LUMECI- CONTRE1. Pa­vée de mo­saïques, l’en­trée ac­cueille un es­ca­lier ma­jes­tueux. Les pein­tures « gris per­sée », Sei­gneu­rie et « Mu­ra­no » de Fla­mant s’ac­cordent avec le ter­raz­zo. Sus­pen­sion, Pe­tite Fri­ture.2. Pho­to­gra­phie, col­lec­tion per­son­nelle. Oi­seau « House Bird », de­si­gn Charles Eames, édi­té par Vi­tra. PAGE DE DROITELes portes et les en­ca­dre­ments sont peints en noir. Sus­pen­sion Sau­cer, de­si­gn George Nel­son, table basse Isa­mu No­gu­chi, gué­ri­don noir SØs­trene Grene.

1. 2. 3.

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