CÉ­RA­MIQUE D’AU­TEUR

La fa­brique de cé­ra­mique ita­lienne Mutina à la ren­contre de l’ar­tiste Paul Thorel.

Maison Côté Sud - - LE SOMMAIRE - PA R Cé­cile Vaia­rel­li

L’ins­tal­la­tion de Paul Thorel pro­pose un autre re­gard sur la cé­ra­mique, non plus comme un re­vê­te­ment à usage dé­co­ra­tif, mais comme un pro­jet d’au­teur qui unit la tech­no­lo­gie nu­mé­rique et les va­leurs ar­ti­sa­nales du fait main. In­ti­tu­lée Pas­sage de la vic­toire, c’est au mu­sée Madre de Naples qu’elle étire l’es­pace, ex­prime la cou­leur et teste les li­mites de la ma­tière. Pro­duite par Mutina for Art et adap­tée aux ri­tuels de pas­sage entre les cours et les courbes in­té­rieures du mu­sée, ses formes et ses cou­leurs sont dis­soutes dans un pro­ces­sus de dé­com­po­si­tion de l’image ty­pique de la pra­tique de Paul Thorel. Cette oeuvre mo­nu­men­tale dont la dy­na­mique n’est pas sans rap­pe­ler les ful­gu­rances des fu­tu­ristes au dé­but du xxe siècle, as­so­cie des élé­ments na­tu­rels, des ré­fé­rences à l’ar­chi­tec­ture de Naples par­fois si bous­cu­lée, et la sug­ges­tion de pay­sages phy­siques et men­taux qui s’en­tre­mêlent dans une com­po­si­tion en mou­ve­ment. De ce dia­logue entre une ville foi­son­nante et si pro­pice à la nar­ra­tion, et une pro­duc­tion de cé­ra­miques ex­pé­ri­men­tales, naît une per­cep­tion nou­velle du mu­sée. Au Pa­laz­zo Don­na­re­gi­na, dans le coeur his­to­rique de Naples, les chiffres de 180 m2 et 1 832 400 tes­selles d’un cen­ti­mètre car­ré ne suf­fisent pas à dé­fi­nir, ni à dé­li­mi­ter l’oeuvre de l’ar­tiste et pho­to­graphe fran­çais. En grès de por­ce­laine émaillé, la mo­saïque offre un en­semble de formes, seg­ments, pa­ra­boles, ho­ri­zons et cou­leurs sur fond blanc qui ac­com­pagnent les vi­si­teurs d’un point à un autre du par­cours de vi­site. Elle em­porte l’ima­gi­naire bien au-de­là des li­mites et contraintes de l’ar­chi­tec­ture. « Per­ce­voir plu­tôt que re­gar­der, lais­ser place aux ap­pa­ri­tions, font par­tie des élé­ments de ma re­cherche et sont par­tie in­té­grante de mes ins­tru­ments de tra­vail, à éga­li­té avec l’ap­pa­reil pho­to ou l’or­di­na­teur » , af­firme Paul Thorel. Tout comme Un coup de dés ja­mais

n’abo­li­ra le ha­sard, l’image aléa­toire parle de li­ber­té. Le vo­ca­bu­laire de l’ar­tiste est une in­ven­tion of­ferte au re­gard des vi­si­teurs. Elle libère et dé­mul­ti­plie l’es­pace du mu­sée.

CI-DES­SUSC’est avec une im­mense li­ber­té que l’ar­tiste et pho­to­graphe fran­çais Paul Thorel in­ves­tit l’ar­chi­tec­ture in­té­rieure du mu­sée Madre de Naples. Il dé­ve­loppe une mo­saïque de 180 m2 avec la com­pli­ci­té de l’en­tre­prise Mutina for Art de Mo­dène. De tor­sions en ara­besques, l’es­pace co­lo­ré s’étire en une oeuvre mo­nu­men­tale sur les quatre pa­rois du pas­sage qui re­lie la cour cen­trale et la cour des sculp­tures du Pa­lais Don­na­re­gi­na.

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