Des bâ­tisses co­los­sales

POUR DES HA­BI­TATS MO­DESTES

Maison et Travaux - - La Maison Dans Sa Région -

Dans la cam­pagne nî­moise, les bâ­tisses pré­sentent sou­vent des pro­por­tions qui peuvent être im­po­santes. Tou­te­fois, le lo­gis n’oc­cu­pait ja­dis qu’une sur­face res­treinte du bâ­ti­ment.

Construc­tions par­ta­gées

Lors­qu’elles se dé­ploient sur dif­fé­rents étages, un seul était à l’ori­gine ré­ser­vé à l’oc­cu­pa­tion hu­maine. Le rez-de-chaus­sée abrite clas­si­que­ment les ani­maux, le pre­mier l’ha­bi­ta­tion, et les étages su­pé­rieurs, les ré­serves, les ré­coltes et l’éven­tuelle ma­gna­ne­rie. Lorsque les construc­tions se dé­ploient en lon­gueur sur deux ni­veaux seule­ment, le rez-de-chaus­sée est di­vi­sé, avec d’un cô­té la ber­ge­rie, de l’autre le cel­lier-écu­rie-re­mise, l’étage res­tant ré­ser­vé à l’ha­bi­ta­tion. Dans tous les cas, dans ce pays de pierre pauvre en bois de construc­tion, le rez-de-chaus­sée est voû­té en ber­ceau ou en voûte d’arête. Dans les mas les plus an­ciens, l’ha­bi­ta­tion au ni­veau su­pé­rieur peut éga­le­ment ap­pa­raître voû­tée.

La salle, lieu convi­vial

Le lo­gis s’or­ga­nise au­tour d’une grande pièce prin­ci­pale, ap­pe­lée « la salle ». Celle-ci fait office de cui­sine et de salle de sé­jour. On y trouve gé­né­ra­le­ment, ins­tal­lée dans un angle, une très vaste che­mi­née, à l’âtre lé­gè­re­ment

sur­éle­vé, un po­ta­ger pour te­nir la soupe, d’où son nom, et un four à pain. Autre élé­ment ré­cur­rent, l’évier en pierre se trouve soit pris dans l’épais­seur du mur, soit si­tué dans l’em­bra­sure d’une fe­nêtre. À l’ex­cep­tion de cette salle, les autres pièces de la mai­son, prin­ci­pa­le­ment des chambres, sont pe­tites, sombres et basses de pla­fonds. Cha­cune ne dis­pose sou­vent que d’une seule fe­nêtre de di­men­sion ré­duite. Cette dis­po­si­tion se re­trouve aus­si bien dans les gar­rigues que dans les mon­tagnes cé­ve­noles, avec une nuance tou­te­fois : la grande salle ser­vait aus­si de chambre à cou­cher dans cette ré­gion où les ri­gueurs de l’hi­ver en­cou­ragent les ha­bi­tants à se te­nir ras­sem­blés dans la pièce chauf­fée par la che­mi­née. Les ré­no­va­tions contem­po­raines conservent gé­né­ra­le­ment les an­ciennes voûtes et les che­mi­nées. Quant aux ou­ver­tures, elles sont agran­dies pour ga­gner en clair de jour.

2. Si­tué dans un an­cien relais de poste du

XVIII e siècle, de­ve­nu hô­tel de charme à Nîmes, Les Jar­dins Se­crets, cette an­cienne

cui­sine a conser­vé son po­ta­ger tra­di­tion­nel. La che­mi­née n’est pas

d’ori­gine. Quant aux tom­mettes an­ciennes de

forme hexa­go­nale qui couvrent le sol, elles se

re­trouvent dans de nom­breuses mai­sons

de la ré­gion.

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1. Construites en moel­lons de schiste, ces voûtes en croi­sée d’ogive se si­tuent au rez-de-chaus­sée du mas

qui abrite l’ac­tuel Mu­sée du Dé­sert (voir

en­ca­dré). Dans cette ar­chi­tec­ture mi­né­rale,

qui ne bé­né­fi­cie pas de bois de char­pente de qua­li­té, le re­cours à ce type de ma­çon­ne­rie

est cou­rant.

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3 et 4. À l’in­té­rieur de la mai­son d’hôtes des Buis de Lus­san, le rez-de-chaus­sée pré­sente une voûte, avec une pe­tite sin­gu­la­ri­té due à la ré­no­va­tion : le cloi­son­ne­ment de la pièce in­tro­duit une rup­ture vi­suelle dans le dé­ploie­ment de celle-ci. Confor­mé­ment aux tra­di­tions ré­gio­nales, les ma­çon­ne­ries sont chau­lées et les sols ha­billés de terres cuites.

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