Une char­pente trai­tée par in­jec­tion

In­ves­tie par des larves d’in­sectes xy­lo­phages, cette char­pente en peu­plier a re­çu un trai­te­ment cu­ra­tif par in­jec­tion qui a éli­mi­né les in­trus… Et fer­mé, pour long­temps, le garde-man­ger !

Maison et Travaux - - Réussir - LAU­RENCE DESPINS PHO­TOS GON­ZAGUE DE­FOIS

LeLes poutres de char­pente en ré­si­neux (sa­pin, pin…) et en peu­plier sont ex­po­sées à la vo­ra­ci­té des larves d’in­sectes xy­lo­phages qqui se nour­rissent, pen­dant leurs an­néan­nées de crois­sance, du glu­cose pré­sent dans l’au­bier (par­ties les plus jeunes du bois). Sous ces at­taques, le bois en­dom­ma­gé perd sa beau­té et, avec le temps, ses pro­prié­tés mé­ca­niques risquent de s’al­té­rer. Qu’il s’agisse de vrillettes ou de ca­pri­cornes, le trai­te­ment cu­ra­tif des poutres at­ta­quées peut être réa­li­sé par in­jec­tion, pul­vé­ri­sa­tion ou ba­di­geon­nage d’un in­sec­ti­cide.

Peu­plier contre pe­tites vrillettes

Dans cette mai­son de So­logne, les poutres de la char­pente, en peu­plier, sont at­ta­quées par des larves de pe­tites vrillettes. Comme les sec­tions dé­passent 10 cm, le trai­te­ment cu­ra­tif doit être ef­fec­tué par in­jec­tion de pro­duit à l’in­té­rieur du bois afin de noyer les ga­le­ries creu­sées par les larves. L’opé­ra­tion est com­plé­tée par une pul­vé­ri­sa­tion ou un ba­di­geon­nage. Pour les boi­se­ries plus pe­tites, un trai­te­ment en sur­face, par pul­vé­ri­sa­tion ou ba­di­geon­nage, suf­fit. Le « Xy­lo­phène Pre­mium Spé­cial In­jec­tion Char­pentes » en phase aqueuse (en vente en grande sur­face de bri­co­lage) agit contre les larves en pleine

crois­sance, mais aus­si, en pré­ven­tion, contre les éven­tuels in­sectes adultes pon­deurs. En émul­sion li­quide in­co­lore condi­tion­née dans un pot de 5 litres (dis­po­nible aus­si en bi­don de 20 litres), il contient de l’eau, des ten­sio-ac­tifs et des in­sec­ti­cides en­cap­su­lés dans de l’huile. Son ré­sul­tat est ga­ran­ti 25 ans. L’eau est le vec­teur de pé­né­tra­tion dans le bois : lors du sé­chage, quand l’eau s’éva­pore, l’huile conte­nant les in­sec­ti­cides reste im­pré­gnée au coeur du bois. En­suite, ce­lui-ci peut être re­vê­tu de tout type de ver­nis, la­sure, pein­ture ou vi­tri­fi­ca­teur.

La pré­pa­ra­tion du chan­tier

Avant de re­ce­voir le trai­te­ment, le bois doit être sec, propre, exempt de toute finition : les éven­tuels ver­nis et pein­tures doivent avoir été re­ti­rés. Le sol doit être pro­té­gé par une bâche (po­ly­ane), de même que les prises et les bran­che­ments élec­triques. Au­cune source d’éner­gie ne doit être pré­sente dans la pièce. Après avoir en­fi­lé la te­nue de pro­tec­tion (com­bi­nai­son, lu­nettes et masque an­ti­pous­sières), on com­mence par re­ti­rer les éven­tuels clous en­fon­cés dans les poutres, puis on dé­pous­sière à la brosse toutes les sur­faces de bois à trai­ter. Toutes les ver­mou­lures et par­ties non-adhé­rentes du bois sont ôtées par bû­chage à l’aide d’une her­mi­nette ou d’un ci­seau à bois. Les fe­nêtres doivent être ou­vertes pour bien aé­rer la pièce.

L’ins­tal­la­tion des buses

Pour per­mettre l’in­jec­tion, on perce d’abord des trous dans les poutres, tous les 30 cm et en quin­conce, en uti­li­sant des fo­rets de 9,5 mm de dia­mètre : ain­si, un faux en­trait de 2 mètres de long doit comp­ter 7 trous. La pro­fon­deur de chaque trou doit me­su­rer un tiers de l’épais­seur de la poutre (ici, 3 cm en­vi­ron), ou au plus 5 cm de pro­fon­deur, soit la lon­gueur du fo­ret. Grâce à ce qua­drillage, le pro­duit de trai­te­ment va ren­con­trer les larves pré­sentes dans le bois et em­pê­cher leur pro­gres­sion en les em­poi­son­nant. À l’in­té­rieur de chaque trou, une buse d’in­jec­tion est en­fon­cée au mar­teau. Sorte de che­ville do­tée d’un cla­pet an­ti­re­tour (bille), elle se dé­cline en plu­sieurs cou­leurs (noir, brun fon­cé, beige, blanc) de ma­nière à res­ter dis­crète.

Le ma­té­riel né­ces­saire ras­semble une per­ceuse électrique, des buses, un pistolet avec go­det et le « Xy­lo­phène Pre­mium Spé­cial In­jec­tion Char­pentes » (5 l : 32,90 € ; 20 l : 99,90 €). Ce pro­duit s’uti­lise aus­si en pul­vé­ri­sa­tion et ba­di­geon­nage. S’y ajoutent une bâche, une her­mi­nette, un mar­teau, une pince et l’équi­pe­ment de sé­cu­ri­té.

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1 Re­ti­rer au mar­teau tire-clou (ou à la pince) les éven­tuels clous pré­sents dans le bois à trai­ter.

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2 À l’aide d’un ci­seau à bois (ou d’une her­mi­nette), éli­mi­ner les par­ties de bois non-adhé­rentes.

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3 Bien dé­pous­sié­rer l’en­semble des sur­faces des poutres et boi­se­ries : le bois doit être sec, propre et exempt de toute finition, pein­ture ou ver­nis.

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