À la force des muscles

Pi­quer, en­fon­cer, re­tour­ner… le geste est mil­lé­naire mais ces ou­tils en ré­duisent l’ef­fort, du manche au tran­chant.

Maison et Travaux - - Jardin -

Bê­cher consiste à dé­cou­per des bandes de terre suc­ces­sives en mottes qui sont en­suite re­tour­nées sans des­sus des­sous dans une tran­chée (ou jauge). Celle-ci est ouverte en li­mite ex­té­rieure de plate-bande ou de mas­sif. La terre ex­traite est mise de cô­té afin de com­bler cette même tran­chée en fin de bê­chage.

La tech­nique

On tra­vaille plu­tôt dans le sens de la lar­geur de la par­celle : le « front » est plus court, ce qui est plus en­cou­ra­geant, car bê­cher prend du temps ! On dé­li­mite la lar­geur de la motte en plan­tant l’ou­til per­pen­di­cu­lai­re­ment à la tran­chée. Le fer est en­suite en­fon­cé pa­ral­lè­le­ment à la jauge pour dé­ta­cher la motte. Ce­la évite d’avoir à ti­rer trop fort sur l’ou­til et d’em­por­ter trop de terre. La hau­teur de la motte est égale à la taille du fer de l’ou­til, au maxi­mum. Re­tour­ner da­van­tage de pe­tites mottes s’avère moins fa­ti­gant, à la longue, que d’en re­tour­ner de grosses. Vous évi­te­rez les dou­leurs mus­cu­laires du len­de­main…

Les ou­tils

La bêche est le plus cou­rant. Rec­tan­gu­laire, elle pré­sente une ner­vure dans le sens de la hau­teur qui ac­croît sa ri­gi­di­té. La par­tie en contact avec le sol (ou tran­chant) doit être ai­gui­sée ré­gu­liè­re­ment avec une lime. La par­tie haute (ou épaule) est sou­vent do­tée d’une zone plate pour ne pas abî­mer le chaus­sant. Cet ou­til est fa­bri­qué dans une tôle d’acier cou­rant, par em­bou­tis­sage. Usage : pour une terre nor­male.

Le lou­chet res­semble à une bêche, mais il est fa­bri­qué dans un acier plus épais, for­gé et trem­pé pour lui don­ner une plus grande so­li­di­té. Le tran­chant est ob­te­nu par bat­tage, et non par af­fû­tage, sans perte de ma­tière, avec un fi l lisse. Le po­lis­sage des deux faces di­mi­nue l’adhé­rence de la terre sur le mé­tal. L’em­man­che­ment est spé­ci­fique, avec deux pattes en mé­tal (les fé­rules) qui re­montent le long du manche. Usage : plus so­lide et des­ti­né aux sols ar­gi­leux, at­ten­tion, cet ou­til est plus lourd qu’une bêche !

La fourche à bê­cher avec sa sur­face de contact plus faible colle moins à la terre. Ses quatre dents sont car­rées, tri­an­gu­laires ou spa­tu­lées, un peu cin­trées vers l’avant (ép. de 8 à 10 mm). L’em­man­che­ment est à douille, à fé­rules, ou avec une soie (cin­quième dent qui s’en­fonce dans le manche pour une plus grande so­li­di­té de la liai­son manche-ou­til). Usage : pour terre lourde et ar­gi­leuse, et pour ter­rain caillou­teux.

Le croc à bê­cher est consti­tué de dents re­cour­bées à 90°. Le tra­vail se fait en sou­le­vant l’ou­til à bout de bras, puis en le lais­sant tom­ber au sol. Il faut alors ti­rer sur le manche pour re­tour­ner la terre. Le tra­vail se fait en avan­çant, le dos plié ! Usage : le croc reste lié à des cou­tumes lo­cales et tend à dis­pa­raître.

La Gre­li­nette, du nom de son in­ven­teur, est consti­tuée de dents cy­lin­driques, d’une ving­taine de cen­ti­mètres de long, mon­tées sur un bâ­ti do­té de deux manches. Les dents sont en­fon­cées dans la terre, puis le jar­di­nier im­prime des mou­ve­ments de va-et-vient à l’aide des deux manches. Usage : l’idée est qu’en re­muant la terre sans la re­tour­ner, on ne per­turbe pas les dif­fé­rentes couches, là où s’activent les mi­cro-or­ga­nismes qui par­ti­cipent à la vie du sol.

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