Ex­ten­sion d’une Bour­gui­gnonne Une liai­son heu­reuse

À l’ori­gine, une mai­son tra­di­tion­nelle et sa grange non at­te­nante. En re­liant ces deux bâ­ti­ments, une en­vie d’agran­dis­se­ment a vu le jour : elle conci­lie ha­bi­ta­tion prin­ci­pale, ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle et hos­pi­ta­li­té don­née aux amis.

Maison et Travaux - - Reportage - SO­PHIE GIAGNONI PHO­TOS AN­TO­NIO DUARTE CONCEP­TION, MC2 AR­CHI­TECTES

Bâ­tie au coeur des vignes au XIX e siècle, l’ha­bi­ta­tion construite en pierres de Bour­gogne était de­ve­nue trop pe­tite pour ses pro­prié­taires. Tous deux tra­vaillent à do­mi­cile et sou­hai­taient un bu­reau in­dé­pen­dant, calme et ex­clu­si­ve­ment ré­ser­vé à leurs ac­ti­vi­tés pro­fes­sion­nelles. Par ailleurs, il leur man­quait un es­pace pour re­ce­voir fa­mille et amis. Afin de sa­tis­faire à leur dé­sir d’agran­dis­se­ment, l’ar­chi­tecte Ma­rieC­laire Gi­let leur a pro­po­sé cinq pro­jets de dif­fé­rentes échelles. La pro­po­si­tion de plus grande en­ver­gure l’a em­por­té : de 160 m2, la sur­face ha­bi­table est por­tée à 445 m2 ! Le lo­gis a été dé­pla­cé dans la grange, tan­dis que l’an­cienne mai­son s’est vue at­tri­buer les fonc­tions de bu­reau et d’ap­par­te­ments in­dé­pen­dants. Une ga­le­rie de liai­son et une ex­ten­sion as­surent la co­hé­sion et la cir­cu­la­tion entre les deux bâ­tisses, qui de­meurent au­to­nomes l’une par rap­port à l’autre.

Un ob­jec­tif éton­nant

Deux prin­cipes ma­jeurs et a prio­ri contra­dic­toires pré­sident au nou­vel amé­na­ge­ment : re­lier les deux bâ­tisses, mais of­frir à leurs oc­cu­pants res­pec­tifs un sentiment d’intimité et d’in­dé­pen­dance. Pour par­ve­nir à ce ré­sul­tat, l’ar­chi­tecte a pro­po­sé de concré­ti­ser la liai­son par le biais de deux construc­tions : une ga­le­rie de cir­cu­la­tion, fai­sant éga­le­ment office d’en­trée com­mune, et une grande ex­ten­sion des­ti­née à ac­cueillir le sa­lon qui, en se re­trou­vant au centre, as­sure la co­hé­sion de l’en­semble. En d’autres termes, une construc­tion qui éta­blit une cer­taine dis­tance et une autre qui rap­proche ! La pre­mière est rat­ta­chée à l’an­cienne mai­son d’ha­bi­ta­tion ; la se­conde est ouverte sur l’an­cienne grange qui abrite main­te­nant le lo­gis. L’ex­ten­sion­sa­lon est d’au­tant mieux intégrée qu’elle se pro­longe dans la par­tie an­cienne.

Une ga­le­rie en tran­si­tion

L’ex­ten­sion qui ac­cueille l’en­trée prin­ci­pale et la ga­le­rie de cir­cu­la­tion vient s’in­sé­rer au droit de la porte d’en­trée de l’an­cienne mai­son d’ha­bi­ta­tion, per­pen­di­cu­laire à celle-ci. Re­la­ti­ve­ment étroite, elle em­piète peu sur la fa­çade an­cienne et per­met de conser­ver toutes les fe­nêtres… et leur ap­port de lu­mière na­tu­relle. La porte d’en­trée d’ori­gine et la nou­velle se font face. L’ef­fet de cou­loir est évi­té grâce à de nom­breuses ou­ver­tures : deux im­postes vi­trées en­cadrent l’en­trée prin­ci­pale, quand quatre châs­sis fixes toute hau­teur ouvrent la ga­le­rie d’un cô­té et une porte-fe­nêtre à quatre van­taux se­mi-vi­trés l’éclaire de l’autre. L’ac­cès à l’ex­ten­sion-sa­lon se fait par ailleurs par une large baie.

Une ex­ten­sion convi­viale

Glis­sée entre l’an­cienne grange et la ga­le­rie de cir­cu­la­tion, l’ex­ten­sion-sa­lon a vu son plan au sol dé­ter­mi­né par la sur­face lais­sée libre entre ces deux construc­tions. Quant à la forme ar­ron­die de sa toi­ture en zinc, elle a été dé­ter­mi­née par la forme du lin­teau cin­tré qui cou­ron­nait l’an­cienne porte char­re­tière de la grange, et contre la­quelle elle prend ap­pui. Ce par­ti pris es­thé­tique ré­pond aus­si à une contrainte tech­nique : une fe­nêtre se trou­vant si­tuée 70 cm au­des­sus de la porte char­re­tière, la toi­ture se de­vait d’être suf­fi­sam­ment fine pour s’in­sé­rer dans cet es­pace res­treint. Si le lin­teau a été conser­vé, la porte char­re­tière a en re­vanche été sup­pri­mée. Le grand sa­lon se trouve ain­si ouvert de toute part : cô­té ouest, il est pro­lon­gé par les pièces à vivre de l’an­cienne grange de­ve­nue ha­bi­ta­tion ; cô­té est, il pré­sente une large ou­ver­ture sur la ga­le­rie ; cô­tés nord et sud, les fa­çades sont en­tiè­re­ment vi­trées à la fa­çon d’une vé­ran­da. Ces fins châs­sis en acier équi­pés de doubles vi­trages avec gaz ar­gon (4/16/4) offrent une vue à la fois sur le jar­din et sur le « pa­tio » dé­li­mi­té par l’an­cienne mai­son. Ain­si ouverte et dé­cloi­son­née,

l’ex­ten­sion-sa­lon consti­tue le coeur de la nou­velle mai­son, tout en as­su­rant une co­hé­sion agréable avec l’an­cienne.

De la grange… au lo­gis tout confort

De l’an­cienne grange, seuls ont été conser­vés les murs, la toi­ture et la struc­ture du plan­cher d’étage, consti­tuée de poutres et de so­lives. Les murs et la toi­ture ont été en­tiè­re­ment iso­lés par l’in­té­rieur avec de la laine de verre, d’une épais­seur res­pec­tive de 10 cm et de 20 cm, in­sé­rée dans une os­sa­ture mé­tal­lique ha­billée de plaques de plâtre. Cer­tains murs, ne né­ces­si­tant au­cune iso­la­tion, ont conser­vé leurs pierres ap­pa­rentes, qui par­ti­cipent au dé­cor des pièces, no­tam­ment de la cui­sine. Dans ce nou­vel es­pace, les pièces ont trou­vé leur em­pla­ce­ment en fonc­tion de leur orien­ta­tion : la cui­sine à l’est pro­fite des pre­miers rayons du ma­tin ; le sa­lon à l’ouest jouit de la belle lu­mière de fin de jour­née. Pour as­su­rer la liai­son entre les deux ni­veaux de la mai­son, un es­ca­lier en bé­ton a été ajou­té. Cou­lé sur place dans un cof­frage, il forme une belle vo­lute et donne ac­cès aux pièces in­times. De part et d’autre, l’étage est scin­dé en deux zones : l’une ac­cueillant la suite pa­ren­tale, avec chambre, grande salle de bains et dres­sing gé­né­reux, et l’autre dé­vo­lue aux en­fants avec trois chambres, salle d’eau, pe­tit sa­lon et dres­sing.

AVANT

Vi­trée sur ses fa­çades sud et nord, l’ex­ten­sion forme, avec l’an­cienne ha­bi­ta­tion et la ga­le­rie, un pa­tio, agréable trait d’union entre les dif­fé­rentes construc­tions.

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1. Les pièces à vivre sont lar­ge­ment ou­vertes. Seule la cui­sine bé­né­fi­cie d’une dé­li­mi­ta­tion mar­quée par un revêtement de sol dis­tinct, un car­re­lage en grès cé­rame, une de­mi-cloi­son d’un cô­té et une cloi­son par­tielle per­cée d’un hu­blot de l’autre.

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2. Marches et garde-corps de l’es­ca­lier ont été cou­lés en bé­ton sur place (cof­frage, GCB), puis en­duits à la chaux. Les formes courbes, telles des vo­lutes, étaient dé­si­rées par les pro­prié­taires.

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