Bourg-Saint-Mau­rice

UNE VILLE, DES HA­MEAUX, UNE STA­TION

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Ca­pi­tale de la Haute- Ta­ren­taise, Bourg-Saint-Mau­rice pré­sente de mul­tiples fa­cettes, une va­rié­té qui ca­rac­té­rise au­jourd’hui les villes et vil­lages de cette par­tie de la Sa­voie. Sous son nom se dis­si­mulent un bourg, mais aus­si des ha­meaux dé­po­si­taires de la vie tra­di­tion­nelle dans les al­pages, et une sta­tion de sport d’hi­ver, Les Arcs, à l’ar­chi­tec­ture d’avant-garde.

Un pas­sé agraire

Les ori­gines de Bourg-Saint-Mau­rice re­montent à l’An­ti­qui­té. Si­tué sur les rives de l’Isère, Bourg se trouve aus­si sur une voie de cir­cu­la­tion ro­maine entre Vienne (Isère) et Mi­lan. Jus­qu’à la créa­tion des Arcs dans le cou­rant des an­nées 1960, la ville vit es­sen­tiel­le­ment de l’agri­cul­ture et de l’éle­vage. Les fermes, tou­jours vi­sibles dans ses ha­meaux, mais aus­si les frui­tières dé­vo­lues à la pro­duc­tion du fro­mage, ou en­core les piges, abris-pres­soirs uti­li­sés pour pres­ser des pommes, conti­nuent de té­moi­gner de l’im­por­tance de ces ac­ti­vi­tés.

Pros­pé­ri­té au XIXe siècle

Des ac­ti­vi­tés qui ont long­temps of­fert une vé­ri­table pros­pé­ri­té à Bourg-SaintMau­rice. Sa Grande-Rue conserve des élé­ments ar­chi­tec­tu­raux qui en at­testent : de belles portes sculp­tées, ou en­core des fer­ron­ne­ries et quelques très élé­gantes de­van­tures an­ciennes de ma­ga­sins. Au nu­mé­ro 24 (photo 2), la « mai­son des têtes » s’im­pose comme la plus belle et la plus re­mar­quable. Da­tée du XIX e siècle, elle pré­sente une fa­çade or­née d’une pro­fu­sion de sculp­tures : vo­lutes en re­lief, têtes sculp­tées, mé­daillons fi­gu­rant des lions, fi­gu­rines my­tho­lo­giques et autres cornes d’abon­dance. Au som­met de cette Grande-Rue, l’église Saint-Mau­ri­ced’-Agaune, avec sa belle ar­chi­tec­ture néo­clas­sique sarde da­tant de la moi­tié du XIX e siècle, ren­ferme aus­si quelques tré­sors si­gnés par de grands ar­tistes de la cour sarde, à savoir le peintre Gio­van­ni Mar­ghi­not­ti et le sculp­teur Gio­van­ni Del­pon­ti.

No­to­rié­té au XXe siècle

Un pa­tri­moine qui s’ins­crit donc pour l’es­sen­tiel dans le XIX e siècle, mais qui com­porte éga­le­ment deux pé­pites ré­cem­ment la­bel­li­sées « Pa­tri­moine du XX e siècle », à savoir l’hô­tel de ville et le ci­né­ma. Un pa­tri­moine plus contem­po­rain, vi­sible en­core au tra­vers de quelques réa­li­sa­tions, avec par exemple quelques fo­lies ty­piques de l’ar­chi­tec­ture ther­male de la pre­mière moi­tié du XX e siècle, ou en­core des re­pré­sen­tants de l’ar­chi­tec­ture hy­gié­niste, re­con­nais­sables à leur toi­ture mo­no­pente coif­fant une fa­çade orien­tée vers le sud.

1 1.

De­puis sa ré­no­va­tion il y a une quin­zaine d’an­nées, le vieux Bourg a re­trou­vé les cou­leurs néo­clas­siques sardes, qui étaient les siennes à l’époque des États de Sa­voie, avant l’uni­té de l’Ita­lie (1861) ; une Ita­lie si­tuée aux portes du col du Pe­tit-Saint-Ber­nard, que l’on aper­çoit ici en ar­rière-plan.

2. 2

Ain­si bap­ti­sée en l’hon­neur de ses mo­tifs sculp­tés, la « mai­son des têtes » pré­sente une struc­ture de lignes ho­ri­zon­tales et ver­ti­cales qui ornent ri­che­ment sa fa­çade.

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