Une ar­chi­tec­ture ru­rale au fort ca­rac­tère

QUAND VER­NA­CU­LAIRE RIME AVEC PIERRE

Maison et Travaux - - La Maison Dans Sa Région -

Haute-Ta­ren­taise et val­lée de Bo­zel offrent un bâ­ti ru­ral de mon­tagne va­rié. Il n’y a pas de mai­son type, seule­ment des ca­rac­té­ris­tiques ré­cur­rentes, au­tour des­quelles se dé­clinent des va­riables liées à l’orien­ta­tion des ver­sants sur les­quels les mai­sons s’ins­crivent, à la dis­po­ni­bi­li­té lo­cale des ma­té­riaux, ou en­core à la fonc­tion des bâ­ti­ments (ha­bi­ta­tion, étable, gre­nier, cha­let d’al­page, etc.).

Bois et pierre as­so­ciés

Par­mi les gé­né­ra­li­tés, on peut ce­pen­dant no­ter la pré­do­mi­nance de l’uti­li­sa­tion de la pierre. Les blocs de pierres abondent dans les ébou­lis de ces hautes val­lées. Ils sont la plu­part du temps mis en oeuvre tels quels, non ap­pa­reillés, dans des ma­çon­ne­ries join­toyées à la chaux, qui ap­pa­raissent sou­vent gros­sières. Pe­tites pierres et ga­lets de tor­rent peuvent éga­le­ment être uti­li­sés, no­tam­ment dans la construc­tion de ces im­pres­sion­nantes co­lonnes qui sou­tiennent par­fois les avan­cées de toi­ture. Ces pi­liers cy­lin­driques ap­pa­raissent en nombre au­tour de Sainte-Foy-Ta­ren­taise, no­tam­ment aux ha­meaux du Mo­nal et de la Ma­sure. Ils consti­tuent l’une des sin­gu­la­ri­tés re­mar­quables de cette ar­chi­tec­ture ré­gio­nale. Aux cô­tés de la pierre fi­gure bien en­ten­du le bois (épi­céa et mé­lèze), uti­li­sé pour la char­pente et les me­nui­se­ries de portes et de fe­nêtres es­sen­tiel­le­ment, et par­fois pour les bal­cons ou les bar­dages des­ti­nés à pro­té­ger ces mêmes bal­cons, ou à fer­mer un étage de la grange. Çà et là, sub­sistent quelques toi­tures de ta­vaillons, mais elles ap­pa­raissent rares et l’ont tou­jours été. On est bien loin de l’ar­chi­tec­ture toute en bois du Beau­for­tin. Comme les ma­çon­ne­ries, les char­pentes ap­pa­raissent sou­vent gros­sières, consti­tuées de pannes de mé­lèzes à peine équar­ries.

Une vo­lu­mé­trie simple

Du point de vue du vo­lume, ces construc­tions sont simples. D’une em­prise car­rée au sol, elles se dé­ploient plus ou moins en hau­teur, se­lon l’am­pleur du gre­nier et leur ins­crip­tion dans une pente plus ou moins mar­quée. Des pentes uti­li­sées au mieux pour fa­vo­ri­ser les ac­cès et des­ser­vir, si pos­sible de plain-pied, les dif­fé­rents ni­veaux : le plus sou­vent étables et écu­ries au rez-de-chaus­sée, ha­bi­ta­tion à l’étage, et grange de sto­ckage au ni­veau su­pé­rieur. Au som­met de ces mai­sons, les toi­tures à deux pentes sont gé­né­ra­le­ment cou­vertes au­jourd’hui de tôles ou de lauzes, avec des dé­bords va­riables.

Comme dans le reste de la Sa­voie, les bal­cons ont en Haute-Ta­ren­taise une fonc­tion de sé­chage du blé, de l’orge, du maïs,

ou en­core des fas­cines de bois. Leur ex­po­si­tion au

so­leil leur vaut le nom de « so­la­ret ». S’ils courent le long des fa­çades et des­servent les pièces, on parle alors de « ga­le­ries ».

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