…Et cir­cu­ler li­bre­ment

Maison et Travaux - - Re­por­tage -

Alors qu’ils ha­bi­taient une grande mai­son confor­table, or­née d’une ma­jes­tueuse toi­ture à la Man­sart, les pro­prié­taires ont dé­ci­dé de la vendre, pour ré­no­ver et s’ins­tal­ler dans les dé­pen­dances, d’an­ciennes écu­ries qui les fai­saient rê­ver de­puis plu­sieurs an­nées… At­ti­rés par les vo­lumes gé­né­reux et ori­gi­naux de la bâ­tisse, mais aus­si par le charme de son ar­chi­tec­ture et de ses ma­té­riaux an­ciens, les pro­prié­taires se sont lan­cé dans l’aven­ture de sa ré­no­va­tion. Lais­sé dans son état d’ori­gine de­puis de nom­breuses an­nées, le bâ­ti­ment qui n’abri­tait que des ga­rages, des bu­reaux et des re­mises, était très abî­mé. Douze mois de tra­vaux ont été né­ces­saires pour le trans­for­mer en une mai­son fa­mi­liale. Et, pour en par­faire le confort, une ex­ten­sion ma­çon­née a été ajou­tée per­pen­di­cu­lai­re­ment à celle-ci. En rez-de-chaus­sée, elle com­mu­nique avec l’ha­bi­ta­tion en pro­lon­geant le sé­jour d’un sa­lon TV et, à l’étage, elle ac­cueille un ate­lier avec ter­rasse.

Faire en­trer la lu­mière…

Très sombre, la bâ­tisse était to­ta­le­ment aveugle d’un cô­té : les seules ou­ver­tures se concen­traient sur une seule fa­çade, cô­té jar­din. Pour la rendre ha­bi­table, il fal­lait donc en créer sur les deux ni­veaux. Au rez-de­chaus­sée, les pièces de vie nou­vel­le­ment amé­na­gées, comme le sa­lon et la cui­sine,

bé­né­fi­cient au­jourd’hui de baies vi­trées élar­gies qui laissent en­trer la lu­mière à flots. Et à l’étage, les chambres ins­tal­lées sous les ram­pants sont éclai­rées na­tu­rel­le­ment grâce à des fe­nêtres de toit (Ve­lux), mais aus­si à des portes-fe­nêtres en­tiè­re­ment vi­trées of­frant des vues agréables sur la ver­dure, et pro­té­gées par des garde-corps ex­té­rieurs en mé­tal. Dans la chambre pa­ren­tale, un large châs­sis fixe vi­tré, qui s’ouvre éga­le­ment cô­té jar­din, fait le plein de lu­mière na­tu­relle. Toutes ces fe­nêtres ver­ti­cales sont équi­pées de me­nui­se­ries en alu­mi­nium, com­plé­tées de doubles vi­trages iso­lants à faible émis­si­vi­té, en ver­sion feuille­tée, donc re­tar­da­teurs d’ef­frac­tion (Groupe Goyer). À l’ex­té­rieur, pour pré­ser­ver au maxi­mum l’es­prit an­glo-nor­mand des lieux, la plu­part des poutres de la fa­çade à co­lom­bages ont été lais­sées ap­pa­rentes, ce qui a contraint le di­men­sion­ne­ment des fe­nêtres d’étage. Et pour ren­for­cer en­core le charme de la fa­çade, les murs sont ha­billés d’un sou­bas­se­ment en pla­quettes de pa­re­ment dé­co­ra­tives imi­tant la brique. Peintes en gris, les bri­quettes sont as­sor­ties aux boi­se­ries ex­té­rieures, éga­le­ment peintes, et aux me­nui­se­ries en alu­mi­nium gris, ce qui donne une note contem­po­raine à la mai­son. Aty­pique, le bâ­ti­ment des an­ciennes écu­ries s’éten­dait sur plus de 25 mètres de long, ré­par­tis­sant ses vo­lumes sur deux ni­veaux. Grâce à l’ab­sence de porte de com­mu­ni­ca­tion entre les es­paces du rez-de-chaus­sée, la lu­mière y cir­cule li­bre­ment. Elle pé­nètre aus­si dans la mai­son de haut en bas, de­puis des fe­nêtres de toit jus­qu’au sa­lon si­tué au

rez-de-chaus­sée, grâce à un vide mé­na­gé au-des­sus du sé­jour. Créé à la de­mande des pro­prié­taires, ce puits de lu­mière a fait perdre quelques mètres car­rés à l’étage, mais il a lar­ge­ment pro­fi­té au sé­jour : ce­lui-ci, à l’ori­gine très pro­fond et bas de pla­fond, a ga­gné en vo­lume et en lu­mi­no­si­té. La mez­za­nine réa­li­sée ain­si au-des­sus ac­cueille au­jourd’hui un bu­reau. Une pas­se­relle qui tra­verse la tré­mie com­mu­nique di­rec­te­ment avec l’ate­lier amé­na­gé dans l’étage de l’ex­ten­sion, au même ni­veau.

Des ma­té­riaux d’ori­gine res­pec­tés

L’un des prin­ci­paux mots d’ordre du­rant la ré­no­va­tion a été de conser­ver au maxi­mum les ma­té­riaux qui for­maient la struc­ture des écu­ries, mais la plu­part étaient très abî­més. « Nous avons pu gar­der la char­pente, ra­conte la pro­prié­taire, mais nous avons ré­no­vé la cou­ver­ture en em­ployant des tuiles mé­ca­niques en terre cuite » (Ime­rys). Quelques spé­ci­fi­ci­tés ar­chi­tec­tu­rales ont heu­reu­se­ment pu être sau­vées, comme l’an­cien pla­fond à voû­tains par­fai­te­ment conser­vé, qui donne au­jourd’hui tout son charme à la cui­sine. D’ailleurs, des spots d’éclai­rage ont été di­ri­gés vers le pla­fond afin de mettre en va­leur la teinte cha­leu­reuse des briques. À l’in­té­rieur, c’est l’es­prit cam­pagne chic qui do­mine dans toutes les pièces de la mai­son !

Une cui­sine convi­viale

En par­ti­cu­lier dans la cui­sine – im­plan­tée à la place de l’an­cienne man­geoire des che­vaux, face aux nou­velles baies vi­trées –, où les meubles en bois gris clair sont agré­men­tés de fa­çades mou­lu­rées, par­fois vi­trées (réa­li­sa­tion, Be Home In­te­rior). Pour par­faire ce style cha­leu­reux, tous les plans de tra­vail et le sol de la cui­sine ont été réa­li­sés en pierre bleue du Hai­naut. Fonc­tion­nel, l’amé­na­ge­ment en « U », qui ras­semble de nom­breux ran­ge­ments, en­toure un îlot de pré­pa­ra­tion équi­pé d’un évier de grande pro­fon­deur, et sur­mon­té d’un plan de tra­vail aux di­men­sions confor­tables. La cui­sine est as­sez grande pour que l’on puisse y prendre les re­pas : une ban­quette en « L » réa­li­sée sur me­sure en MDF per­met à tous les membres de la fa­mille de se ras­sem­bler au­tour de la grande table. Sous l’as­sise, elle abrite aus­si des coffres de ran­ge­ment.

Le confort toute sai­son

Pour as­su­rer une iso­la­tion ther­mique ef­fi­cace, les murs pé­ri­phé­riques ont été iso­lés au moyen de pan­neaux de laine de verre (Iso­ver), par-des­sus les­quels ont été po­sées

des contre-cloi­sons consti­tuées de plaques de plâtre (Pla­co) mon­tées sur des os­sa­tures mé­tal­liques. La toi­ture a éga­le­ment été iso­lée sous ram­pants par des couches su­per­po­sées de laine de verre, sous une os­sa­ture mé­tal­lique ha­billée de plaques de plâtre. Cô­té chauf­fage, une chau­dière gaz à conden­sa­tion (Fris­quet) est re­liée à des ra­dia­teurs à eau chaude (Brug­man) et à un bal­lon de pro­duc­tion d’eau chaude sa­ni­taire. Seules les salles de bains sont équi­pées de ra­dia­teurs sèche-ser­viettes élec­triques (Aco­va). Dans le sa­lon, une che­mi­née à foyer fer­mé, in­té­grée dans un cof­frage ma­çon­né, com­plète le chauf­fage en hi­ver tout en fai­sant pro­fi­ter la mai­son de belles flam­bées.

Des bruns et des gris

Dans toutes les pièces de la mai­son, la pro­prié­taire, ai­dée d’une dé­co­ra­trice (bou­tique « L de l’es­sen­tiel »), a sou­hai­té créer une am­biance cha­leu­reuse. Elle a op­té pour des cou­leurs fon­cées aux murs : dans chaque pièce, une pa­lette de bruns, de gris et de noirs a été dé­fi­nie. Les tons les plus fon­cés sont ap­pli­qués sur les murs du fond, les teintes claires et in­ter­mé­diaires sur les murs la­té­raux. Un par­quet en chêne mas­sif vieilli (Lal­liard Bois) ha­bille les sols dans les pièces à vivre et les chambres. Meubles et ac­ces­soires se dé­clinent dans de grands for­mats pour ani­mer les vo­lumes gé­né­reux. Un sub­til mé­lange de tis­sus, de mé­tal et de bois bruts signe une dé­co au charme d’au­jourd’hui.

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