Les par­quets

Bien choi­sir se­lon l’usage

Maison et Travaux - - La Une - ÉLI­SA­BETH DE­LAIGUE

Consti­tué d’une seule es­sence de bois, le par­quet mas­sif a toutes les pro­prié­tés ori­gi­nales du bois dont il est is­su : vei­nage, grain, tex­ture, cou­leurs, oxy­da­tion et va­ria­tions de cou­leurs dans le temps… Il est pro­po­sé en dif­fé­rentes clas­si­fi­ca­tions se­lon la du­re­té (classe A, B ou C), ce qui per­met de choi­sir l’es­sence se­lon la des­ti­na­tion d’usage. Les fa­bri­cants pro­posent éga­le­ment un choix de qua­li­té (avec ou sans noeud) et dif­fé­rentes épais­seurs.

Les par­quets mas­sifs, en cure de min­ceur

En 23 mm, c’est le par­quet tra­di­tion­nel par ex­cel­lence. Le plus sou­vent en chêne, châ­tai­gnier, hêtre ou bois exo­tique, il doit être cloué sur lam­bourdes, ce qui im­plique de dis­po­ser d'une hau­teur de ré­ser­va­tion mi­ni­mum d’en­vi­ron 6 cm. Il offre des lames de belle lar­geur, une grande ré­sis­tance, de bonnes qua­li­tés iso­lantes et par­ti­cipe à l’équi­libre hy­gro­mé­trique de la pièce. Mais il est da­van­tage su­jet à des va­ria­tions di­men­sion­nelles, ce qui fait bou­ger la lar­geur des joints. Gé­né­ra­le­ment li­vré brut, il ne re­çoit une fi­ni­tion qu’après avoir été po­sé et pon­cé. En re­vanche, il peut être ré­no­vé plu­sieurs fois, ce qui ga­ran­tit la lon­gé­vi­té de son es­thé­tique na­tu­relle. Re­la­ti­ve­ment cher, ce par­quet tra­di­tion­nel reste un in­ves­tis­se­ment du­rable qui donne de la va­leur à l’ha­bi­ta­tion.

Entre 15 et 22 mm, les par­quets mas­sifs plus minces peuvent aus­si être cloués mais, s’ils ont re­çu une fi­ni­tion en usine, ils sont plu­tôt des­ti­nés à être col­lés, en plein ou en cor­dons, ce qui fa­ci­lite leur em­ploi en ré­no­va­tion. La pose col­lée pro­cure un confort acous­tique in­com­pa­rable.

Entre 10 à 15 mm, les par­quets mas­sifs en­core moins épais sont plu­tôt des­ti­nés à une

pose flot­tante. Cer­tains sont même pro­fi­lés pour un assemblage mé­ca­nique sans colle, qui rend la pose simple et ra­pide.

Les contre­col­lés, une grande sta­bi­li­té

Les par­quets contre­col­lés sont gé­né­ra­le­ment com­po­sés de trois couches su­per­po­sées, col­lées entre elles, pour une épais­seur to­tale sou­vent com­prise entre 10 et 15 mm.

Le pa­re­ment, ou couche d’usure, est la sur­face sur la­quelle on marche. Cette couche de 2,5 mm à 6 mm d’épais­seur en bois noble, ver­ni ou hui­lé, dé­ter­mine l’es­thé­tique du par­quet. Plus cette couche d’usure est épaisse et en es­sence dure, plus le par­quet est ré­sis­tant.

La couche in­ter­mé­diaire, ou âme cen­trale, en bois ag­glo­mé­ré, en pan­neau de fibres haute den­si­té (HDF), en contre­pla­qué ou en lat­té (ré­si­neux ou bou­leau), va être po­sée à contre-fil du pa­re­ment. C’est la par­tie la plus épaisse des lames.

Le contre-pa­re­ment, comme son nom l’in­dique, sert à contre­ba­lan­cer le pa­re­ment. Qu’il soit en bois ré­si­neux ou feuillu, il sert à évi­ter les dé­for­ma­tions et as­sure la sta­bi­li­té de l’en­semble. Cer­tains contre­col­lés sont en­core consti­tués de 3 plis croi­sés de bois mas­sif de même es­sence, tan­dis que d’autres n’ont qu’une couche d’usure col­lée sur un sup­port en mul­ti­plis, deux tech­niques conçues pour ob­te­nir un par­quet en­core plus stable. Cette fa­bri­ca­tion en contre­col­lé, moins gour­mande en bois noble, per­met aus­si d’ob­te­nir des lames larges par­ti­cu­liè­re­ment stables pour un bon rap­port qua­li­té/prix. Cette sta­bi­li­té fa­ci­lite la mise en oeuvre puisque ces contre­col­lés, plu­tôt des­ti­nés à une pose flot­tante, s’em­boîtent fa­ci­le­ment, qu’ils com­portent un sys­tème à clip­ser pour s’as­sem­bler mé­ca­ni­que­ment ou bien, plus ra­re­ment au­jourd’hui, de rai­nures et lan­guettes pour un assemblage col­lé. Et, lorsque les lames sont très larges, les par­quets contre­col­lés sont col­lés au sup­port pour une meilleure sta­bi­li­té. Ils peuvent aus­si être ré­no­vés plu­sieurs fois si l’épais­seur du pa­re­ment est suf­fi­sante pour sup­por­ter de mul­tiples pon­çages.

La pose va­rie se­lon les types de par­quets. Les contre­col­lés sont soit col­lés au sup­port, soit conçus pour une pose flot­tante. Quant aux par­quets mas­sifs, les plus épais, ils sont plu­tôt cloués, mais les plus minces peuvent aus­si être col­lés, et cer­tains per­mettent même la pose flot­tante. Le choix du type de par­quet dé­pend donc aus­si de la na­ture et de l’état du sol exis­tant. Dans tous les cas, le sup­port doit être plan (écart de ni­veau maxi­mal de 5 mm sous une règle de 2 mètres), propre, sec et sain. À dé­faut, il de­vra être pon­cé ou ra­gréé.

La pose clouée

Cette mise en oeuvre convient sur un an­cien par­quet ou sur des pan­neaux de par­ti­cules, éga­le­ment sur des lam­bourdes. Elle concerne gé­né­ra­le­ment le par­quet mas­sif de forte épais­seur. Les lames s’em­boîtent et se serrent au maillet en uti­li­sant une cale qu’on ap­pelle « martyr ». Puis on les cloue di­rec­te­ment sur le sup­port en po­si­tion­nant les clous à 45° dans l’angle for­mé par la face su­pé­rieure de la lan­guette et la par­tie ver­ti­cale sur­mon­tant la lan­guette. Le par­quet po­sé sur lam­bourdes flot­tantes (avec iso­lant sous et entre les lam­bourdes) per­met au­jourd’hui de conci­lier tra­di­tion, confort de marche et ab­sence de ré­so­nance.

La pose col­lée

Elle s‘ap­plique sur une chape en ci­ment par­fai­te­ment plane ou un sup­port en bois conti­nu, et est des­ti­née aux par­quets mas­sifs minces et aux contre­col­lés sans em­boî­te­ment mé­ca­nique. La pose col­lée pro­cure un très bon confort de marche, mais elle exige un sup­port plan, sec et sain. Car­re­lage et dal­lage de­vront être pon­cés pour une meilleure adhé­rence de la colle. Dans une salle de bains, c’est la seule pose réel­le­ment conseillée parce qu’elle offre la meilleure ré­sis­tance aux va­ria­tions di­men­sion­nelle du bois. Dans ce cas, il est im­pé­ra­tif d’em­ployer une colle po­ly­uré­thane ou MS po­ly­mère, qui ré­siste à l’eau. Le col­lage se fait en plein, la colle éta­lée à la spa­tule cran­tée sur toute la sur­face, ou en cor­dons, dé­po­sés per­pen­di­cu­laires aux lames. Le col­lage peut éga­le­ment se faire à tra­vers une sous-couche d’iso­la­tion pho­nique

LISTONE GIOR­DA­NO.

UN EN­TRE­TIEN FA­CILE

Ce par­quet contre­col­lé à larges lames offre une sur­face bros­sée, avec fi­ni­tion à base d’huiles na­tu­relles et trai­te­ment spé­cial en der­nière couche. Avec contre­ba­lan­ce­ment en chêne. Ép. 18 mm, couche d’usure 3,5 mm, larg. 19 cm. À par­tir de 153 €/m². « Ma­reg­gia­ta ».

ATE­LIER DES GRANGES.

SUR LAM­BOURDES

La pose sur lam­bourdes amé­liore l’iso­la­tion ther­mique et acous­tique. Les lames clouées sont ici taillées en sif­flet et leur lon­gueur est dé­ter­mi­née par le ca­le­pi­nage. Chêne mas­sif, ép. 22 mm. Fi­ni­tion bros­sée ou sciée. 135 €/m² (hors pose). « Mé­dié­val ».

SCIE­RIE BÉ­ZIER.

BELLE RÉ­NO­VA­TION

Après mise en oeuvre entre les lam­bourdes d‘un iso­lant en flo­cons de laine de roche (« Le Flo­con » de Ro­ck­wool), des pan­neaux d'ag­glo­mé­ré hy­dro­fuge ont été vis­sés. Les lames en chêne mas­sif, chan­frei­nées sur les lon­gueurs, sont en­suite col­lées en plein, puis re­çoivent une huile de pro­tec­tion ul­tra­mate (Blan­chon). Ép. 22 mm, larg. 14 cm. Env. 52 €/m2.

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