CHAU­DIÈRE À CONDEN­SA­TION

30 % D’ÉCO­NO­MIE

Maison et Travaux - - La Une - CÉ­DRIC RO­GNON

Tech­no­lo­gie ma­ture, la chau­dière reste un équi­pe­ment d’ave­nir, gage d’un confort éle­vé de chauf­fage et de pro­duc­tion d’eau chaude sa­ni­taire. À conden­sa­tion, gaz ou fioul, par che­mi­née ou ven­touse… Nos conseils pour gui­der votre choix.

La chau­dière (gaz ou fioul) consti­tue un équi­pe­ment de chauf­fage et de pro­duc­tion d’eau chaude sa­ni­taire éprou­vé, dont le suc­cès ne se dé­ment pas, dans le neuf (as­so­ciée à une éner­gie re­nou­ve­lable) comme en ré­no­va­tion.

Un in­ves­tis­se­ment me­su­ré

La rai­son d’un tel en­goue­ment est d’abord éco­no­mique. La chau­dière est cer­tai­ne­ment l’équi­pe­ment de chauf­fage pré­sen­tant le meilleur rap­port qua­li­té-prix. Pour le rem­pla­ce­ment de votre an­cienne chau­dière par un mo­dèle stan­dard gaz (éga­le­ment ap­pe­lé basse tem­pé­ra­ture), il faut comp­ter en­vi­ron 3 500 eu­ros TTC (pose com­prise), se­lon GrDF. Le rem­pla­ce­ment par un équi­pe­ment gaz à conden­sa­tion est un peu plus oné­reux : 4 800 eu­ros TTC en moyenne. Pour­tant, le prix ca­ta­logue d’une chau­dière gaz basse tem­pé­ra­ture est dé­sor­mais sen­si­ble­ment le même que ce­lui d’une chau­dière gaz à conden­sa­tion. L’écart de prix ob­ser­vé au mo­ment de ré­gler l’ins­tal­la­teur tient no­tam­ment au coût sup­plé­men­taire de l’ins­tal­la­tion (matériel et main-d’oeuvre), no­tam­ment quand le conduit de fu­mée exis­tant doit être tu­bé. Il se jus­ti­fie moins quand les fu­mées sont éva­cuées par une ven­touse ; cer­tains ins­tal­la­teurs ont ain­si ten­dance à gon­fler leur prix au seul ar­gu­ment qu’il s’agit de conden­sa­tion, plus per­for­mante et donc cen­sée être plus oné­reuse ! « Les aides fi­nan­cières per­mettent au­jourd’hui de gom­mer en grande par­tie le sur­coût de la conden­sa­tion. Par exemple, 46 % des foyers sont éli­gibles aux aides de l’ANAH (1 000 à 2 000 eu­ros). Il est aus­si pos­sible d’ob­te­nir des aides chez les four­nis­seurs d’éner­gie,

la grande dis­tri­bu­tion, etc. Et dès qu’on réa­lise un bou­quet de tra­vaux, les aides peuvent at­teindre 5 000 à 6 000 eu­ros », in­dique Ch­ris­tophe Bel­let, res­pon­sable mar­ché grand pu­blic de GrDF, qui pro­pose une gamme de so­lu­tions tech­niques dé­diée au chauf­fage au gaz. Sur le site GrDF (http://bien­chez­nous.fr/), vous trou­ve­rez d’ailleurs le dé­tail de toutes les aides dis­po­nibles, no­tam­ment pour conver­tir au gaz une ins­tal­la­tion élec­trique ou au fioul.

Pour­quoi pri­vi­lé­gier la conden­sa­tion ?

Les ventes de chau­dières tra­di­tion­nelles s’es­soufflent. À juste titre. Au­jourd’hui, il est sou­vent plus in­té­res­sant d’op­ter pour une chau­dière à conden­sa­tion qui, d’ici quelques an­nées, se­ra la seule au­to­ri­sée sur le mar­ché eu­ro­péen. Avan­tage im­mé­diat : le ren­de­ment est plus éle­vé. Il est amé­lio­ré de 15 à 20 % par rap­port à une chau­dière clas­sique, et jus­qu’à plus de 35 % si celle-ci a plus de 20 ans. Le ren­de­ment maxi­mal at­teint 109 % pour les chau­dières à conden­sa­tion gaz, et 104 % pour les mo­dèles fioul. En­vi­ron­ne­ment idéal pour « bien conden­ser ». Une chau­dière à conden­sa­tion (c’est un pa­ra­doxe) ne condense pas tout le temps. Pour conden­ser, l’eau de re­tour du cir­cuit de chauf­fage doit être in­fé­rieure à en­vi­ron 53 °C. C’est tou­jours le cas avec des ra­dia­teurs basse tem­pé­ra­ture (dits aus­si à cha­leur douce) ou, en­core mieux, un plan­cher chauf­fant (c’est l’émet­teur de chauf­fage qui est ali­men­té par la tem­pé­ra­ture d’eau la plus faible et avec le­quel on ob­tient le meilleur ren­de­ment). Avec des ra­dia­teurs tra­di­tion­nels fonc­tion­nant à ré­gime de tem­pé­ra­ture plus éle­vé (70 à 90 °C), l’eau de re­tour du cir­cuit de chauf­fage n’est pas tou­jours in­fé­rieure à 53 °C. Deux cas de fi­gure se pré­sentent alors :

1re pos­si­bi­li­té. Votre mai­son a été construite après la pre­mière ré­gle­men­ta­tion ther­mique (1974) et est (même fai­ble­ment) iso­lée, ou vous avez réa­li­sé des tra­vaux d’amé­lio­ra­tion éner­gé­tique (pose de fe­nêtres à double vi­trage, iso­la­tion des murs ou des combles…) : les ra­dia­teurs peuvent être ali­men­tés avec une tem­pé­ra­ture d’eau plus basse et la chau­dière pour­ra plei­ne­ment conden­ser. Dans ce cas, ne vous po­sez pas de ques­tion et op­tez pour un mo­dèle à conden­sa­tion.

2de pos­si­bi­li­té. Votre mai­son ne com­porte au­cune iso­la­tion : l’ins­tal­la­tion d’une chau­dière à conden­sa­tion se jus­ti­fie moins. Par rap­port à une chau­dière basse tem­pé­ra­ture, vous paie­rez plus cher votre ins­tal­la­tion sans en re­ti­rer une baisse de fac­ture de chauf­fage aus­si im­por­tante car la chau­dière conden­se­ra moins. Jean-Louis Ras­mus, di­rec­teur pro­duits chez De Die­trich conseille mal­gré tout d’op­ter pour un mo­dèle à conden­sa­tion : « Les émet­teurs de cha­leur (ra­dia­teur, plan­cher chauf­fant) sont di­men­sion­nés pour les tem­pé­ra­tures les plus froides (par ex. en Al­sace : −15 °C). La chau­dière ne conden­se­ra pas pen­dant les jour­nées les plus ri­gou­reuses (20 à 40 j/an). Tout le reste de la sai­son de chauffe (plus de 220 j), on au­ra be­soin de moins de puis­sance, la tem­pé­ra­ture d’eau des ra­dia­teurs pour­ra être plus basse et en­trer dans la zone de conden­sa­tion (vers 53 °C). La chau­dière fonc­tion­ne­ra avec un ren­de­ment lé­gè­re­ment su­pé­rieur à ce­lui d’un mo­dèle basse tem­pé­ra­ture. » À sa­voir : une ré­gu­la­tion per­for­mante est in­dis­pen­sable pour la chau­dière à conden­sa­tion car il existe plu­sieurs ni­veaux de ré­gu­la­tion : du simple ta­bleau de com­mande aux ré­gu­la­tions plus fines avec sonde ext. per­met­tant de gé­rer plu­sieurs cir­cuits de chauf­fage dif­fé­rents (un plan­cher chauf­fant et des ra­dia­teurs, par exemple).

Choix du com­bus­tible : prio­ri­té au gaz

Au­jourd’hui, les chau­dières fioul à conden­sa­tion sont prin­ci­pa­le­ment ins­tal­lées en rem­pla­ce­ment d’un équi­pe­ment vé­tuste, quand le ré­seau de gaz na­tu­rel n’est pas dis­po­nible. Si vous ne pou­vez pas chan­ger d’éner­gie, c’est une so­lu­tion qui vous per­met­tra de réduire votre consom­ma­tion jus­qu’à 30 % par rap­port à un gé­né­ra­teur vieillis­sant. Moins cher que le fioul. Si le gaz na­tu­rel est dis­po­nible, mieux vaut chan­ger d’éner­gie. Le gaz na­tu­rel pos­sède en ef­fet de nom­breux atouts. Ce com­bus­tible est tra­di­tion­nel­le­ment moins cher que le fioul : au 2e tri­mestre 2014, se chauf­fer au gaz na­tu­rel coû­tait 5,60 cen­times d’eu­ro/kWh, contre 8,87 cen­times d’eu­ro/kWh pour le fioul. On s’épargne aus­si le sto­ckage et la li­vrai­son à pré­voir. Les équi­pe­ments eux-mêmes pré­sentent des dif­fé­rences no­tables. Les chau­dières fioul sont ha­bi­tuel­le­ment plus chères que les mo­dèles gaz. Con­trai­re­ment au gaz, les mo­dèles à conden­sa­tion sont aus­si plus oné­reux que les ver­sions basse tem­pé­ra­ture. Ce­la est dû, en France, à la pré­sence de soufre dans le fioul qui oblige à uti­li­ser des ma­té­riaux dif­fé­rents pour les conden­seurs. En­fin, le ren­de­ment des chau­dières gaz est aus­si plus éle­vé que ce­lui des mo­dèles fioul. Des équi­pe­ments fa­cile à in­té­grer. Par ailleurs, les mo­dèles gaz à conden­sa­tion per­mettent une ins­tal­la­tion mu­rale, peu en­com­brante (moins de 40 cm de large et 60 cm de haut), par exemple dans une

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