Tra­di­tion et mo­der­ni­té Pour une im­po­sante ferme basque

Si­tuée à Saint-Pée-sur-Ni­velle, cette im­po­sante ferme du XVIIe siècle avait en­core des fonc­tions agri­coles à la fin du siècle der­nier. Un pre­mier chan­tier de ré­no­va­tion, en 2003, l’a trans­for­mée en une confor­table mai­son d’ha­bi­ta­tion. Un se­cond, en 2012,

Maison et Travaux - - La Maison Dans Sa Région - Texte : Sophie Gia­gno­ni. Pho­tos : An­to­nio Duarte.

L’exte, la mai­son mère, date du XVIIe siècle. Des dé­pen­dances sont ve­nues s’ajou­ter au fil des siècles. La der­nière en date est une im­po­sante grange/ga­rage, construite en par­paings dans les an­nées 1960, contre le mur pi­gnon ar­rière de la mai­son. Lors­qu’elle a été contac­tée par ses nou­veaux pro­prié­taires, en 2003, l’ar­chi­tecte Ar­gia Oxan­da­ba­ratz s’est d’abord vue confier la mis­sion d’har­mo­ni­ser ces construc­tions dis­pa­rates pour en faire une ha­bi­ta­tion unique, dans la­quelle il a en­suite fal­lu in­ven­ter et agen­cer les in­té­rieurs. Une mis­sion qu’elle a ac­cep­tée avec d’au­tant plus de plai­sir et d’émo­tions que sa grand-mère pa­ter­nelle était née dans cette mai­son qui s’ap­pe­lait dé­jà El­hor­ga.

Ho­mo­gé­néi­sa­tion ex­té­rieure

Pour don­ner de l’uni­té aux dif­fé­rents vo­lumes et ef­fa­cer les fonc­tions uti­li­taires ou agri­coles de cer­tains, l’ar­chi­tecte a fait dis­pa­raître, sous un en­duit chau­lé, les dif­fé­rents ma­té­riaux de construc­tion : par­paing de la grange-ga­rage, moel­lons de pierre pour l’exte, dont seules les pierres de taille des chaî­nages d’angle et des en­ca­dre­ments de baies ont été lais­sées ap­pa­rentes. Cer­taines dé­pen­dances an­ciennes ont, néan­moins, conser­vé leur ma­çon­ne­rie en moel­lons ap­parents, per­met­tant à un oeil averti de re­trou­ver le plan ori­gi­nel de la ferme, et la po­si­tion de l’exte en son sein. Cette re­cherche d’har­mo­nie est pas­sée éga­le­ment par un tra­vail sur les re­prises d’ou­ver­tures exis­tantes avec, no­tam­ment, des per­ce­ments dans les fa­çades au­tre­fois aveugles et le rem­pla­ce­ment de toutes les me­nui­se­ries : me­nui­se­ries double vi­trage en aluminium blanc, vo­lets pleins en bois peints en bleu gris. Une teinte que l’on re­trouve sur les élé­ments de char­pente ex­té­rieure, sous les avant-toits ; elle contri­bue ain­si à as­so­cier l’en­semble des vo­lumes exis­tants pour ne com­po­ser qu’une seule de­meure.

Re­struc­tu­ra­tion et agen­ce­ment in­té­rieur

À cette trans­for­ma­tion ex­té­rieure ré­pond une ré­or­ga­ni­sa­tion in­té­rieure. Là en­core, des adap­ta­tions s’im­po­saient pour créer le sen­ti­ment d’une ha­bi­ta­tion unique. La plu­part des cloi­sons in­té­rieures ont ain­si été dé­po­sées, seuls les murs de re­fends ont été conser­vés, per­cés néan­moins de portes et de pas­sages pour flui­di­fier les cir­cu­la­tions. Les an­ciens gre­niers ont été amé­na­gés pour re­ce­voir des chambres avec salle de bains. Au­tre­fois aveugles, ces étages ont re­çu la lu­mière grâce au per­ce­ment de fe­nêtres de toit et à la créa­tion de chiens-as­sis. Dans les grands vo­lumes

de la mai­son, les fonc­tions prennent leurs aises. Ou­verts les uns sur les autres, cui­sine, salle à man­ger et sa­lon af­fichent des pro­por­tions gé­né­reuses.

Une mo­der­ni­té tem­pé­rée

L’es­ca­lier qui des­sert ces nou­veaux étages est en acier cor­ten, pro­té­gé d’un garde-corps consti­tué de câbles éga­le­ment en acier. Cet ou­vrage rend bien compte du trai­te­ment contem­po­rain sou­hai­té par les pro­prié­taires pour leur amé­na­ge­ment in­té­rieur. Un style qui res­pecte et va­lo­rise l’exis­tant. Ain­si en est-il des salles de bains et des chambres ins­tal­lées dans les an­ciens gre­niers, aux douches spa­cieuses sur re­ce­veur à l’ita­lienne, aux bai­gnoires et vasques de­si­gn, aux murs sobres et in­tem­po­rels ar­bo­rant le blanc des plaques de plâtre peintes qui in­tègrent une iso­la­tion par l’in­té­rieur réa­li­sée en laine de chanvre. Car la mo­der­ni­té passe éga­le­ment par le confort ther­mique, as­su­ré ici donc non seule­ment par une nou­velle iso­la­tion, mais éga­le­ment par l’ins­tal­la­tion de plan­chers chauf­fants ali­men­tés par géothermie

3 et 4.

Construite dans la pente, la mai­son s’étend sur dif­fé­rents ni­veaux. Cer­tains pré­exis­taient à la ré­no­va­tion, d’autres ont été créés consé­cu­ti­ve­ment à l’ou­ver­ture de nou­velles cir­cu­la­tions entre dif­fé­rents bâ­tis au­tre­fois sé­pa­rés de la mai­son.

2.

Mo­derne, cette cui­sine Leicht joue sur les codes de la ferme avec sa grande table de re­pas. Plan de tra­vail en quartz de chez Si­les­tone, fa­çade en acry­lique blanc brillant, table de re­pas en stra­ti­fié struc­tu­ré co­lo­ris chêne an­tique. Cui­sine Leicht, à Bi­dard.

1.

Pas de lo­rio, mais un vaste auvent abri­té par une gé­né­reuse avan­cée de toi­ture. Les par­ties non chau­lées per­mettent de dé­cou­vrir le ma­té­riau prin­ci­pal de construc­tion : des moel­lons de pierre pré­le­vés dans les champs en­vi­ron­nants.

2.

Si­tuée dans les an­ciens gre­niers, cette chambre pro­fite de beaux vo­lumes. L’ou­ver­ture d’une grande fe­nêtre dans le toit lui per­met, par ailleurs, de bé­né­fi­cier d’une abon­dante lu­mière zé­ni­thale. Là en­core, les par­tis-pris contem­po­rains su­bliment l’ar­chi­tec­ture an­cienne, avec, no­tam­ment, une salle de bains ou­verte sur la chambre. Le tout est do­té d’un mo­bi­lier ul­tra­de­si­gn.

1.

Si­tuée dans la mai­son prin­ci­pale, ce sa­lon oc­cupe un vo­lume gé­né­reux qui pré­exis­tait à la ré­no­va­tion. Ses ma­té­riaux, pierre, bois et chaux sont éga­le­ment d’ori­gine. En re­vanche, le sol en pierre est une créa­tion. Elle a per­mis d’in­tro­duire dans la mai­son un chauf­fage per­for­mant par le sol, ali­men­té en géothermie.

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