Se bai­gner dans l’eau pure

Maison et Travaux - - Jardin - Par Bé­né­dicte Bou­das­sou.

Le na­tu­rel re­prend ses droits, même dans le sec­teur des plai­sirs de l’eau au jar­din. La bai­gnade éco­lo­gique, avec ou sans plantes, par­ti­cipe à cette ten­dance et fait des heu­reux !

Dans les pays du nord de l’Eu­rope, na­ture et jar­din sont souvent as­so­ciés. Il est donc na­tu­rel de se bai­gner dans les lacs, étangs et ri­vières, en­tou­rés de plantes et d’ani­maux aqua­tiques. Ce qui, trans­po­sé au jar­din, a lan­cé la vogue des bai­gnades éco­lo­giques, une ten­dance res­pec­tueuse de l’en­vi­ron­ne­ment et une phi­lo­so­phie de jar­dins tour­née vers la créa­tion d’un éco­sys­tème au­to­nome. À la dif­fé­rence de la pis­cine tra­di­tion­nelle, la bai­gnade éco­lo­gique ne fait ap­pel à au­cun trai­te­ment chi­mique et n’en­gendre au­cune pol­lu­tion. L’eau, fil­trée de fa­çon na­tu­relle, peut être uti­li­sée pour l’ar­ro­sage des autres plantes du jar­din.

Avan­tages et in­con­vé­nients

Agréable en toutes sai­sons grâce à son in­té­gra­tion to­tale dans le jar­din, cette bai­gnade est, en réa­li­té, un pay­sage à elle seule quand elle com­porte un es­pace de la­gu­nage. C’est ce qui fait son at­trait pour la plu­part des par­ti­cu­liers qui se lancent dans le pro­jet. Mais il faut sa­voir que cet éco­sys­tème re­créé com­porte des avan­tages et des in­con­vé­nients. Les plantes forment, en ef­fet, un jar­din aqua­tique dont on pro­fite à la belle sai­son. Ce­pen­dant, elles de­mandent un en­tre­tien, au mi­ni­mum an­nuel. Par ailleurs, la pe­tite faune aqua­tique ne se prive pas, non plus, d’ac­cou­rir pour pro­fi­ter de l’eau et des plantes. Gre­nouilles, li­bel­lules, sa­la­mandres, ca­nards sau­vages et oi­seaux viennent ani­mer les lieux, qu’on le veuille ou non, ain­si que des in­sectes di­vers qui servent de nour­ri­ture à cette pe­tite faune. Il faut alors ac­cep­ter de cô­toyer cette na­ture vi­vante au mo­ment de la bai­gnade. On doit aus­si te­nir compte de la couleur de l’eau. Un in­con­vé­nient pour ceux qui s’ima­ginent na­ger dans une eau cris­tal­line. En ef­fet, la fil­tra­tion sans pro­duits chi­miques n’em­pêche pas quelques algues de se dé­ve­lop­per. L’eau est par­fois tein­tée de vert.En­fin, il faut un es­pace as­sez im­por­tant pour créer une zone de bai­gnade et une zone plan­tée qui filtre et ré­gé­nère l’eau. Mais, au­jourd’hui, il est pos­sible de créer une bai­gnade éco­lo­gique sans la­gu­nage, donc dans un es­pace res­treint, grâce à des sys­tèmes de fil­tra­tion com­pacts. La zone plan­tée dis­pa­raît alors ou se ré­duit et de­vient seule­ment dé­co­ra­tive.

Quel coût pour une bai­gnade na­tu­relle ?

Le coût fi­nal d’une bai­gnade dé­pend du choix du sys­tème pri­vi­lé­gié, avec ou sans la­gu­nage, et de l’es­pace sou­hai­té pour la bai­gnade. Un pe­tit étang de bai­gnade sur bâche de 40 m² plus 40 m² de zone plan­tée et 20 m² de ta­lu­tage re­vient au mi­ni­mum à 30 000 eu­ros, voire 35 000. Avec une construc­tion en élé­ments mo­du­laires, le prix est un peu plus éle­vé. Le plus oné­reux se­ra la construc­tion bé­ton qui, pour 40 à 50 m² de bai­gnade, os­cille entre 50 OOO et 55 000 eu­ros. Pour une bai­gnade éco­lo­gique de grande di­men­sion, en­tou­rée d’une

De l’eau fraîche ou chauf­fée ? La sé­cu­ri­té en ques­tion vaste zone de plan­ta­tions ter­mi­née par des plages le prix grimpe très vite, souvent entre 60 000 et 100 000 eu­ros, car il prend en compte la su­per­fi­cie to­tale à amé­na­ger. Si le choix se porte sur un sys­tème sans la­gu­nage, à base d’élé­ments mo­du­laires ou en bé­ton, le coût se­ra lié à la seule su­per­fi­cie de l’es­pace de bai­gnade, en y ajou­tant le prix de la fil­tra­tion bio­lo­gique com­pacte. C’est un peu moins cher, mais il reste éle­vé quand on sou­haite un bas­sin de nage de belle taille, et une in­té­gra­tion réus­sie dans l’en­vi­ron­ne­ment pay­sa­gé. Sous nos cli­mats, chauf­fer sa pis­cine per­met de dou­bler sa pé­riode d’uti­li­sa­tion. Dans une bai­gnade na­tu­relle, la tem­pé­ra­ture n’est pas celle d’un étang ou d’une ri­vière. L’eau ne se re­nou­vèle pas comme dans les ri­vières et, dans une pro­fon­deur d’eau peu im­por­tante – de l’ordre de 1,10 m –, le so­leil en ré­chauffe une bonne par­tie. Le chauf­fage est pos­sible sans qu’il n’y ait de sou­ci pour les plan­ta­tions. Il se­ra plus coû­teux que pour une pis­cine, car l’échange ther­mique avec l’ex­té­rieur se­ra plus grand, mais ai­de­ra à conser­ver une tem­pé­ra­ture si­tuée entre 20 et 25 °C. Les bai­gnades sans la­gu­nage, pro­té­gées le soir par une cou­ver­ture, se­ront les plus fa­ciles à chauf­fer sans sur­coût. Les règles de sé­cu­ri­té ap­pli­quées aux piscines peuvent éga­le­ment s’ap­pli­quer aux bai­gnades na­tu­relles, quand celles-ci sont ins­tal­lées près de la mai­son et sans la­gu­nage. On peut en­tou­rer l ’es­pace bai­gnade avec une bar­rière, ou en­core po­ser un sys­tème d’alarme, une cou­ver­ture ou un abri pis­cine. Le plus com­pli­qué reste de sé­cu­ri­ser la bai­gnade na­tu­relle plan­tée, car, même si la pro­fon­deur d’eau est faible dans la zone de ré­gé­né­ra­tion, elle consti­tue un risque pour les en­fants en bas-âge. La pose d’une alarme est im­pos­sible en rai­son de la pré­sence de la faune aqua­tique et des plantes. La lé­gis­la­tion ne pré­voit pas en­core de règles pré­cises, mais il est conseillé de ne ja­mais lais­ser les jeunes en­fants sans sur­veillance aux abords de la bai­gnade. On peut, en plus, leur faire por­ter un bra­ce­let d’alarme. Leur ap­prendre très tôt à na­ger ré­duit aus­si les risques

BIOTOP.

Cette bai­gnade com­prend une large zone de ré­gé­né­ra­tion plan­tée pour s’in­té­grer par­fai­te­ment au pay­sage en­vi­ron­nant. Le bas­sin de bai­gnade est dans le pro­lon­ge­ment du deck en bois. Bai­gnade avec la­gu­nage.

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Dans un jar­din de ville, le bas­sin de la­gu­nage peut, en par­tie, être mas­qué par une ter­rasse bois bor­dant la bai­gnade, qui elle, pro­fite d’un vo­let de cou­ver­ture. Le tout s’ins­talle dans 25 m².

La re­con­ver­sion d’une pis­cine tra­di­tion­nelle en bai­gnade na­tu­relle se­lon le pro­cé­dé Li­ving Pool prend peu de place car la fil­tra­tion se si­tue dans deux fosses joux­tant le bas­sin de nage. BIONOVA. BIOTOP.

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