LES MURS DE PIERRES, D’HIER À AU­JOURD’HUI

Maison et Travaux - - Aménager / La Pierre Calcaire -

Jus­qu’au dé­but du XXe siècle, les mai­sons étaient construites avec la pierre lo­cale. Et sui­vant le lieu d’ex­trac­tion et le banc, elles pos­sèdent des ca­rac­té­ris­tiques dif­fé­rentes. Cer­taines sont très ré­sis­tantes, d’autres sont gé­lives ; les unes se tra­vaillent fa­ci­le­ment, les autres éclatent sous le pic. Avec une connais­sance trans­mise de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion, les ma­çons sa­vaient uti­li­ser cha­cune se­lon ses pro­prié­tés.

Les ap­pa­reillages en moel­lons

La vo­lon­té de lais­ser ap­pa­raître les pierres de la fa­çade a fait naître une vé­ri­table confu­sion de style, d’époque et de fonc­tion du bâ­ti. Au­tre­fois, seuls les com­muns, les bâ­ti­ments agri­coles et les clô­tures pré­sen­taient des murs en moel­lons ap­pa­rents. Cette tech­nique naît dans les régions où les pierres sont dures et ré­gu­lières, et peuvent être mon­tées à sec. Les moel­lons plus ir­ré­gu­liers étaient po­sés sur un lit de mor­tier fait de sable et de terre ar­gi­leuse. Le join­toie­ment était in­dis­pen­sable, moins pour pro­té­ger les moel­lons que pour pré­ser­ver le mor­tier. Se­lon la na­ture du moel­lon, le join­toie­ment est plus ou moins re­cou­vrant. Pour un cal­caire dur, le mor­tier re­couvre le joint jus­qu’à af­fleu­rer le pa­re­ment des pierres qui, seul, reste ap­pa­rent. Quand la pierre est tendre et gé­live, le mor­tier vient re­cou­vrir l’en­semble de la ma­çon­ne­rie comme un voile ten­du entre les pierres d’en­ca­dre­ment, pour ne lais­ser trans­pa­raître qu’un vague re­lief. Il faut sa­voir que le joint creux fa­vo­rise la pé­né­tra­tion de l’eau dans la pierre et offre un re­lief sur le­quel s’ac­cu­mule la pous­sière. Produit noble de la car­rière, la pierre de taille se pré­sente sous forme de gros blocs ré­gu­liers dont au moins une des faces est uti­li­sée en pa­re­ment. Bien ap­pa­reillées et po­sées se­lon leurs lits, les pierres de taille sou­li­gnées de joints très fins com­posent les fa­çades des édi­fices nobles, voire de mo­destes mai­sons ru­rales. Les pierres les plus dures servent en prio­ri­té aux sou­bas­se­ments, aux en­ca­dre­ments des baies, aux har­pages des angles, aux chaî­nages des murs et à tous les élé­ments en saillie ●

PIERRE MUREUSE DE BOUR­GOGNE.

2 2. Ce coin re­pas ex­té­rieur est construit de fa­çon tra­di­tion­nelle. Ses murs ocre jaune sont mon­tés en moel­lons dont la hau­teur d’as­sise est de 10 à 14 cm. Existe aus­si en pierre à mu­ret, hau­teur d’as­sise de 6 à 9 cm.

AS­SO­CIA­TION PIERRE DE BOUR­GOGNE.

1 1. Cette jo­lie lu­carne a été réa­li­sée se­lon un mo­dèle an­cien. Elle peut avoir été réa­li­sée par un sculp­teur ou avoir été taillée au la­ser. Pierre du Ni­ver­nais (Gar­chy Mal­vaux).

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