COM­PRENDRE ET RES­TAU­RER

Maison et Travaux - - Aménager / La Pierre Calcaire -

Avec le temps, les pierres cal­caires ac­croissent leur ré­sis­tance en se pro­té­geant d’une fine couche de car­bo­nate de cal­cium, le cal­cin. En s’épais­sis­sant au fil des an­nées, il donne aux pierres leur pa­tine. L’en­le­ver re­vient à « écor­cher à vif le ma­té­riau » en sup­pri­mant une dé­fense na­tu­relle. Le cal­cin parti, la pierre de­vient fra­gile et plus gra­nu­leuse, elle se sa­lit plus vite. Les dé­gra­da­tions peuvent être dues à un ra­va­le­ment trop agres­sif ou à l’eau de ruis­sel­le­ment. En pré­sence de re­mon­tées ca­pil­laires ou de joints faits avec un mor­tier riche en ci­ment, les pierres tendres ap­pa­raissent anor­ma­le­ment usées et de­viennent pul­vé­ru­lentes, etc. L’étude ef­fec­tuée par un pro­fes­sion­nel per­met de choi­sir les so­lu­tions adap­tées aux qua­li­tés des pierres mises en oeuvre. Une dé­marche in­dis­pen­sable pour évi­ter des er­reurs qui dé­trui­raient l’har­mo­nie de la construc­tion et ris­que­raient aus­si de mettre en pé­ril sa lon­gé­vi­té. Lorsque les pierres sont trop dé­gra­dées, on ne peut que les rem­pla­cer à l’iden­tique. Si les dé­gra­da­tions sont plus ponc­tuelles, la tech­nique de l’in­crus­ta­tion consiste à rem­pla­cer toute ou par­tie de la pierre ma­lade.

Pro­té­ger les pierres tendres

On peut aus­si avoir re­cours au ra­gréage à l’aide d’un mor­tier qui imite la pierre na­tu­relle et per­met le re­mo­de­lage des zones dé­té­rio­rées. Par­mi les pré­pa­ra­tions prêtes à l’em­ploi, les mor­tiers à base de chaux et de liants hy­drau­liques ont un meilleur com­por­te­ment mé­ca­nique que ceux à base de ré­sine. Dans un cer­tain nombre de cas, la pose d’une ar­ma­ture in­oxy­dable pré­cède l’ap­pli­ca­tion du mor­tier.

Les pro­duits de mi­né­ra­li­sa­tion cherchent à dur­cir et à conso­li­der la pierre, tout en di­mi­nuant sa po­ro­si­té. Ils per­mettent éga­le­ment d’évi­ter le rem­pla­ce­ment des pierres peu at­teintes en re­cons­ti­tuant un liant na­tu­rel. Lorsque la pré­sence de sul­fin (pel­li­cule noire et dure dont la for­ma­tion as­phyxie la pierre) oblige à mettre en oeuvre des pro­cé­dés de ra­va­le­ment abra­sifs qui laissent la pierre à nu, les conso­li­dants re­don­ne­ront une couche pro­tec­trice proche du cal­cin. Quant aux hy­dro­fuges, ils aident la pierre à s’au­to­net­toyer en ren­dant sa sur­face im­per­méable à l’eau de pluie. Trans­pa­rents et stables aux UV, ils doivent aus­si être per­méables à la va­peur d’eau pour lais­ser « res­pi­rer » le ma­té­riau. Ils s’ap­pliquent sur les sur­faces ver­ti­cales, mais sont dé­con­seillés en par­ties ho­ri­zon­tales et sur les pierres su­bis­sant des re­mon­tées d’hu­mi­di­té, car le film hy­dro­fuge ré­duit l’éva­po­ra­tion ca­pillaire ●

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