LE CHAUFFE-EAU MO­DERNE ET PER­FOR­MANT

Maison et Travaux - - Sommaire - Par Cé­dric Ro­gnon.

Élec­trique, ther­mo­dy­na­mique ou plus ra­re­ment à gaz, le chauffe-eau se ré­vèle l’équi­pe­ment in­dis­pen­sable de notre confort sa­ni­taire. Les mo­dèles élec­triques bou­le­versent les codes du de­si­gn et gagnent en per­for­mances et confort d’uti­li­sa­tion. Mais le chauffe-eau ther­mo­dy­na­mique reste une va­leur sûre pour al­lé­ger sa fac­ture.

Chauffe-eau so­laire ex­cep­té, il existe trois types de pré­pa­ra­teurs d’eau chaude in­dé­pen­dants : élec­trique, ther­mo­dy­na­mique ou gaz. Le chauffe-eau élec­trique, ou cu­mu­lus, fonc­tionne sur le prin­cipe de l’ac­cu­mu­la­tion. Une ré­sis­tance élec­trique est plon­gée dans le bal­lon de sto­ckage pour chauf­fer l’eau. Le chauffe-eau ther­mo­dy­na­mique uti­lise une pompe à cha­leur qui trans­fère les ca­lo­ries de l’air à l’eau du bal­lon sa­ni­taire. Une ré­sis­tance élec­trique as­sure par­fois l’ap­point. On trouve aus­si sur le mar­ché quelques rares chauffe-eau à gaz, né­ces­si­tant l’éva­cua­tion des fu­mées de com­bus­tion. L’ar­bi­trage entre ces dif­fé­rents pro­duits dé­pend, bien sûr, des be­soins. Nous en avons ré­per­to­rié huit en cher­chant pour cha­cun à vous don­ner les bonnes clés de com­pré­hen­sion.

1 Le chauffe-eau qui s’in­tègre dans mon es­pace à vivre

Le chauffe-eau a long­temps été un pa­rent pauvre du de­si­gn, re­lé­gué dans un pla­card ou dis­gra­cieu­se­ment sus­pen­du dans la salle de bains ou la cui­sine. Les in­dus­triels ont re­vi­si­té les codes du de­si­gn et conçu des pro­duits, prin­ci­pa­le­ment élec­triques, plus fa­ciles à ma­rier dans la dé­co. À cô­té des tra­di­tion­nels cu­mu­lus cy­lin­driques, on trouve dé­sor­mais des mo­dèles au for­mat car­ré, dont la faible épais­seur fa­ci­lite l’in­té­gra­tion. La cou­leur a aus­si fait son ap­pa­ri­tion, avec des ha­billages noirs, une des ten­dances ac­tuelles de la dé­co, ou gris, des ef­fets mats ou la­qués, l’uti­li­sa­tion de ma­té­riaux comme l’alu­mi­nium bros­sé... Le de­si­gn des bal­lons ther­mo­dy­na­miques est moins flat­teur, mais ces pro­duits ont, pour la plu­part d’entre eux, vo­ca­tion à être ins­tal­lés hors du vo­lume chauf­fé.

2 Une ca­pa­ci­té adap­tée aux be­soins de ma tri­bu

Le di­men­sion­ne­ment d’un chauffe-eau s’éta­blit en fonc­tion de plu­sieurs cri­tères : nombre de points de pui­sage et d’oc­cu­pants, mais aus­si ha­bi­tudes de consom­ma­tion. Un foyer de quatre à cinq per­sonnes consomme en moyenne 200 L d’eau par jour. Mais la quan­ti­té d’eau chaude né­ces­saire pour une douche, en moyenne 40 L d’eau à 40 °C (10 L/min pen­dant quatre mi­nutes), ne se­ra pas la même que pour un bain (100 L) ! Le cri­tère à prendre en compte est la quan­ti­té d’eau chaude dis­po­nible à 40 °C, ren­sei­gné par le co­ef­fi­cient V40. Le bal­lon ther­mo­dy­na­mique Pa­gos, de Sau­ter,

par exemple, af­fiche une conte­nance de 270 L, mais est ca­pable de four­nir 336 L d’eau à 40 °C. Les chauffe-eau ther­mo­dy­na­miques pré­sentent tra­di­tion­nel­le­ment un plus gros vo­lume de sto­ckage (200 L et plus), adap­té aux foyers de trois à six per­sonnes. Des mo­dèles de plus faible ca­pa­ci­té (100 L chez Atlantic, par exemple) com­mencent juste d’ap­pa­raître sur le mar­ché. Du cô­té des chauffe-eau élec­triques, la gamme est très large. On trouve même des pro­duits de pe­tite ca­pa­ci­té (15 à 30 L) pour ali­men­ter un point d’eau iso­lé.

3 De l’eau chaude tou­jours dis­po­nible

Qui dit ac­cu­mu­la­tion dit temps de ré­chauf­fage une fois l’eau chaude du bal­lon sou­ti­rée. Pour prendre à nou­veau une douche, il faut at­tendre moins long­temps avec un bal­lon élec­trique qu’avec un mo­dèle ther­mo­dy­na­mique. Pour le mo­dèle élec­trique Li­néo, d’Atlantic, comp­tez 2 h 28. Le pas­sage en mode boost, pro­po­sé sur de nom­breux mo­dèles, réduit l’at­tente (moins de 1 h 30 pour le CESL de De Die­trich). Pour un chauffe-eau ther­mo­dy­na­mique, il faut plu­sieurs heures (7 h 27 pour le Ca­lyp­so d’Atlantic). L’uti­li­sa­tion du boost per­met d’al­ler plus vite, mais au dé­tri­ment du fonc­tion­ne­ment en pompe à cha­leur. Chez Mit­su­bi­shi Elec­tric, l’eau chaude est pro­duite si­mul­ta­né­ment par la pompe à cha­leur et la ré­sis­tance élec­trique en ap­point. Tout dé­pend aus­si de la concep­tion de la pompe à cha­leur. Les mo­dèles split sont ré­pu­tés plus ra­pides pour ré­chauf­fer l’eau (3 h 15 pour les 190 L du Yu­tam­po 2 d’Hi­ta­chi).

4 Al­lé­ger ma fac­ture d’eau chaude

Clas­sé A ou A+, le bal­lon ther­mo­dy­na­mique consomme moins d’élec­tri­ci­té qu’un chauffe-eau élec­trique, clas­sé B ou C. Il four­nit jus­qu’à 70 % d’éner­gie gra­tuite. Pour ré­duire la fac­ture d’un chauffe-eau élec­trique, le choix d’un mo­dèle in­tel­li­gent avec fonc­tion au­toap­pren­tis­sage est un le­vier in­té­res­sant. Le chauffe-eau ana­lyse et mé­mo­rise alors les ha­bi­tudes de consom­ma­tion pour adap­ter la pro­duc­tion. Le confort est op­ti­mi­sé par l’an­ti­ci­pa­tion de vos be­soins et les consom­ma­tions élec­triques ré­duites de 10 à 15 %. Si­non, les ap­pa­reils sont pro­gram­mables pour ne chauf­fer que la quan­ti­té d’eau né­ces­saire tout au long de la jour­née et des jours de la se­maine.

Le bal­lon ther­mo­dy­na­mique consomme moins

5 Un chauffe-eau éco­no­mique à l’achat

Un bal­lon ther­mo­dy­na­mique coûte en moyenne quatre fois plus cher qu’un mo­dèle élec­trique. Mais il bé­né­fi­cie en re­vanche d’un cré­dit d’im­pôt de 30 % jus­qu’à la fin 2018. Condi­tions à rem­plir : que l’ef­fi­ca­ci­té éner­gé­tique (cri­tère qui va peu à peu rem­pla­cer le COP) soit su­pé­rieure ou égale à 95 % pour un pro­fil de sou­ti­rage M, 100 % pour un pro­fil L et 110 % pour un pro­fil XL.

6 Une ins­tal­la­tion simple et sans gros travaux

Le chauffe-eau élec­trique s’ins­talle fa­ci­le­ment en rem­pla­ce­ment d’un an­cien cu­mu­lus. L’im­plan­ta­tion ver­ti­cale est la plus cou­rante, mais il est aus­si pos­sible de le pla­cer à l’ho­ri­zon­tale ou au sol. Ce­la peut être l’oc­ca­sion de re­pen­ser l’or­ga­ni­sa­tion d’un es­pace pour ga­gner de la place. Si on opte pour un chauffe-eau ther­mo­dy­na­mique, le choix d’un mo­dèle mo­no­bloc sur air am­biant est le plus simple d’ins­tal­la­tion. Mais il faut im­pé­ra­ti­ve­ment le pla­cer dans un es­pace non chauf­fé (buan­de­rie, ga­rage...) d’au moins 20 m3, bien iso­lé pho­ni­que­ment. Une éva­cua­tion des

conden­sats est à pré­voir. Le chauffe-eau peut aus­si être gai­né pour fonc­tion­ner sur air ex­té­rieur en per­çant le mur de fa­çade. Une so­lu­tion qui se dé­ve­loppe : le chauffe-eau split, où le bal­lon de sto­ckage est dis­so­cié de la pompe à cha­leur. Le bal­lon s’ins­talle dans le vo­lume chauf­fé, sans nui­sance so­nore, tan­dis que la pompe à cha­leur est po­si­tion­née à l’ex­té­rieur de la mai­son. Il faut pré­voir le pas­sage des liai­sons fri­go­ri­fiques.

7 Une in­ter­face er­go­no­mique et un pi­lo­tage à dis­tance

Les ap­pa­reils ré­cents pos­sèdent une in­ter­face di­gi­tale convi­viale, avec plu­sieurs modes de ré­gu­la­tion, et ren­seignent la quan­ti­té d’eau chaude ou le nombre de douches dis­po­nible. Les plus per­for­mants, avec fonc­tion au­toap­pren­tis­sage, sont au­to­nomes et ne né­ces­sitent au­cun ré­glage. Les mo­dèles connec­tés offrent, par ailleurs, un pi­lo­tage à dis­tance via smart­phone ou ta­blette, par exemple pour suivre sa consom­ma­tion ou dé­clen­cher le mode boost.

8 Un pro­duit pé­renne

La lon­gé­vi­té d’un chauffe-eau va­rie de 12 à 20 ans. Tout dé­pend de la qua­li­té du pro­duit et des ca­rac­té­ris­tiques de l’eau. La ré­sis­tance élec­trique blin­dée en acier in­oxy­dable est uti­li­sée en en­trée de gamme. Le choix d’une ré­sis­tance stéa­tite in­sé­rée dans un four­reau as­sure une pro­tec­tion contre le cal­caire. La cuve est gé­né­ra­le­ment en acier émaillé. Une pro­tec­tion contre la cor­ro­sion est à pré­voir, par une anode en ma­gné­sium (à rem­pla­cer en moyenne tous les deux ans) ou en ti­tane à cou­rant im­po­sé (pro­tec­tion élec­tro­nique, sans consom­mable). Pour bien choi­sir, il est aus­si utile de com­pa­rer la du­rée de ga­ran­tie de la cuve, des pièces et, pour le bal­lon ther­mo­dy­na­mique, du com­pres­seur ●

Des in­ter­faces convi­viales pour pi­lo­ter à dis­tance

ARISTON.

Raf­fi­ne­ment du noir pour ce chauffe-eau élec­trique ul­tra­plat (27 cm), der­nier-né de la gamme Ve­lis. Fixa­tion à l’ho­ri­zon­tale ou à la ver­ti­cale. Ana­lyse de la consom­ma­tion quo­ti­dienne pour ne ré­chauf­fer que le vo­lume d’eau né­ces­saire. 80 L. 550 € TTC. Ve­lis Evo Plus Black.

SAU­TER.

1 et 2. Ce chauffe-eau élec­trique ex­tra­plat (moins de 30 cm, pho­to 2) s’adapte aux fixa­tions de votre an­cien ap­pa­reil (pho­to 1).Il s’ins­talle à la ver­ti­cale comme à l’ho­ri­zon­tale. Fonc­tion­ne­ment au­to­nome ne né­ces­si­tant au­cun ré­glage. Af­fi­chage de la quan­ti­té d’eau chaude dis­po­nible. 450 € TTC (65 L),485 € TTC (80 L). Guel­ma. 1

1

THERMOR.

Chauffe-eau élec­trique connec­té à se­miac­cu­mu­la­tion. Plu­sieurs chauffes pos­sibles dans la jour­née dès que né­ces­saire. For­mat ex­tra­plat. Com­mande di­gi­tale. Mode ma­nuel, au­to ou ab­sence. Af­fi­chage eau chaude dis­po­nible. Boost. Pro­tec­tion contre le cal­caire et la cor­ro­sion. Blanc ou sil­ver. 40 à 120 L. À par­tir de 469 € HT. Ma­li­cio.

DAIKIN.

Chauffe-eau ther­mo­dy­na­mique connec­té com­po­sé d’une uni­té ex­té­rieure (pompe à cha­leur) et in­té­rieure (bal­lon). Sa par­ti­cu­la­ri­té est la pro­duc­tion d’eau chaude se­mi-ins­tan­ta­née pour un fonc­tion­ne­ment en­core plus éco­no­mique. 200 L (quatre per­sonnes) ou 260 L (six per­sonnes). Rac­cor­de­ment pos­sible à des pan­neaux so­laires. À par­tir de 2 100 € HT. ECH O.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.