Une nor­mande pur jus

Maisons Normandie - - Sommaire - Re­por­tage : M.a.ben­ja­min – Pho­tos : Ré­mi Hondier.

Pour des rai­sons pro­fes­sion­nelles, ils recherchaient une ré­si­dence dans les en­vi­rons de Sen­lis. Mais, las­sés de ne rien trou­ver à leur conve­nance, ils com­men­cèrent à re­gar­der du cô­té de la Nor­man­die et, sans coup fé­rir, dé­ni­chèrent la mai­son qu'il leur fal­lait. Une belle en­dor­mie qu'ils ont res­sus­ci­tée avec brio !

Des biens, de belles bâ­tisses à re­ma­nier aus­si bien que des mai­sons qu'il fal­lait en­tiè­re­ment ré­ha­bi­li­ter, ils en ont vi­si­tées plé­thore : quelque cent cin­quante en réa­li­té ! Une vraie li­ta­nie qui avait fi­ni par les déses­pé­rer, lorsque la pro­prié­taire se rap­pe­la fort op­por­tu­né­ment ses at­taches nor­mandes à la fa­veur d'une réunion de fa­mille. C'était en 1998 et c'est dans la val­lée de l'eure qu'ils vivent au­jourd'hui, un fief de la pure mai­son nor­mande qui re­gorge tou­jours de sé­millantes de­meures à pans de bois et qui pré­sente l'in­con­tes­table avan­tage d'être à une heure de Pa­ris. Un dé­pay­se­ment to­tal et une proxi­mi­té avec la ca­pi­tale qui rend tou­jours cette ré­gion très at­trac­tive. L'ha­bi­ta­tion qui al­lait de­ve­nir la leur, ce­pen­dant, ne pos­sé­dait pas ce ra­vis­sant mi­nois qu'elle ar­bore au­jourd'hui. Loin s'en faut ! À ce point qu'un de leurs amis, connais­seur en ma­tière de ré­no­va­tion leur pré­dit bien du plai­sir : « At­ten­tion où vous met­tez les pieds ! Il va y avoir un gros chan­tier de ré­ha­bi­li­ta­tion… »

Mais elle leur plai­sait et quand on aime, on ne compte ni son temps ni son ar­gent… En­fin, presque ! La mai­son qu'ils trou­vèrent avait été construite sur l'em­pla­ce­ment d'un an­cien ma­noir dé­pen­dant d'une ab­baye, édi­fié au XIIE siècle Le ma­noir avait dis­pa­ru de­puis des lustres quand s'éle­va la bâ­tisse da­tant du XVIIIE. C'est une struc­ture ma­çon­née sur des sou­bas­se­ments en si­lex avec des chai­nages brique et pierre et un étage en co­lom­bages et tor­chis. Quand ils ar­ri­vèrent, ils dé­cou­vrirent que la sole - une pièce de bois ho­ri­zon­tale de dix-sept mètres dont la fonc­tion est de sup­por­ter l'élé­va­tion – avait été re­cou­verte de ci­ment. Le bois ne res­pi­rait plus ! Il fal­lut chan­ger cet élé­ment es­sen­tiel et étayer pen­dant les tra­vaux qui du­rèrent plu­sieurs mois. C'est une équipe de Vi­mou­tiers, com­po­sée d'ar­ti­sans spé­cia­li­sés dans la ré­no­va­tion des ma­noirs au­ge­rons, qui se ren­dit sur place. La toi­ture fut re­faite avec des pe­tites tuiles roses de di­verses teintes, ain­si que les lu­carnes que l'on dé­couvre cô­té fa­çade. Il n'y avait pas que la ré­no­va­tion de la mai­son à en­tre­prendre, il fal­lait aus­si s'oc­cu­per de l'en­vi­ron­ne­ment : il est au­jourd'hui plei­ne­ment va­lo­ri­sé sur vingt et un mille mètres car­rés de jar­dins et de sous-bois.

Le ca­geot de pommes de­vant le seuil, les co­lom­bages du pre­mier étage, les pe­tites tuiles dia­prées et le dis­cret ou­teau entre les lu­carnes aux belles pro­por­tions : la mai­son est jo­li­ment ser­tie dans un écrin de sous-bois et de jar­dins fleu­ris :

nous sommes en Nor­man­die !

Une note de fan­tai­sie dans un uni­vers co­sy et bien­veillant.

Des gouttières en cuivre ne dé­parent pas un édi­fice et sont bien as­sor­ties au monde vé­gé­tal. De­vant la mai­son, les buis al­ternent avec les ro­siers.

La pomme sous toutes ses dé­cli­nai­sons est bien l'em­blème d'une bonne mai­son nor­mande.

Le dé­cor au na­tu­rel : la fa­çade brique et pierre et les fleurs du jar­din

jus­qu'aux portes de la mai­son.

Le conduit de l'an­cienne chau­dière est dé­sor­mais réuti­li­sé pour une che­mi­née d'agré­ment bien cha­leu­reuse pour des flam­bées en été comme en

hi­ver.

Dans l'en­fi­lage du rez-de-chaus­sée se suc­cèdent le sa­lon et la salle à man­ger. Les tom­mettes ont avan­ta­geu­se­ment rem­pla­cé le car­re­lage d'ori­gine des an­nées 70 et sont en har­mo­nie « cam­pagne » avec les po­teaux, poutres et so­lives en chêne mas­sif.

C'est une équipe d'ar­ti­sans spé­cia­li­sés ré­pu­tés pour leur sa­voir-faire qui a conduit les tra­vaux de ré­no­va­tion. Les beaux ma­té­riaux sont mis en va­leur avec les pierres ap­pa­rentes au­tour des ouvertures. Les huis­se­ries à double vi­trage sont neuves.

Au-des­sus d'un meuble de fa­mille, une oeuvre de Na­ta­lia Pla­ma­dea­la.

À l'ori­gine, le sa­lon com­mu­ni­quait di­rec­te­ment avec la salle à man­ger. De part et d'autre de la che­mi­née, les deux es­paces étaient ou­verts. Les pro­prié­taires n'ont lais­sé qu'un pas­sage, com­blant l'autre avec des tui­leaux d'ori­gine, pour don­ner plus d'in­ti­mi­té à cette pièce. Les fau­teuils sont re­cou­verts de lin ache­té « au fil du lin », une bou­tique ins­tal­lée à Saint Martin du Tilleul.

Les combles abritent trois chambres dont celle-ci éclai­rée par une lu­carne très lu­mi­neuse.

Sur le mur, « La femme au pois­son » de Ch­ris­tian Pen­de­lio, l'un des ar­tistes de la place des Vosges dont on re­trouve les oeuvres dans la mai­son.

Dans le cou­loir de l'étage, les meubles sont pa­ti­nés dans des ca­maïeux de gris et de beige tou­jours ac­tuels, une ins­pi­ra­tion que la pro­prié­taire a trou­vée sur le site de Matthieu et Au­drey Char­pen­tier / www.cou­leur­sand­co.com

Som­meil ré­pa­ra­teur entre deux com­modes pa­ti­nées et une housse de couette « pay­sa­gée »…

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