Le temps de l’amour

LA JO­LIE CHAN­SON DE FRAN­ÇOISE HAR­DY, « LE TEMPS DE L’AMOUR », A AC­COM­PA­GNÉ LES AN­NONCES ET LE HA­SH­TAG DU SITE IN­TER­NET DU MA­RIAGE DE CA­MILLE ET XA­VIER, MAIS AUS­SI LES TATTOOS ÉPHÉ­MÈRES ET LA CLÔ­TURE DU BAL. PA­ROLES LÉ­GÈRES ET MU­SIQUE VIN­TAGE, À L’IMAGE DE

Mariages - - Vecu - PAR ANNE CLUZEL, PHO­TOS FELICIA SISCO.

La mai­son adé­quate

La Chey­lane, pro­prié­té des grands-pa­rents du ma­rié, cor­res­pond vrai­ment à l’es­prit vou­lu du ma­riage : bu­co­lique, cha­leu­reux et avec une touche de nos­tal­gie du pas­sé. La pierre ty­pique de la ré­gion d’Aix- en- Pro­vence, la construc­tion mas­sive de la de­meure, son la­voir et sa cha­pelle at­te­nante consti­tuent un en­droit ma­gique pour une telle cé­lé­bra­tion. L’idée d’un ma­riage aux Ba­léares a ef­fleu­ré un ins­tant les ma­riés, car c’est là que Xa­vier a fait sa de­mande. Mais le poids de la tra­di­tion an­ces­trale a vite pris le des­sus. Le 27 août, fa­mille et amis sont at­ten­dus de­vant la cha­pelle, mal­heu­reu­se­ment trop pe­tite pour ac­cueillir tout le monde. Une arche ma­gni­fi­que­ment amé­na­gée der­rière une table nap­pée de blanc, et ser­vant d’au­tel, fait face à deux ran­gées de bancs de bois ins­tal­lés pour les in­vi­tés. L’arche est faite de ca­gettes de bois, em­pi­lées les unes sur les autres et for­mant des éta­gères rem­plies de fleurs. A l’in­té­rieur de cette bi­blio­thèque fic­tive s’épa­nouissent fleurs blanches, feuillage et plantes suc­cu­lentes dans des vases de verre et des pots en cuivre. Ce dé­cor tel­le­ment ori­gi­nal, cham­pêtre mais élé­gant,

ré­pond en tout point au thème du ma­riage. La grande dex­té­ri­té de Vic­toire, de L’Ate­lier de Vik, a mê­lé tous les fils conduc­teurs, cou­leurs et sym­boles pour re­créer une église éphé­mère à ciel ou­vert. Sur chaque banc, des ca­deaux de bien­ve­nue at­tendent les par­ti­ci­pants. Re­te­nus par une fi­celle na­tu­relle, ils se com­posent d’un tote bag écru par­se­mé de tous les sym­boles (blé, ori­ga­mi et plantes grasses), du li­vret de messe re­pré­sen­tant la cha­pelle, et d’un bâ­ton au bout du­quel un long ru­ban si­glé « Le temps de l’amour » s’ac­croche sur une pas­tille im­pri­mée de ces mots : « Se­couez- moi sur la chan­son “Sing Hal­le­lu­jah” à la fin de la cé­ré­mo­nie. » Jo­lie idée à re­te­nir pour rem­pla­cer les sem­pi­ter­nels confet­tis.

La dé­con­trac­tion chic

Pour cette cé­ré­mo­nie où tout se passe au même en­droit, dans cette belle cam­pagne d’Aix-en-Pro­vence, les ma­riés dé­cident de por­ter des te­nues de cir­cons­tance. Ca­mille, qui tra­vaille chez Cha­nel, connaît par­fai­te­ment les robes

et les créa­teurs. « Après avoir fait le tour de toutes les créa­trices qui me font rê­ver, une seule a su s’im­po­ser comme une

vé­ri­table évi­dence », dit-elle. Une robe de Lo­ra­folk, dans sa col­lec­tion cap­sule créée pour Mo­no­prix. Blanche, simple, avec ses plis plats au tom­bé par­fait, le dos est nu mais le dé­col­le­té en V très sage. Den­telles et bro­de­ries com­mu­nient sans sur­char­ger la robe, et Ca­mille y fait ajou­ter des manches. Sa longue et jo­lie che­ve­lure brune est re­te­nue par sa cou­ronne coup de coeur. Vue sur un shoo­ting Laure de Sa­ga­zan, Ca­mille a fait exé­cu­ter la même, ser­tie d’éta­mines blanches, se­lon le sa­voir faire ar­ti- sa­nal de Li­ze­ron, mai­son spé­cia­li­sée dans les ac­ces­soires de têtes sur me­sure. Ain­si vê­tue, telle une ma­done, sur une image pieuse, Ca­mille en­voûte l’as­sem­blée. A ses cô­tés, Xa­vier at­tire aus­si l’at­ten­tion en dan­dy bien ac­tuel. Il s’ima­gine « avec un cos­tume ori­gi­nal mais pas trop ». La cou­leur se­ra vert fon­cé pour col­ler au thème bu­co­lique et l’on joue­ra sur le dé­pa­reillé et les car­reaux. Et main­te­nant, c’est à la mai­son The Fit­ters de jouer ! Le défi est re­le­vé, il s’en­suit un doux ca­maïeu de sable pour le ves­ton avec d’élé­gants pas­se­poils sur les poches du gi­let, rap­pe­lant le vert du pan­ta­lon et du noeud pa­pillon. Le cor­tège d’en­fants s’har­mo­nise à son tour : che­mise blanche, noeud pa­pillon vert, et lu­nettes noires dé­con­trac­tées pour les gar­çons ; robe blanche, bal­le­rines et cein­ture rose pou­drée pour les filles. Le rose étant le code cou­leur qui a été de­man­dé aux té­moins fé­mi­nins. Une cou­ronne de fleurs fraîches blanches orne les têtes de ces pe­tites ou grandes élues, ain­si re­con­nais­sables. A la fin de la cé­ré­mo­nie, les ma­riés dé­posent à l’in­té­rieur de la cha­pelle un bou­quet de gyp­so­phile à la Vierge. Puis, ils en sortent au son de « Sing Hal­le­lu­jah », tra­ver­sant l’al­lée d’in­vi­tés sous les ru­bans vi­re­vol­tants qui s’agitent.

Au­tour du la­voir

De­vant la grande mai­son, un im­mense la­voir, qui a sû­re­ment ser­vi aus­si d’abreu­voir, au­tour du­quel tout un dé­cor est ins­tal­lé. Contre ses mu­rets de pierres vieillies, per­siennes de bois, vases et pots de fleurs blanches, chaise, vo­lière, bi­cy­clette et lan­ternes co­ha­bitent dans un joyeux fouillis par­fai­te­ment maî­tri­sé, grâce au ta­lent de Vic­toire. Non seule­ment ce dé­cor ro­man­tique met en va­leur le lieu, mais sert éga­le­ment de guide aux in­vi­tés. Sur un pan­neau, on peut lire le me­nu, et ac­cro­chées sur des fils, comme du linge éten­du, des feuilles de pa­pier blanc volent au vent. Sur cha­cune d’elles, les noms des tables et des in­vi­tés sont ins­crits. Des noms quelque peu in­so­lites comme « Brow­nin­gia Hert­lin­gia­na », « Mam­mil­la­ria For­mo­sa », ou « Opun­tia Pi­li­fe­ra », qui re­prennent les ap­pel­la­tions de dif­fé­rents cac­tus, as­so­ciés au thème du ma­riage. Ces plantes chères aux ma­riés, pour Ca­mille de­puis son en­fance et pour Xa­vier de­puis ses études de pay­sa­giste. Un cock­tail en plein air, dis­po­sé sur d’an­ciennes tables de bois, pré­cède le re­pas as­sis, au­tour de tables rondes nap­pées, à l’ombre d’une éton­nante tente bam­bou trois mâts. Cette jo­lie concep­tion de Lo­ca­sud, s’in­tègre par­fai­te­ment dans l’es­prit du ma­riage et du lieu.

Le règne de la na­ture

Après un cock­tail va­rié et co­pieux, pré­pa­ré par le trai­teur Foch 2000, où ca­na­pés, ver­rines, lé­gumes frais et char­cu­te­ries, pré­sen­tés dans une am­biance « dé­jeu­ner sur l’herbe », se dis­putent la pri­meur, les convives sont in­vi­tés à un dî­ner as­sis, concoc­té par la même mai­son. Abri­tées sous une tente de toile blanche sou­te­nue par trois mâts cen­traux et des di­zaines de mon­tants en bam­bou aux ex­té­rieurs, les longues nappes blanches des tables af­fleurent l’herbe du jar­din. Les chaises sont en bois na­tu­rel et gar­nies d’un cous­sin blanc. Au centre de chaque table, les roses blanches, les pots de suc­cu­lentes

et de bou­gies ré­af­firment ce ca­maïeu na­ture. Au­cune fausse note, l’har­mo­nie n’est pas rom­pue entre le vert, le blanc et le bois, fils conduc­teurs du ma­riage. La pers­pi­ca­ci­té des convives est mise à l’épreuve, car pour ac­cé­der à sa table, au nom ex­tra­va­gant, il faut être fin bo­ta­niste : sa­voir re­con­naître le nom du pe­tit cac­tus en­cap­su­lé dans un tube trans­pa­rent et po­sé de­vant le verre de cha­cun. Ce ca­deau d’in­vi­té est ac­com­pa­gné d’un mode d’em­ploi afin de con­ser­ver et de faire gran­dir la plante. A la nuit tom­bante, sur le par­quet de danse, ins­tal­lé à l’air libre, Ca­mille lance avec joie son bou­quet de ma­riée. Un ma­riage vi­ve­ment exé­cu­té par la ma­riée elle-même, contente de mettre à pro­fit sa pas­sion et ses connais­sances puis­qu’elle vient d’ou­vrir un site dé­dié à l’uni­vers du ma­riage : Les Pa­pillotes du Bon­heur. Sou­hai­tons-lui bonne chance !

SOUS L’OEIL AT­TEN­TIF DE KÉZIAH, SA PE­TITE FILLEULE, LA MA­RIÉE MET LES DER­NIERS ATOURS DE SA TE­NUE. PO­SÉS SUR LES BANCS DE BOIS, LE CA­DEAU DE BIEN­VE­NUE ET LE LI­VRET DE MESSE RE­PRÉ­SEN­TANT LA CHA­PELLE FA­MI­LIALE AT­TENDENT LES IN­VI­TÉS.

LE KUSUDAMA, BOULE D’ORI­GA­MI, SERT D’ÉCRIN AUX AL­LIANCES : OR BLANC POUR XA­VIER, OR ROSE ET DIA­MANTS POUR CA­MILLE. JOUX­TANT LA CHA­PELLE, UNE BELLE ARCHE TOUTE FLEU­RIE DE BLANC SUR­PLOMBE L’AU­TEL NUPTIAL.

FLEURS BLANCHES, CAC­TUS ET VER­DURE S’ÉPA­NOUISSENT DANS DES POTS EN VERRE, DE YAOURT, DE CONFI­TURE, DE CONSERVE, OU CUIVRÉS. TOUT CE­LA DANS UN JOYEUX FOUILLIS OR­CHES­TRÉ PAR L’ATE­LIER DE VIK. LES COURONNES ASSORTIES PO­SÉES SUR DE LA DEN­TELLE, AT­TENDENT DE COIFFER TÉ­MOINS ET DE­MOI­SELLES D’HON­NEUR.

PEN­DANT QUE LES UNS SE SUSTENTENT DE NOUR­RI­TURE CÉ­LESTE DE­VANT L’AU­TEL, D’AUTRES, COMME BATTISTA, PRÉ­FÈRENT LA NOUR­RI­TURE TERRESTRE, ET LE NEC­TAR DU TONNEAU. TELS DES MOU­CHOIRS SUS­PEN­DUS, LES FEUILLES BLANCHES DU PLAN DE TABLE VOLENT AU VENT.

LA NUIT EST MAIN­TE­NANT TOM­BÉE, COMME LA VESTE DU MA­RIÉ, LES RE­GARDS PÉTILLENT COMME LES BULLES DE CHAM­PAGNE, ET LES NOUVEAUX ÉPOUX TRINQUENT À LEUR BON­HEUR, AU­TOUR D’UN IM­PRES­SION­NANT BUF­FET DE DES­SERTS COM­PO­SÉ D’UNE GRANDE DI­VER­SI­TÉ DE P­TIS­SE­RIES, CRÈMES ET MOUSSES SU­CRÉES.

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