Rites et cou­tumes d’ici et d’ailleurs…

QUE L’ON SOIT CATHOLIQUE, PROTESTANT, ORTHODOXE, MUSULMAN OU JUIF, LE MA­RIAGE EST CONÇU DANS UN CADRE PROPRE À CHAQUE RE­LI­GION. TOUR D’HO­RI­ZON DES US ET COU­TUMES.

Mariages - - PRATIQUE -

Ma­riage catholique Quels sont ses fon­de­ments ?

Les fon­de­ments du ma­riage catholique sont le don de l’un à l’autre, l’amour, la fi­dé­li­té, le sou­tien. On se donne de­vant Dieu et le ma­riage est in­dis­so­luble. Le di­vorce est consi­dé­ré comme une en­torse aux fon­de­ments du ma­riage et nul ne peut se re­ma­rier re­li­gieu­se­ment après un di­vorce (sauf ra­ris­sime ex­cep­tion).

Comment s’y pré­pa­rer ?

On se ma­rie le plus sou­vent dans la pa­roisse de la fu­ture ma­riée, mais un prêtre peut don­ner son ac­cord même si vous ne dé­pen­dez pas de sa pa­roisse. Il est obli­ga­toire de pu­blier des bans dix jours au moins avant la cé­ré­mo­nie. Le dos­sier qui est consti­tué (outre les mo­da­li­tés ad­mi­nis­tra­tives en mai­rie qui concernent tout ma­riage ci­vil) doit être va­li­dé par l’Église, via le prêtre et l’évêque du dio­cèse. Il existe une pré­pa­ra­tion au ma­riage qui se dé­roule en pré­sence du prêtre et sou­vent d’autres couples de fu­turs ma­riés et d’un couple dé­jà ma­rié des­ti­né à « gui­der » les fu­turs époux. C’est au cours de cette pré­pa­ra­tion que l’on choi­sit textes et mu­siques. Vous vous ma­riez le jour de votre choix sauf les di­manches et le Ven­dre­di saint.

À quoi res­semble la cé­ré­mo­nie ?

C’est le prêtre qui re­cueille les consen­te­ments des époux, pro­nonce la bé­né­dic­tion et pro­clame les époux ma­riés de­vant leurs té­moins. En­suite, tous signent le re­gistre. La messe de ma­riage est longue et com­po­sée de plu­sieurs étapes in­con­tour­nables. Une bé­né­dic­tion, plus courte, peut éga­le­ment être choi­sie. En­suite, à cha­cun de l’amé­na­ger avec son prêtre : il y a d’abord un pré­am­bule de rap­pel de la si­gni­fi­ca­tion du ma­riage. Une pre­mière lec­ture, un psaume, un ex­trait de l’Évan­gile, l’échange des consen­te­ments, l’échange et la bé­né­dic­tion des alliances, la prière des époux, la bé­né­dic­tion nup­tiale, l’of­frande, la prière uni­ver­selle, le sanc­tus, l’ana­mnèse, le Notre Père, l’agnus dei, la com­mu­nion, la bé­né­dic­tion fi­nale, la si­gna­ture des re­gistres et la sor­tie de l’église.

Ma­riage protestant Quels sont ses fon­de­ments ?

Ici, le ma­riage n’est pas un sa­cre­ment mais un acte de res­pon­sa­bi­li­tés. Il est moins pro­to­co­laire que le ma­riage catholique et se dé­roule dans une forme de sim­pli­ci­té re­pré­sen­ta­tive de cette re­li­gion. Un pas­teur re­cueille les vo­lon­tés des époux et donne la bé­né­dic­tion.

Comment s’y pré­pa­rer ?

Un mois avant le ma­riage, pre­nez ren­dez-vous avec le pas­teur. On peut se ma­rier n’im­porte quel jour sauf le di­manche. Contrai­re­ment au culte catholique, la re­li­gion pro­tes­tante ac­cepte le di­vorce et au­to­rise un se­cond ma­riage en son temple.

À quoi res­semble la cé­ré­mo­nie ?

Les fu­turs époux signent d’abord un re­gistre avec leurs pa­rents et leurs té­moins. Ils entrent en­suite dans le temple pour une cé­ré­mo­nie simple et brève, faite de lec­tures de textes saints, de prières, et en­fin du consen­te­ment mu­tuel.

Ma­riage orthodoxe Quels sont ses fon­de­ments ?

Le ma­riage orthodoxe est fon­dé sur la com­mu­nion de vie et la res­pon­sa­bi­li­té des époux. Il est pro­non­cé par un pope et est in­dis­so­luble comme tout ma­riage chré­tien.

Comment s’y pré­pa­rer ?

C’est le pope qui dé­cide du nombre de ren­contres né­ces­saires avant le ma­riage. Le plus sou­vent, deux ou trois ren­contres sont pré­vues.

À quoi res­semble la cé­ré­mo­nie ?

La cé­ré­mo­nie orthodoxe est sou­vent fas­tueuse. À l’op­po­sé dans son ap­pa­rence du temple protestant, l’église orthodoxe brille et scin­tille. La cé­ré­mo­nie com­mence par l’of­fice des fiançailles, cé­lé­brées au fond de l’église. C’est à ce mo­ment que les an­neaux sont échan­gés. Le pope con­duit les jeunes gens jus­qu’à l’au­tel et pro­cède à leur « cou­ron­ne­ment ». Ce­lui-ci est fait en mé­moire des mar­tyrs et des té­moins des souf­frances du Ch­rist. Deux textes du Nou­veau Tes­ta­ment sont lus, puis la coupe est par­ta­gée. La tra­di­tion veut qu’au­cune goutte ne soit ren­ver­sée sous peine de mau­vais pré­sage. Les ma­riés ac­com­pa­gnés de leurs té­moins font trois fois le tour du lu­trin où sont dis­po­sés les Évan­giles. Cette pro­ces­sion sym­bo­lise l’éter­ni­té de l’en­ga­ge­ment des époux l’un pour l’autre.

Ma­riage musulman Quels sont ses fon­de­ments ?

La base du ma­riage est le libre consen­te­ment des deux époux. Le fu­tur ma­rié doit être musulman, en re­vanche, la femme peut être chré­tienne ou juive. Cette re­li­gion ac­cepte le di­vorce et la po­ly­ga­mie.

Comment s’y pré­pa­rer ?

Les fu­turs époux vont voir l’imam de la mos­quée et de­mandent que la cé­ré­mo­nie soit pro­non­cée à la mos­quée ou au do­mi­cile des pa­rents de la jeune fille. La pré­pa­ra­tion est très res­treinte, contrai­re­ment au ma­riage catholique. Les fa­milles se mettent préa­la­ble­ment d’ac­cord sur la dot que le fu­tur ma­ri pré­voit pour sa femme et qui res­te­ra sa pro­prié­té ex­clu­sive.

À quoi res­semble la cé­ré­mo­nie ?

À la mos­quée ou à la mai­son, le père (le frère ou l’oncle) re­met la jeune fille à son fu­tur époux qui est ac­com­pa­gné de deux té­moins. L’imam lit des ver­sets co­ra­niques et donne les an­neaux aux deux époux de­vant la fa­mille, les té­moins et les amis. Se­lon les na­tio­na­li­tés, di­verses cou­tumes ponc­tuent la cé­ré­mo­nie.

Ma­riage juif Quels sont ses fon­de­ments ?

Le ma­riage is­raé­lite im­plique af­fec­tion, en­tre­tien et pro­tec­tion des époux l’un en­vers l’autre. C’est un rab­bin qui pro­nonce l’union.

Comment s’y pré­pa­rer ?

On choi­sit sa sy­na­gogue et on prend ren­dez-vous avec le rab­bin qui pro­non­ce­ra le ma­riage. La re­li­gion juive in­ter­dit les ma­riages mixtes ; il est donc obli­ga­toire de se conver­tir pour épou­ser un homme ou une femme de cette confes­sion. Pré­voyez six mois pour être prêt. Sa­chez éga­le­ment que vous pou­vez vous ma­rier n’im­porte quel jour sauf le sa­me­di ( c’est le jour sa­cré du shab­bat, les juifs pra­ti­quants doivent res­ter chez eux et mé­di­ter… hors de ques­tion, donc, de son­ger à cé­lé­brer un ma­riage ce jour-là). Pour se pré­pa­rer à cette union, la fu­ture ma­riée ren­contre une femme ma­riée qui va la « for­mer » aux prin­ci­pales cé­ré­mo­nies, à l’édu­ca­tion des en­fants dans la tra­di­tion is­raé­lite, à la ca­ché­ri­sa­tion de la viande, etc. Le sa­me­di qui pré­cède la cé­ré­mo­nie, les fu­turs ma­riés se rendent à la sy­na­gogue, avec leurs pa­rents. C’est là que le rab­bin donne la bé­né­dic­tion di­vine. La veille du ma­riage, la fian­cée prend un bain en pré­sence de ses amies, le mik­vé, qui lui per­met­tra de re­ce­voir, de la part d’une sur­veillante, une forme d’at­tes­ta­tion de pu­ri­fi­ca­tion pour le jour J.

À quoi res­semble la cé­ré­mo­nie ?

Le jour J, les fian­cés ne se voient pas et doivent jeû­ner jus­qu’à la cé­ré­mo­nie. Ils se tiennent sous un dais, qui sym­bo­lise la pro­tec­tion di­vine et l’ar­ri­vée de la femme dans le foyer qu’ils vont consti­tuer en­semble. Tous les in­vi­tés se pré­sentent à la sy­na­gogue tête cou­verte, à l’ex­cep­tion des jeunes filles qui en sont dis­pen­sées. Textes, mu­siques, et chants se dé­roulent pen­dant la cé­ré­mo­nie. En­fin, les époux re­ce­vront leurs alliances, c’est l’homme qui la passe au doigt de sa femme et se la passe en­suite lui-même. C’est alors que la ke­tu­ba, qui rap­pelle les de­voirs de l’époux en­vers sa femme, est lue. Le chant des Sept Bé­né­dic­tions ar­rive, un verre est cas­sé pour rap­pe­ler la fra­gi­li­té du bon­heur de l’être hu­main ain­si que la des­truc­tion du temple de Jé­ru­sa­lem. Les époux re­partent avec la ke­tou­ba. Les ma­riages oe­cu­mé­niques (as­so­ciant plu­sieurs re­li­gions chré­tiennes) sont de plus en plus fré­quents. Dans ce cas, on as­siste à une cé­ré­mo­nie gé­rée par un prêtre et un pas­teur, un prêtre et un pope ou un pope et un pas­teur. Si c’est au temple, c’est le pas­teur qui pré­side, à l’église, c’est le prêtre, et à l’église orthodoxe, le pope.

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