LES DON QUI­CHOTTE DE FRANCHE-COM­TÉ

Elles se dressent, tournent et font par­ler. Elles sym­bo­lisent la “tran­si­tion éner­gé­tique” chère à Sé­go­lène Royal. C’est la nou­velle pomme de dis­corde qui op­pose la “France d’en bas” aux in­dus­triels d’en haut : les éo­liennes et cer­tains pro­mo­teurs qui ne m

Marianne Magazine - - Sommaire - Par Yves Ken­gen

Pour­quoi les pro­mo­teurs ont-ils choi­si une des ré­gions les moins ven­teuses du pays pour ins­tal­ler le plus grand parc éo­lien de France ? Enquête.

Vous sa­vez, la tour Eiffel dé­fi­gure aus­si le Champ-de-Mars ! » Pas peu fier de son bon mot, le maire de Cler­val (Doubs) re­la­ti­vise les dé­gâts au pay­sage qu’oc­ca­sion­ne­ront les sept éo­liennes pré­vues pour sur­mon­ter la col­line dite « Côte d’Ar­mont », vi­sibles et au­dibles de plu­sieurs villages voi­sins – mais pas du sien, au­quel le ter­rain ap­par­tient. Les op­po­sants ? « Il y en a tou­jours qui sont contre ; que ce soit l’au­to­route, les lignes à haute ten­sion ou main­te­nant les éo­liennes. C’est l’Etat qui a dé­ci­dé la tran­si­tion éner­gé­tique. Il faut donc l’ap­pli­quer. Et ici, l’etat, c’est moi. » Rom­pez !

Dans le vil­lage d’An­teuil, de l’autre cô­té de la col­line, on ne dé­co­lère pas. « C’est Cler­val qui va ré­col­ter les avan­tages et nous, les nui­sances », clament les ha­bi­tants, ras­sem­blés au sein d’une as­so­cia­tion ac­ti­viste lo­cale. « Nous ne sommes pas contre l’éo­lien par prin­cipe. La preuve, c’est que pour celles-là, nous n’avons rien dit !, ex­plique leur pré­sident, avi­sant les sept aé­ro­gé­né­ra­teurs qui do­minent l’autre ver­sant de la val­lée. Mais là, on veut nous en­cer­cler avec une nou­velle rampe de mou­lins, à 500 m à peine de nos mai­sons. » Et de dé­non­cer le manque to­tal de concer­ta­tion, d’in­for­ma­tion et de res­pect des condi­tions sa­ni­taires par les in­dus­triels aux com­mandes de ces chan­tiers qui se mul­ti­plient dans la ré­gion, et le mu­tisme étrange des pou­voirs lo­caux lors­qu’il s’agit d’évo­quer les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par les ci­toyens confron­tés au boom éo­lien.

CONFLITS D’IN­TÉ­RÊTS

Il faut dire qu’il y a de quoi s’in­ter­ro­ger de­vant cette pro­li­fé­ra­tion de parcs éo­liens dans ce coin de la France agri­cole où la vache mont­bé­liarde dis­pute la ve­dette à la truite va­ga­bonde. En ef­fet, les cartes du gi­se­ment éo­lien fran­çais in­diquent clai­re­ment que la ré­gion Bour­gogne-Franche-Com­té est l’une des moins ven­teuses du pays. Pour­quoi donc les pro­mo­teurs ont-ils choi­si un mou­choir de poche dans le Doubs pour y construire ce qui consti­tue d’ores et déjà le plus grand parc éo­lien de France ? Mys­tère…

L’exemple du pro­jet « Côte d’Ar­mont » évo­qué ci-des­sus est très re­pré­sen­ta­tif de la façon dont les choses se dé­roulent en France. Le site pro­po­sé fait face à ce­lui des Monts du Lo­mont, déjà abon­dam­ment pour­vus d’éo­liennes. L’étude d’in­ci­dence, préa­lable obli­ga­toire, a été réa­li­sée par une so­cié­té de droit fran­çais, Opale Ener­gies Na­tu­relles. Sur cette base, un per­mis d’ex­ploi­ta­tion a été dé­li­vré à une so­cié­té bri­tan­nique, Ve­lo­ci­ta, qui a man­da­té un pro­mo­teur lo­cal pour por­ter le pro­jet : Opale Ener­gies Na­tu­relles. Comme on se re­trouve !

Re­mon­ter l’ac­tion­na­riat de Ve­lo­ci­ta n’est pas une mince af­faire. Elle a pour ac­tion­naire une so­cié­té en­re­gis­trée dans le pa­ra­dis fis­cal des îles Caï­mans, R/C Eu­rope Wind IP, qui se­rait un ins­tru­ment off­shore du fonds amé­ri­cain Ri­vers­tone, le­quel re­ven­dique la co­pro­prié­té de Ve­lo­ci­ta. Ces braves gens ont été condam­nés, en 2009, à 20 mil­lions de dol­lars d’amende pour cor­rup­tion. Pour cor­ser l’af­faire, Ve­lo­ci­ta vient de vendre tous ses ac­tifs éo­liens fran­çais au chi­nois En­vi­sion Ener­gy. Des ac­tifs no­tam­ment réa­li­sés grâce à l’ar­gent du contri­buable

LE MAR­CHÉ AP­PA­REM­MENT JUTEUX DE L’ÉO­LIENNE EST ABAN­DON­NÉ À DES EN­TRE­PRISES ÉTRAN­GÈRES AUX ACTIONNARIATS OPAQUES.

fran­çais via la CSPE… Dé­ve­lop­pe­ment « du­rable », vrai­ment ? Pour se don­ner une cou­leur lo­cale, la so­cié­té bri­tan­nique Ve­lo­ci­ta consti­tue, en France, des so­cié­tés par ac­tions sim­pli­fiées (SAS) re­liées cha­cune à un pro­jet éo­lien en par­ti­cu­lier. Cu­rieu­se­ment toutes ces so­cié­tés, ain­si que celles, sem­blables, consti­tuées par le groupe allemand Volks­wind, sont do­mi­ci­liées à la même adresse à Stras­bourg, au 20, ave­nue de la Paix, siège du ca­bi­net de con­sul­ting Ma­zars. Il y en a, au to­tal, en­vi­ron 120…

Pour le pro­jet de la Côte d’Ar­mont, Ve­lo­ci­ta table sur l’une de ces so­cié­tés, Ener­gie de la Côte d’Ar­mont SAS, au ca­pi­tal ri­di­cule de 10 000 €. Un mon­tage sem­blable à ce­lui pro­po­sé pour un autre pro­jet dans le Doubs, à proxi­mi­té des Sa­lines royales d’Arc-et-Se­nans. Elle y avait consti­tué la so­cié­té Ener­gie des Deux Val­lées SAS afin de pro­mou­voir un parc éo­lien en vue de ce site clas­sé au Pa­tri­moine mon­dial de l’Unesco. Dif­fi­cile à faire ava­ler à la po­pu­la­tion lo­cale, mais puis­qu’on ne lui de­mande pas son avis… Et puis, Ve­lo­ci­ta et Opale ont des ar­gu­ments : ils font mi­roi­ter la créa­tion d’em­plois et la par­ti­ci­pa­tion des ci­toyens. Avec à la clé, un « bou­quet » de quelques di­zaines de mil­liers d’eu­ros pour les com­munes bien­veillantes… Ça marche au­près des édiles lo­caux, sur­tout si la com­mu­nau­té de com­munes ap­puie.

SI­TUA­TION SUR­PRE­NANTE

Pour­quoi dans ces condi­tions ce mar­ché ap­pa­rem­ment juteux est-il aban­don­né à des en­tre­prises étran­gères aux actionnariats opaques ? Ce ne sont pour­tant pas les so­cié­tés fran­çaises pu­bliques ac­tives dans l’éner­gie et qui manquent : EDF et la CNR, pour ne ci­ter que les deux prin­ci­pales… In­ter­ro­gé avec in­sis­tance en avril der­nier sur cette par­ti­cu­la­ri­té du mar­ché de l’éo­lien, le ca­bi­net de Sé­go­lène Royal ne nous a pas ré­pon­du. Le nou­veau mi­nistre com­pé­tent, Ni­co­las Hu­lot, ne nous a pas ré­pon­du non plus. Pas da­van­tage que la pré­si­dente du con­seil ré­gio­nal de Bour­gogne-Fran­cheC-om­té. Y au­rait-il un ma­laise ?

Il y a d’autres cu­rio­si­tés dans ce mon­tage. Le res­pon­sable du dos­sier chez Opale est un cer­tain Xa­vier De­gois, an­cien conseiller en amé­na­ge­ment du ter­ri­toire et en­vi­ron­ne­ment de l’ex-pré­sident du con­seil gé­né­ral du Doubs… Contac­té par nos soins, M. De­gois n’a pas sou­hai­té ré­pondre et nous a ren­voyé vers Ve­lo­ci­ta.

Face à cette si­tua­tion sur­pre­nante, et de­vant la dif­fi­cul­té de faire en­tendre leur voix, les ha­bi­tants de la ré­gion ont consti­tué plu­sieurs as­so­cia­tions, réunies sous une cou­pole com­mune : l’ACBFC (l’As­so­cia­tion du Col­lec­tif Bour­gogne-Franche-Com­té). L’une de ces lo­cales, l’ADCA (As­so­cia­tion pour la dé­fense du pa­tri­moine et du pay­sage du pays de la Côte d’Ar­mont.), a dans son vi­seur le pro­jet dit de la « Côte d’Ar­mont ». « Nous n’avons ja­mais été consul­tés, si­non

une fois le pro­jet bou­clé. En juin der­nier, Opale nous a convo­qués pour une réu­nion d’in­for­ma­tion, lors de la­quelle ils ont évo­qué des éo­liennes de 160 m de hau­teur et un bail d’ex­ploi­ta­tion de vingt-cinq an­nées. A l’ar­ri­vée, le dos­sier fi­nal évoque des aé­ro­gé­né­ra­teurs de 180 m et un bail de soixante-cinq ans ! Ils nous ont rou­lés dans la fa­rine », nous ex­plique le pré­sident de l’ADCA. Celle-ci argue bien sûr du manque de concer­ta­tion, mais aus­si de la dis­tance trop courte entre les ap­pa­reils et les ha­bi­ta­tions. « L’Aca­dé­mie de mé­de­cine pré­co­nise une dis­tance mi­ni­male de 10 fois la hau­teur du mât pour pré­ser­ver les ha­bi­tants du “syn­drome éo­lien”, ce qui est la norme dans la plu­part des autres pays, pré­cise l’op­po­sant. Dans ce cas-ci, ce devrait être mi­ni­mum 1 500 m. Or, les éo­liennes de la Côte d’Ar­mont ne se­ront éloi­gnées de cer­taines mai­sons d’An­teuil que de 500 m, soit le mi­ni­mum exi­gé par une loi fran­çaise qui date d’un temps où les éo­liennes étaient bien moins im­po­santes. Le bruit, les in­fra­sons et la ruine du pay­sage sont une ca­tas­trophe pour notre vil­lage et pour la va­leur de notre pa­tri­moine im­mo­bi­lier. »

EXODE EN­TRE­PRE­NEU­RIAL

A An­teuil, pré­ci­sé­ment, se trouve une en­tre­prise qui em­ploie 220 per­sonnes. La moi­tié du vil­lage y tra­vaille. Pour le pa­tron, les choses sont claires : « On nous a mis sept éo­liennes sur la col­line sud. D’ac­cord, il faut pré­voir l’éner­gie du fu­tur, nous en sommes conscients. Mais main­te­nant ils veulent nous en mettre sept autres juste en face ! Nous se­rons donc en­cer­clés. Compte te­nu des dis­tances lé­gales né­ces­saires entre un lieu de tra­vail et un champ éo­lien, nous ne pour­rons plus ja­mais dé­ve­lop­per notre en­tre­prise. Si ce pro­jet se fait, nous n’au­rons pas d’autre choix que de dé­mé­na­ger à 30 km d’ici, en Suisse, où nous pos­sé­dons des ter­rains », conclut l’en­tre­pre­neur avec fer­me­té.

Chez Ve­lo­ci­ta, on nous dit « créer des em­plois en France » et l’on ex­cipe d’une étude de l’Ademe qui re­cense les pers­pec­tives d’em­plois de la fi­lière éo­lienne. Mais « en France » ne veut pas dire « fran­çais ». La vi­site du chan­tier, tout proche, du parc éo­lien de Rou­ge­mont est édi­fiante : on n’y parle pas un mot de fran­çais. Plu­sieurs voi­tures pré­sentes sont im­ma­tri­cu­lées en Allemagne, en Suisse, en Es­pagne ou en Bel­gique. Les conte­neurs ap­par­tiennent à la so­cié­té es­pa­gnole GES.

La main­te­nance a été sous-trai­tée à une so­cié­té da­noise, LM Wind Po­wer, qui pos­sède bien une fi­liale en France, LM Wind Po­wer Blades. Or cette der­nière, do­mi­ci­liée dans une boîte aux lettres du 38, rue de Ber­ri, dans le VIII e ar­ron­dis­se­ment de Paris, n’em­ploie au­cun sa­la­rié.

Sur les sites consa­crés à leurs pro­jets, Opale et Ve­lo­ci­ta font ap­pel au « fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif » des ci­toyens. Les pro­mo­teurs font mi­roi­ter aux can­di­dats in­ves­tis­seurs, via la plate-forme de crowd­fun­ding Len­do­sphère, des em­prunts ré­mu­né­rés au taux fa­ra­mi­neux de 5 à 7 % par an ! At­ten­tion : il s’agit bien de prêts, et non pas de par­ti­ci­pa­tions ac­tion­na­riales co­opé­ra­tives, comme le pro­posent les pro­jets d’éo­liennes ci­toyennes. Ve­lo­ci­ta parle donc à tort de « fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif ». Or, les or­ga­nismes qui pro­posent ces prêts ne sont pas des banques. Ils n’offrent donc au­cune ga­ran­tie aux in­ves­tis­seurs. Au­tre­ment dit, si de­main la so­cié­té dé­bi­trice, qui est une boîte aux lettres à Stras­bourg, dé­cide de mettre la clé sous le paillas­son, qu’ad­vient-il de ces mon­tants ? Pas de quoi af­fo­ler le porte-pa­role de Ve­lo­ci­ta : « Il est tou­jours cu­rieux de nous re­pro­cher de ga­gner beau­coup d’ar­gent et de croire qu’une telle ins--

“NOUS SOMMES EN PRÉ­SENCE D’UNE ES­CRO­QUE­RIE PYRAMIDALE DE TYPE PONZI, LA MÊME QUE CELLE

DE MADOFF.” UNE AVO­CATE D’IN­VES­TIS­SEURS SPO­LIÉS

tal­la­tion puisse faire faillite. Un pro­jet qui est construit est un pro­jet qui a été fi­nan­cé par em­prunt ban­caire avec toutes les as­su­rances et ga­ran­ties clas­siques de l’in­ves­tis­se­ment in­dus­triel, dont on connaît la res­source en vent, le prix de vente de la production et les coûts de main­te­nance. La ren­ta­bi­li­té est as­su­rée […]. » Pour­tant, l’une des so­cié­tés faî­tières de Ve­lo­ci­ta en France, Ve­lo­ci­ta Ener­gies, pré­sente une perte de 1,19 mil­lion d’eu­ros pour l’exer­cice 2014 alors que Ve­lo­ci­ta Ener­gies Ser­vices pré­sente, pour l’exer­cice 2015, une perte de 528 801 € pour un chiffre d’af­faires de 1,6 mil­lion…

SOUP­ÇONS D’AR­NAQUE

Pas de quoi ras­su­rer le can­di­dat in­ves­tis­seur. A titre pu­re­ment in­for­ma­tif, on peut ci­ter le cas du groupe FSB Hol­ding et sa fi­liale France Ener­gies Fi­nance (FEF), qui pro­po­sait des em­prunts liés à des champs d’éo­liennes et des pan­neaux so­laires, as­sor­tis de ren­de­ments an­nuels « ga­ran­tis » de 5 à 7 %, tout comme le taux d’in­té­rêt an­nuel an­non­cé par Ve­lo­ci­ta. Mais voi­là : les 50 mil­lions d’eu­ros ré­col­tés en France n’ont pas ser­vi à fi­nan­cer des pro­jets d’éner­gies re­nou­ve­lables… et les in­ves­tis­seurs ont ra­pi­de­ment consta­té que les 7 % pro­mis ne leur par­ve­naient plus. Et pour cause : ils ont été dé­tour­nés au pro­fit de struc­tures de la mai­son mère FSB. Dé­voi­lée en jan­vier 2016 par le Pa­ri­sien, l’af­faire pointe aus­si une comp­ta­bi­li­té opaque, avec l’exis­tence d’un compte au Luxem­bourg et des mou­ve­ments de fonds sus­pects vers une firme ca­na­dienne. La jus­tice, soup­çon­nant une ar­naque de grande en­ver­gure, a de­man­dé la li­qui­da­tion de la so­cié­té et une enquête de la po­lice ju­di­ciaire est en cours. Les in­ves­tis­seurs spo­liés se sont grou­pés en as­so­cia­tions et ré­clament ré­pa­ra­tion. Peu de chances qu’ils re­voient leur ar­gent, puisque se­lon les dé­cla­ra­tions de l’une de leurs avo­cates à Paris Match, « nous sommes en pré­sence d’une es­cro­que­rie pyramidale de type Ponzi, la même que celle de Madoff, où les sommes ver­sées par les épar­gnants servent à ré­gler les in­té­rêts des en­trants pré­cé­dents ». Une so­cié­té n’est pas l’autre, certes. Mais chat échau­dé se mé­fie…

Les pro­mo­teurs spé­cu­la­tifs tels que Ve­lo­ci­ta ou Volks­wind (grâce à qui 11 élus ont été condam­nés pour prise illé­gale d’in­té­rêt) af­firment in­ves­tir sur fonds propres « sans sub­ven­tions ». C’est une façon de voir. En réa­li­té, l’opé­ra­tion est ren­due ren­table par le fait qu’EDF a l’obli­ga­tion, pour sou­te­nir les éner­gies re­nou­ve­lables, d’ache­ter l’élec­tri­ci­té éo­lienne à près du double du prix de l’élec­tri­ci­té clas­sique. Pour la re­vendre au même prix. For­cé­ment, puisque toutes les sources se mé­langent dans le ré­seau de trans­port. Et qui fi­nance la dif­fé­rence ? L’Etat, bien en­ten­du. C’est-à-dire le contri­buable qui, fi­na­le­ment, paie deux fois. Une fois via ses im­pôts, une autre fois via sa fac­ture EDF dont 15 % sont consa­crés à fi­nan­cer les éner­gies re­nou­ve­lables via la CSPE.

De la même façon, Opale et Ve­lo­ci­ta an­noncent que la production de leurs éo­liennes du parc Les Dames du Doubs suf­fisent à as­su­rer « les be­soins d’en­vi­ron 30 % de la po­pu­la­tion du Doubs ». Là en­core, il s’agit d’une as­tuce sé­man­tique vi­sant à faire croire aux ha­bi­tants qu’ils sont les bé­né­fi­ciaires di­rects de cette éner­gie. Mais en fait, non : l’élec­tri­ci­té pro­duite par les parcs éo­liens est in­jec­tée sur le ré­seau d’EDF et mé­lan­gée à l’élec­tri­ci­té pro­ve­nant des autres centres de production : nu­cléaire, cen­trales à char­bon, hy­drau­lique, pho­to­vol­taïque, etc. Il est im­pos­sible, à l’heure ac­tuelle, de sa­voir d’où vient l’élec­tri­ci­té que l’on consomme.

LE PLUS GRAND PARC éO­LIEN DE FRANCE, le pro­jet “Côte d’Ar­mont”, devrait être im­plan­té dans le Doubs, au coeur de la ré­gion Bour­gogne-Fran­cheCom­té, l’une des moins ven­teuses de France… Vous avez dit bi­zarre ?

DANS LE VIL­LAGE D’AN­TEUIL, on ne dé­co­lère pas : “C’est Cler­val qui va ré­col­ter les avan­tages et nous, les nui­sances.” “Compte te­nu des dis­tances lé­gales né­ces­saires entre un lieu de tra­vail et un champ éo­lien, nous ne pour­rons plus ja­mais dé­ve­lop­per notre en­tre­prise. Si ce pro­jet se fait, nous de­vrons dé­mé­na­ger à 30 km d’ici, en Suisse”, ex­plique le pa­tron d’une en­tre­prise lo­cale qui em­ploie

220 per­sonnes.

SUR LE CHAN­TIER DU PARC éO­LIEN DE ROU­GE­MONT, on trouve des uti­li­taires po­lo­nais d’une so­cié­té de main­te­nance da­noise LM Wind Po­wer et des con­tai­ners de la so­cié­té es­pa­gnole GES et pas d’em­ployés lo­caux. Etrange car le pro­mo­teur Ve­lo­ci­ta en­ten­dait “créer des em­plois en France”.

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