éLISABETH DE FON­TE­NAY-ALAIN FIN­KIEL­KRAUT : AMI­TIé VACHE !

ELI­SA­BETH DE FON­TE­NAY ET ALAIN FIN­KIEL­KRAUT

Marianne Magazine - - SOM­MAIRE - Propos recueillis par Sté­phane Bou

Quand la phi­lo­sophe Eli­sa­beth de Fon­te­nay dé­cide d’in­ter­pel­ler son ami Alain Fin­kiel­kraut, ce­la donne “En ter­rain mi­né” (Stock), un échange de lettres sur tous les su­jets qui les fâchent. Pour “Ma­rianne”, ils re­prennent le dé­bat en di­rect.

Ils sont amis de­puis qua­rante ans, mais ils ne sont po­li­ti­que­ment plus d’ac­cord sur grand-chose. La phi­lo­sophe Eli­sa­beth de Fon­te­nay dé­cide donc d’in­ter­pel­ler Alain Fin­kiel­kraut, ne sup­por­tant plus ce qu’elle consi­dère “comme ses po­si­tions par­fois ul­tra­droi­tières”. En ter­rain mi­né (Stock) est un échange de lettres d’un type étrange où aux re­proches de l’un ré­pondent les jus­ti­fi­ca­tions de l’autre. L’école, le fé­mi­nisme, la droite et la gauche, l’émi­gra­tion, l’is­lam, l’iden­ti­té fran­çaise, tous les su­jets qui fâchent sont abor­dés. La phi­lo­sophe fait la mo­rale et la le­çon à son ami qui tire trop vite à son goût sur tout ce qui bouge dans les mé­dias. Elle l’in­ter­roge sur son pes­si­misme ra­di­cal, qui lui pa­raît po­li­ti­que­ment sans ave­nir et dan­ge­reux. Eli­sa­beth de Fon­te­nay s’ef­force de le convaincre, Alain Fin­kiel­kraut se dé­fend. Nous les avons ren­con­trés. Pour “Ma­rianne”, leur dis­cus­sion donne un avant-goût de cette cor­res­pon­dance où la fi­dé­li­té n’an­nule pas la haute ten­sion.

Ma­rianne : Com­ment est ve­nue l’idée d’un tel livre ?

Alain Fin­kiel­kraut : Tout est par­ti d’Eli­sa­beth de Fon­te­nay et de son mé­lange de co­lère et d’in­quié­tude de­vant ce qui lui ap­pa­raît comme mes « écarts ». Elle m’in­ter­pelle donc, elle me fait des re­proches – po­li­tiques sur­tout – et elle me somme de m’ex­pli­quer. Pous­sé dans mes re­tran­che­ments, j’ai ten­té de ré­pondre sans me dé­ro­ber à ses mises en garde. Nous avons choi­si pour ce dia­logue la forme épis­to­laire. Bien nous en a pris : cette forme a don­né, me semble-t-il, au livre une in­ten­si­té dra­ma­tique qu’il n’au­rait pas eue si nous avions op­té pour le face-à-face.

Eli­sa­beth de Fon­te­nay : Pour­quoi ai-je te­nu à mettre Alain Fin­kiel­kraut à la ques­tion ? Par dé­sir de le « sau­ver », aus­si ri­sible que ce­la puisse pa­raître… Au titre de notre vieille ami­tié, j’ai vou­lu le dé­fendre contre ceux qui le traitent de bar­ré­sien ou de maur­ras­sien et j’ai es­pé­ré qu’il se ma­ni­fes­te­rait tel que je per­siste mal­gré tout à le voir. Mais il reste qu’il prête constam­ment le flanc aux cri­tiques qui lui sont faites et c’est pour­quoi je com­mence notre en­tre­tien en lui re­pro­chant le vi­rage droi­tier qu’il n’a ces­sé de prendre, ain­si que sa com­plai­sance dans une vision pas­séiste de l’état du monde qui me pa­raît plus es­thé­ti­sante que po­li­tique. Avoir fait ce livre avec lui me confirme que, si notre ami­tié est so­lide, elle n’est pas tran­quille : nos désac­cords, plus ou moins graves, sont nom­breux. Est-ce que je lui fais la mo­rale ? Bien sûr que oui !

Vous ne lui faites pas seule­ment la mo­rale. Vous lui faites par­fois la le­çon, comme un pro­fes­seur qui cor­rige un élève…

E. de F. : J’ai un peu honte de ce­la, mais il est vrai que j’ai par­fois fait la prof de phi­lo avec un brillant nor­ma­lien. Sur Rous­seau en particulier, qu’Alain cri­tique de ma­nière beau­coup trop ré­duc­trice.

A.F. : Sur­mon­tant la ti­mi­di­té que m’ins­pire Eli­sa­beth, son cô­té prof de phi­lo, sa haute cul­ture et son grand style, j’ai vou­lu re­mon­ter aux fon­de­ments phi­lo­so­phiques de la pen­sée de gauche et de son « tout est po­li­tique ». Le pre­mier à uti­li­ser cette ex­pres­sion est l’au­teur du Dis­cours sur l’ori­gine de l’in­éga­li­té. Tout en

pro­fes­sant la nos­tal­gie de l’état de na­ture, Rous­seau fait tom­ber l’in­té­gra­li­té du phé­no­mène hu­main dans l’es­car­celle de l’his­toire. Si l’homme est ori­gi­nel­le­ment bon et que « la ser­vi­tude est la source de tous les maux du genre hu­main », alors une tâche s’im­pose : li­bé­rer l’hu­ma­ni­té de l’op­pres­sion pour la dé­li­vrer du mal. Rous­seau et Marx à sa suite ouvrent ain­si à la po­li­tique un champ d’ac­tions illi­mi­té. L’ex­pé­rience to­ta­li­taire du XXe siècle nous oblige à re­trou­ver le sens des li­mites et même à re­pen­ser à nou­veaux frais la no­tion de pé­ché ori­gi­nel. La fable est à dor­mir de­bout, mais der­rière la fable il y a le rap­pel bien­ve­nu de notre fi­ni­tude. « La souillure est en cha­cun. A de­meure, in­hé­rente, consti­tu­tive. C’est pour­quoi la­ver cette souillure n’est qu’une plai­san­te­rie. Et même une plai­san­te­rie bar­bare », écrit Phi­lip Roth dans la Tache.

E. de F. : Alain aborde la phi­lo­so­phie comme une his­toire des idées et n’épouse pas tou­jours la dé­marche des phi­lo­sophes. Pour moi, il s’agit de tout autre chose, d’une ré­flexion au pré­sent qui n’a pas for­cé­ment de rap­port avec le temps pré­sent, l’ac­tua­li­té. Des phi­lo­sophes ont in­ven­té la li­ber­té et la res­pon­sa­bi­li­té des hommes dans le cours vi­cié du monde, dans l’in­éga­li­té qui se per­pé­tue. Alain re­met en ques­tion avec la fougue d’un an­ti­mo­derne ce­lui qui fonde la pen­sée mo­derne, Rous­seau. Il le fait avec le risque de tom­ber dans l’idéo­lo­gi­sa­tion de pen­seurs de haut vol, et c’est là une po­si­tion qui nour­rit trop im­mé­dia­te­ment sa vision du monde.

Quand êtes-vous de­ve­nus des amis qui, comme on le voit dans le livre, ne ces­sez pas pour au­tant de vous dis­pu­ter : dans vos an­nées 70 et gau­chistes ?

E. de F. : Pas du tout. C’était un go­de­lu­reau. Du reste, il était maoïste à l’époque et je dé­tes­tais les maos… A. F. : Mais je ne suis res­té maoïste que quelques se­maines… Au len­de­main des évé­ne­ments de 68, je suis re­ve­nu à mes études, avant une nou­velle pé­riode très mi­li­tante où je me suis re­trou­vé avec quelques nor­ma­liens dans un grou­pus­cule d’ul­tra­gauche. Nous étions éper­dus de joie à l’idée de faire par­tie d’une pe­tite élite où nous jouions sur tous les ta­bleaux puisque nous dé­fen­dions les classes po­pu­laires et, en même temps, nous étions des hap­py few. Nous vi­vions dans le confort mo­ral de n’avoir per­sonne à notre gauche, per­sonne pour nous faire honte. Nous, en re­vanche, nous pou­vions faire honte à tout le monde. Eli­sa­beth et moi ne nous connais­sions pas à cette époque. Nous avons fait connais­sance au mo­ment où j’ai écrit le Juif ima­gi­naire.

E. de F. : Quand le Juif ima­gi­naire est pa­ru, j’ai ad­mi­ré ce livre et j’étais tel­le­ment ja­louse, que je me suis

dit : ou Fin­kiel­kraut de­vient mon ami ou je ne lui par­don­ne­rai ja­mais d’avoir si gé­nia­le­ment dit ce que je res­sen­tais.

A. F. : Nous ne sommes pas tout de suite dis­pu­tés, sauf peut-être au­tour d’Is­raël. Nous dé­fen­dions tous les deux l’Etat juif, mais Eli­sa­beth pen­sait que mon sou­tien n’était pas as­sez cri­tique. Dès la guerre du Li­ban, j’étais ef­fa­ré par la tour­nure prise par l’hos­ti­li­té à l’égard d’Is­raël. Il fal­lait te­nir les deux bouts de la chaîne : sou­tien et cri­tique, mais, pour Eli­sa­beth, je don­nais moins de place à la condam­na­tion de la po­li­tique is­raé­lienne qu’à la cri­tique de la ré­pro­ba­tion d’Is­raël.

L’un a ces­sé d’être de gauche et l’autre veut lui res­ter fi­dèle : c’est le noeud de votre désac­cord ?

E. de F. : Même si je reste ex­trê­me­ment per­plexe sur la ques­tion du pro­grès, je consi­dère que j’ap­par­tiens à la tra­di­tion des des­cen­dants de Rous­seau – c’est-à-dire He­gel et Marx – qu’Alain s’ef­force de re­mettre en cause. Cette des­cen­dance, c’est mon pa­tri­moine. Mon his­toire est à gauche et c’est ain­si que je me suis construite. J’ai es­sayé de ne pas me re­nier même si je n’y suis pas tou­jours par­ve­nue. Je reste mar­quée par le mo­dèle de la lutte des classes et je n’aime pas que la gauche se laisse confis­quer par le so­cié­tal. Même si je suis en par­tie d’ac­cord avec Alain Fin­kiel­kraut pour cri­ti­quer les formes que peut prendre au­jourd’hui l’an­ti­ra­cisme et l’ac­cent mis sur la lutte des mi­no­ri­tés, j’ai tou­jours es­sayé de veiller sur le fait qu’on conti­nue à pen­ser la conflic­tua­li­té po­li­tique en termes de pro­blème so­cial. Pré­oc­cu­pa­tion qui semble étran­gère à Alain…

A. F. : J’ai ces­sé d’être de gauche, mais je reste at­ta­ché à la grande pro­messe sco­laire dont la gauche était por­teuse. L’école n’a ja­mais été vrai­ment le pro­blème de la droite. Mais force m’est de consta­ter que la gauche a aban­don­né sa pro­messe. En proie à une sorte d’hy­bris éga­li­taire, elle a mé­tho­di­que­ment dé­truit l’école. La Ré­pu­blique avait vou­lu cor­ri­ger les pri­vi­lèges de nais­sance et de for­tune, en fai­sant toute leur place au mé­rite et au ta­lent. Nous n’en sommes plus là. J’ai lu dans le rap­port du Con­seil su­pé­rieur des pro­grammes pa­ru en 2015 que « la na­tion et la pa­trie pou­vaient consti­tuer des pièges pour un en­sei­gne­ment mo­ral et ci­vique re­cher­chant l’in­té­gra­tion, l’ac­cueil d’en­fants de plus en plus va­riés, et dont nous avons ten­dance à ne pas ob­jec­ti­ver la di­ver­si­té d’ori­gines et d’at­tentes vis-à-vis de l’école. Les va­leurs de la Ré­pu­blique ont sem­blé plus in­clu­sives, plus uni­ver­selles, que la na­tion et la pa­trie, plus po­lé­miques ». La Ré­pu­blique est tra­hie par l’éga­li­ta­risme di­ver­si­taire de ceux-là mêmes qui n’ont que ce mot à la bouche.

On peut vous ré­tor­quer qu’en ap­pe­ler aux « va­leurs de la Ré­pu­blique », ce n’est dé­jà pas si mal…

A. F. : Mais pour­quoi faut-il que la gauche congé­die l’iden­ti­té na­tio­nale pour mieux ac­cueillir les nou­veaux ar­ri­vants ? Jules

“Alain pense que la France se dés­in­tègre. Mais je ne vois pas ce qu’il pro­pose pour faire échec au pro­ces­sus qu’il dé­crit.”

Fer­ry, et avec lui tous les grands ré­pu­bli­cains, hé­ri­tiers de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise, avait vou­lu que les en­fants qui ac­cé­daient à l’école gra­tuite et obli­ga­toire soient tous, d’où qu’ils viennent, les hé­ri­tiers de l’his­toire de France dans sa glo­ba­li­té. Cet hé­ri­tage est main­te­nant mon­tré du doigt : la lutte contre les dis­cri­mi­na­tions met tout et tous sur le même plan et s’en­or­gueillit de dé­fi­nir la so­cié­té par la mul­ti­pli­ci­té ac­tuelle de ses com­po­santes.

E. de F. : J’ai tou­jours été très pré­oc­cu­pée par la pos­si­bi­li­té de faire te­nir en­semble l’in­ter­na­tio­na­lisme et le pa­trio­tisme. Dans notre dia­logue se ma­ni­feste du reste une es­pèce de nos­tal­gie par­ta­gée du com­mu­nisme fran­çais de l’après-guerre. Ce com­mu­nisme-là avait ré­con­ci­lié le pa­trio­tisme et la ques­tion so­ciale, no­tam­ment à tra­vers l’édu­ca­tion et l’ins­truc­tion pu­blique. Mais c’est un fait in­dis­cu­table, la donne a chan­gé. Alain pré­tend que c’est « sous pré­texte de l’im­mi­gra­tion » que l’on change les pro­grammes et que l’on fait évo­luer l’école – ca­tas­tro­phi­que­ment, se­lon lui. Or, l’im­mi­gra­tion n’est pas un pré­texte, c’est une réa­li­té qu’il faut prendre à bras-le-corps. Je veux dire qu’il faut faire en sorte de s’en sai­sir comme d’une mu­ta­tion po­si­tive. Que faire d’autre si­non se condam­ner à dé­plo­rer sans cesse l’évo­lu­tion du monde ?

A. F. : Soit la France est ca­pable de trans­mettre l’amour de sa ci­vi­li­sa­tion et elle reste vi­vable, soit elle ne le peut ni ne le veut et alors nous en­trons dans une pé­riode ter­rible qui ne mè­ne­ra pas for­cé­ment à la guerre ci­vile, mais à une sorte d’en­sau­va­ge­ment conti­nu de la vie so­ciale. Sur ce point, je reste in­ébran­lable. Nous vi­vons au­jourd’hui à la fois une crise de ci­vi­li­sa­tion et un choc de ci­vi­li­sa­tions. Une crise parce que la cul­ture ne se trans­met plus et que la na­tion prend congé d’elle-même. Un choc parce qu’a sur­gi un ac­teur po­li­tique au­quel ni la droite ni la gauche n’ac­cor­daient d’exis­tence : l’is­lam po­li­tique. Nous sommes désar­més de­vant cette double ca­tas­trophe.

Eli­sa­beth de Fon­te­nay, ce ca­tas­tro­phisme vous est étran­ger…

E. de F. : En tout cas, il ne doit pas être le der­nier mot. Alain Fin­kiel­kraut pense que la France se dés­in­tègre. Mais, si je me place dans sa lo­gique, je ne vois pas ce qu’il pro­pose pour faire échec au pro­ces­sus qu’il dé­crit. Il y a chez lui un re­fus d’en­vi­sa­ger l’ave­nir comme une chance pos­sible. Ce qui est ter­rible chez Alain, c’est son in­dif­fé­rence à l’es­poir.

A.F. : C’est vrai, l’in­quié­tude et le cha­grin pré­valent en moi sur tous les autres sen­ti­ments. Mais je ré­fute le qua­li­fi­ca­tif de « dé­cli­niste » parce que les vrais dé­cli­nistes au­jourd’hui, ce sont les pro­gres­sistes. Pre­nant une marche vers l’abîme pour une marche vers l’avant, ils ac­com­pagnent le pro­ces­sus, et même ils l’ac­cé­lèrent. Moi, je ne m’y ré­signe pas. J’es­saie de don­ner l’alerte. Et c’est la rai­son pour la­quelle j’in­ter­viens dans la vie pu­blique, au risque, se­lon Eli­sa­beth, de me faire ré­cu­pé­rer.

Eli­sa­beth de Fon­te­nay, c’est un point cen­tral de votre cri­tique : Alain Fin­kiel­kraut ne se pré­oc­cupe pas de voir par­fois ses propos, no­tam­ment sur l’is­lam, ré­cu­pé­rés par l’ex­trême droite…

E. de F. : Il est sûr que je ne com­prends pas qu’il ac­cepte de se lais­ser han­ter à ce point par l’is­lam po­li­tique. Bien sûr, je par­tage son in­quié­tude et sa crainte face à cet is­lam conqué­rant que l’on voit à l’oeuvre dans le monde, et en Eu­rope en particulier. Mais il me semble que je dé­ro­ge­rais à ma di­gni­té d’in­tel­lec­tuelle si je me lais­sais en­va­hir par cette han­tise. Alain re­vient constam­ment sur les pro­blèmes liés à l’is­lam, il se fo­ca­lise sur des dé­cla­ra­tions faites par des mu­sul­mans et ceux qui les sou­tiennent. Pour ma part, je re­fuse de vivre et de pen­ser dans l’or­nière de l’ob­ses­sion. La ques­tion est plu­tôt : com­ment ne pas se lais­ser as­sié­ger par l’ac­tua­li­té et faire en sorte qu’une in­quié­tude lé­gi­time passe par la ra­tio­na­li­té ? A. F. : Je ne suis pas ob­sé­dé par l’is­lam, c’est l’is­lam, hé­las, qui se rap­pelle constam­ment à notre bon sou­ve­nir. Je crois qu’il y a une ter­rible si­mul­ta­néi­té. La ci­vi­li­sa­tion fran­çaise et même la ci­vi­li­sa­tion eu­ro­péenne se vident d’elles-mêmes au mo­ment où se pro­duit une mu­ta­tion dé­mo­gra­phique sans pré­cé­dent. Dans cette mu­ta­tion, l’is­lam a une part im­por­tante mais pas toute la part. C’est ce double phé­no­mène qui m’af­fecte et que j’es­saie de pen­ser. Quant à la ques­tion de la ré­cu­pé­ra­tion, je ne suis pas d’ac­cord avec Eli­sa­beth : peut-être y a-t-il des gens à droite, voire très à droite, qui me lisent et qui me citent. Mais je ne veux pas re­mettre en ques­tion ce que je pense et sa­cri­fier le dé­sir de vé­ri­té à la sau­ve­garde de mon image.

“Je ré­fute le qua­li­fi­ca­tif de ‘dé­cli­niste’ parce que, les vrais dé­cli­nistes au­jourd’hui, ce sont les pro­gres­sistes.”

CAR­NET DE COR­RES­PON­DANCE

En ter­rain mi­né re­groupe les échanges épis­to­laires entre les deux phi­lo­sophes. “Cette forme a don­né au livre une in­ten­si­té dra­ma­tique qu’il n’au­rait pas eue si nous avions op­té pour le face-à-face”, note Alain Fin­kiel­kraut.

En ter­rain mi­né, d’Alain Fin­kiel­kraut et Eli­sa­beth de Fon­te­nay, Stock, 270 p., 19,50 €.

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