En marche ar­rière

Marianne Magazine - - Éditos - VINCENT DECAZE

Dans les mé­dias, on ne voit plus qu’eux : Mu­riel Pé­ni­caud, Edouard Phi­lippe, Chris­tophe Cas­ta­ner, les trois Pieds Ni­cke­lés de la Ma­cro­nie, cet étrange royaume dont le prince est un an­cien ban­quier d’af­faires, grand zé­la­teur de la mon­dia­li­sa­tion heu­reuse. Le dis­cours, bien ro­dé, se ré­sume à une dé­fense de l’en­tre­prise, lieu de convi­via­li­té où le sa­la­rié peut se « réa­li­ser » et « s’ac­com­plir pro­fes­sion­nel­le­ment ». Dé­sor­mais, sans la pré­sence pe­sante des syn­di­cats, il en­ga­ge­ra un dia­logue « construc­tif » – le mot est pro­mis à un suc­cès cer­tain – avec le pa­tron sur sa ré­mu­né­ra­tion, ses congés, son temps de tra­vail. C’est le re­tour triom­phal du « dia­logue so­cial », éga­ré sous Hol­lande, ré­ha­bi­li­té sous Ma­cron.

Il n’y au­ra pas de sa­la­rié low cost, c’est pro­mis­ju­ré ; seule­ment des sa­la­riés « flexibles », prêts à prendre des risques… pour sau­ver leur en­tre­prise et ac­ces­soi­re­ment leur em­ploi. Avec Ma­cron, le mo­dèle so­cial fran­çais se­ra trans­for­mé. Fi­nie, la retraite par ré­par­ti­tion, voi­ci ve­nue la retraite par points avec une va­leur ajus­table se­lon le PIB, ce qui per­met de la bais­ser les an­nées sans crois­sance.

Ter­mi­née, l’as­su­rance Une­dic, cal­cu­lée sur les co­ti­sa­tions, trop rin­garde par rap­port à la CSG d’un ex­cellent ren­de­ment. Ou­bliées, les conquêtes so­ciales de la Li­bé­ra­tion, soyons mo­dernes et glo­ba­li­sés, En marche ar­rière vers le XIXe siècle.

PHI­LIPPE-Pé­NI­CAUD-CAS­TA­NER, Pieds Ni­cke­lés de la Ma­cro­nie.

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