COUACS EN Sé­RIE DANS L’IN­DEM­NI­SA­TION DES ACCIDENTéS Mé­DI­CAUX

Marianne Magazine - - Événement - PAR ROZEN LE SAINT

A l’ori­gine, l’Oniam de­vait être la voie ex­press du dé­dom­ma­ge­ment des vic­times de dé­gâts col­la­té­raux de la mé­de­cine. A l’ar­ri­vée, il oc­troie des in­dem­ni­tés dé­ri­soires com­pa­rées à celles ac­cor­dées par la jus­tice, et les pro­cé­dures traînent en lon­gueur.

Ch­ris­tine An­ceau n’a rien concé­dé. Rien lâ­ché ! Elle a te­nu bon jus­qu’à ce que sa fille at­teinte à 11 ans de nar­co­lep­sie – une pa­tho­lo­gie rare de l’hy­per­som­meil –, après avoir été vac­ci­née contre la grippe H1N1 en 2009, ob­tienne ré­pa­ra­tion. Et quand, à l’été 2015, l’Office na­tio­nal d’in­dem­ni­sa­tion des ac­ci­dents mé­di­caux (Oniam) lui a pro­po­sé un chèque 145 000 €, elle a vu rouge. Une belle somme certes, mais trop faible à ses yeux pour com­pen­ser les dé­gâts col­la­té­raux des ef­fets se­con­daires : sans mé­di­ca­ment la ga­mine dor­mi­rait dix­huit heures par jour. Un han­di­cap qui a plom­bé sa sco­la­ri­té, dé­truit son rêve de de­ve­nir cham­pionne de ten­nis et va for­cé­ment in­fluer sur son ave­nir pro­fes­sion­nel. « Je suis bien ar­mée pour réa­li­ser ce genre de dé­marches, sou­ligne Ch­ris­tine An­ceau, en dé­cli­nant ses par­che­mins : di­plôme de Scien­cesPo, maî­trise de droit, DESS de com­mu­ni­ca­tion. L’Oniam m’a as­su­rée que prendre un avo­cat ne chan­ge­rait rien, alors j’ai ba­taillé seule pen­dant deux ans et de­mi »… Jus­qu’à ce qu’un ma­gis­trat de ses connais­sances lui conseille de se rap­pro­cher de Me Charles Jo­se­phOu­din (lire le por­trait, p. 17). « Il connaît par­fai­te­ment les ba­rèmes d’in­dem­ni­sa­tion, sait sur quoi mi­ser pour ob­te­nir da­van­tage », pour­suit Ch­ris­tine An­ceau. Sans ex­per­tise mé­di­cale sup­plé­men­taire, Me Jo­seph-Oudin par­vient, en fé­vrier 2016, à ar­ra­cher 512 000 € à l’Oniam. Un de­mi-mil­lion d’eu­ros ! Plus de trois fois la mise pro­po­sée au dé­part ! Ines­pé­ré… « Le dé­dom­ma­ge­ment ne doit pas être à la tête du client et la pro­cé­dure, à peine com­pré­hen­sible, même par des bacs + 7 comme moi. L’Etat mise sur le fait que des fa­milles mo­destes se laissent im­pres­sion­ner et ac­ceptent sans bron­cher sa pro­po­si­tion ini­tiale de com­pen­sa­tion », dé­nonce la mère en co­lère.

“COMME UN ASSUREUR”

Tou­jours est-il que la vic­toire de Ch­ris­tine An­ceau dé­montre qu’il vaut mieux prendre con­seil au­près d’un avo­cat que d’at­tendre sans bron­cher le ver­dict de l’Oniam. Même s’il faut com­men­cer par mettre la main au por­te­feuille : payer les frais de dos­sier (entre 500 à 1 800 €) puis les ho­no­raires (de 10 à 17 % du mon­tant de l’in­dem­ni­sa­tion en cas de suc­cès). Me Jo­seph-Oudin a fait les comptes :

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