GIE EN MARCHE

Marianne Magazine - - FRANCE -

qui le pré­oc­cupe, ce n’est pas ses ad­ver­saires. « La vraie ques­tion, c’est le score de Laurent. Ce n’est pas la même chose s’il gagne avec 60 ou 80 %, glisse un élu de son équipe. Et l’autre in­con­nue, c’est la par­ti­ci­pa­tion. S’il n’est élu que par 10 % des adhé­rents, ce se­ra un pro­blème. » Jus­te­ment : dans ce parti en pleine dé­li­ques­cence, com­bien se­ront-ils à prendre la peine de se connec­ter pour élire élec­tro­ni­que­ment, le 10 dé­cembre, le nou­veau pa­tron de la droite ? Un proche con­seiller de Wau­quiez ne cache pas son pes­si­misme : « La par­ti­ci­pa­tion se­ra faible. Même ceux qui viennent l’ap­plau­dir en réunion pu­blique, il n’y a au­cune rai­son pour qu’ils se dé­rangent le jour de l’élec­tion. »

Le can­di­dat sillonne tout de même les fé­dé­ra­tions. Pas ques­tion qu’on lui re­proche de ne pas avoir fait le job. « Je ne veux pas leur don­ner le sen­ti­ment que l’élec­tion est dé­jà faite », confie-t-il. Wau­quiez a ré­ac­ti­vé son mi­cro­par­ti, La Droite so­ciale, et dé­ta­ché à temps plein son di­rec­teur de ca­bi­net à la ré­gion Au­ver­gneR­hône-Alpes, Ar­naud Beu­ron, pour s’oc­cu­per de la cam­pagne. De­puis oc­tobre, le can­di­dat s’im­pose un rythme de deux à trois réunions pu­bliques heb­do­ma­daires. Cô­té slo­gan, l’an­cien mi­nistre de Ni­co­las Sar­ko­zy ne s’est pas em­bar­ras­sé d’une pen­sée com­plexe. Il veut une droite « vrai­ment de droite » et le mar­tèle in­las­sa­ble­ment. Mais que met-il der­rière ce concept aus­si sim­pliste que fu­meux ? « Ma théo­rie est très mit­ter­ran­dienne : il faut re­cons­truire le socle », ex­pose-t-il, per­sua­dé que « plus ça va, plus ce que je porte est ma­jo­ri­taire dans le pays ». Voire… Toute une frange de l’élec­to­rat de droite ne re­gar­det-elle pas avec une cer­taine bien­veillance la po­li­tique d’Em­ma­nuel Ma­cron ? Ob­sé­dé par l’idée d’être l’op­po­sant nu­mé­ro un, Laurent Wau­quiez a dû co­gi­ter dur, au sor­tir de l’élec­tion pré­si­den­tielle, sur la meilleure ma­nière de s’en prendre au nou­veau lo­ca­taire de l’Ely­sée. Et il pense avoir iden­ti­fié deux angles d’at­taque. Un : « La sé­cu­ri­té et le ré­ga­lien, c’est la fai­blesse de Ma­cron », as­sène-t-il. D’où ses ti­rades à ré­pé­ti­tion sur le ter­ro­risme et le com­mu­nau­ta­risme, que l’on peine à dis­tin­guer de celles d’une Ma­rine Le Pen. Deux : sa­chez qu’à la dif­fé­rence de Ma­cron, à qui il re­proche de vou­loir faire mon­ter la France « dans le train de la mon­dia­li­sa­tion », Wau­quiez n’est « pas du tout ul­tra­li­bé­ral ». « J’ai tou­jours cru en l’idée que la droite de­vait être po­pu­laire et so­ciale », plaide-t-il.

AT­TAQUES PER­SON­NELLES

Pour au­tant, il se garde bien d’égre­ner des pro­po­si­tions concrètes. Laurent Wau­quiez pré­fère l’at­taque per­son­nelle, quitte à tom­ber dans l’in­tox la plus gros­sière. Comme lors­qu’il in­vente de toutes pièces une ci­ta­tion d’An­ge­la Mer­kel à pro­pos de son ho­mo­logue fran­çais, le 26 sep­tembre sur LCI. Fin oc­tobre, il fran­chit un nou­veau cap dans les co­lonnes du JDD. Ma­cron, « c’est le dé­sert de l’âme », flingue-t-il, en l’ac­cu­sant de par­ler aux Fran­çais avec « la morgue […] de l’en­fant ca­pri­cieux et de l’adulte ar­ro­gant ». Autre ama­bi­li­té : « Il est sans doute le plus pa­ri­sien des pré­si­dents qu’on n’ait ja­mais eus. Il est han­té par une haine de la pro­vince. »

A en­tendre Laurent Wau­quiez, lui ne se­rait pas du tout de ce monde-là. « Je suis au­ver­gnat », ré­pète à l’en­vi le hé­raut des « classes moyennes » dans ses réunions pu­bliques. Pas ques­tion de s’at­tar­der sur ses ori­gines so­ciales ai­sées – ses pa­rents sont is­sus de

“LA VRAIE QUES­TION, C’EST LE SCORE DE LAURENT. CE N’EST PAS LA MÊME CHOSE S’IL GAGNE AVEC 60 OU 80 %.” UN éLU DE SON éQUIPE

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