La cul­ture doit-elle tou­jours avoir un prix ?

Marianne Magazine - - ÉDITOS - AN­GLET BRI­GITTE EGGERT,

Je viens d’un mi­lieu mo­deste, où l’ar­gent était un sou­ci constant. La cul­ture que je pos­sède, je la dois à tous les pro­fes­seurs que j’ai eus au ly­cée. L’école joue un grand rôle dans l’ac­cès à la cul­ture, en­core faut-il qu’ins­tits et profs en aient conscience. Tra­vaillant dans un mi­lieu dé­fa­vo­ri­sé (dans le 95), j’or­ga­ni­sais toutes les six se­maines en­vi­ron une sor­tie à Pa­ris ou dans la ré­gion. La ville, di­ri­gée par le PC, était très près des ins­tits et nous ai­dait, en four­nis­sant un car par exemple. J’ai l’im­pres­sion que ce bel élan est re­tom­bé comme un souf­flé. Une prof des écoles m’a dit cy­ni­que­ment : « Je ne suis pas une bonne soeur, je fais mon mé­tier. Les sor­ties, c’est aux pa­rents de les or­ga­ni­ser. »

Les mu­sées en France sont in­abor­dables. Ne par­lons pas des expos tem­po­raires pour les­quelles on fait trois heures de queue et à quel prix. A Londres, où je vais sou­vent, la plu­part des mu­sées sont gra­tuits. A la sor­tie se dresse une im­mense urne où les vi­si­teurs laissent des billets. Il faut croire que ce sys­tème marche puis­qu’il rap­porte plus d’ar­gent que si un prix d’en­trée était fixé. Pour­quoi ne co­pions-nous pas les An­glais ?

TROP CHÈRE, la cul­ture n’est plus dé­mo­cra­tique. Mu­sée Gui­met, à Pa­ris.

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