LE JACK­POT DES “TERRES RARES”

Marianne Magazine - - Quelle Époque ! -

Dys­pro­sium, ter­bium, néo­dyme… On vous en a par­lé à l’école, mais vous n’avez rien écou­té. C’était dans les cases du bas du ta­bleau des élé­ments étu­diés en classe de chi­mie. En fait, il s’agit de mé­taux, plus que de terres, in­dis­pen­sables à la fa­bri­ca­tion de di­zaines de pro­duits très de­man­dés ac­tuel­le­ment, comme les smart­phones ou les éo­liennes. De­puis quelques an­nées, la de­mande ex­plose et la Chine, qui contrôle 90 % des mines, peine à la sa­tis­faire. Le ki­lo de néo­dyme, par exemple, est pas­sé de 20 à 50 dol­lars en dix ans, avec un pic à 235 dol­lars en 2011. Est-ce un bon place- ment pour au­tant ? Des plai­san­tins comme la société Glo­bal Me­tal Bro­ker (li­qui­dée en 2015 sur fond d’es­cro­que­rie), MTL ou Glo­bal Me­tal Group veulent le faire croire. En réa­li­té, ces « terres rares » ne le sont pas vrai­ment. Certes, on les trouve en traces in­fimes dans le sol, mais il existe des mil­liers de gi­se­ments par­tout dans le monde. Si per­sonne ne s’est ja­mais don­né la peine de les ex­ploi­ter, c’est tout sim­ple­ment faute de de­mande. Les ten­sions d’ap­pro­vi­sion­ne­ment de ces der­nières an­nées sont liées à une dé­ci­sion po­li­tique : le gou­ver­ne­ment chi­nois a frei­né les ex­por­ta­tions en 2005 pour pro­té­ger ses res­sources na­tu­relles. Ré­sul­tat, de nom­breux pays ont com­men­cé à pros­pec­ter et pro­dui­ront sans doute, quand il le fau­dra vrai­ment. Bref, la pé­nu­rie de « terres rares » n’est pas pour demain…

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