LA TEN­TA­TION DU DEUX PIÈCES DÉFISCALISÉ

Marianne Magazine - - Quelle Époque ! -

En France, il fau­drait cons­truire 500 000 lo­ge­ments par an pour ré­pondre à la de­mande. C’est le chiffre of­fi­ciel. Or, on en a construit seule­ment 376 000 en 2016. In­utile de vous faire un des­sin : c’est la pé­nu­rie dans des di­zaines d’ag­glo­mé­ra­tions. Le gou­ver­ne­ment les a lis­tées, de la zone A, où les be­soins sont énormes (Pa­ris, une par­tie de la Côte d’Azur, le Ge­ne­vois fran­çais) jus­qu’à la zone C (si­tua­tion dé­ten­due), en pas­sant par les zones B1 et B2. Si vous in­ves­tis­sez en zone A ou B, vous bé­né­fi­ciez d’une ré­duc­tion d’im­pôt sur le re­ve­nu, dans le cadre de la loi Pi­nel. Quoi qu’il ar­rive, vous vous en­ri­chis­sez comme un co­chon : 1) Les loyers rentrent. 2) La pierre se va­lo­rise. 3) Vous payez moins d’im­pôt. Si ce n’est pas un plan ga­gnant-ga­gnant, qu’est-ce donc ? Peut-être une vaste su­per­che­rie. Vous vé­ri­fie­rez ai­sé­ment qu’il n’y a qua­si­ment pas de pro­gramme défiscalisé en zone A. Les ter­rains à cons­truire y sont trop rares. Quant aux zones B1 et sur­tout B2, elles sont truf­fées de com­munes où il n’y a au­cune pé­nu­rie de lo­ge­ments. Une étude du La­bo­ra­toire de l’immobilier pu­bliée en dé­cembre 2016 lis­tait 64 villes où il ne faut pas in­ves­tir en Pi­nel, comme Con­car­neau, Sens, Troyes, Per­pi­gnan, Saint-Etienne, etc. Elles ont été in­té­grées dans le dis­po­si­tif à la de­mande pres­sante de maires dé­si­reux de sou­te­nir lo­ca­le­ment la construc­tion. Der­nier point, et non des moindres : si vous ne trou­vez pas de lo­ca­taire au bout d’un an pour votre T2 flam­bant neuf ache­té trop cher, vous ne pou­vez plus bé­né­fi­cier de la dé­fis­ca­li­sa­tion. Per­dant­per­dant.

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