La Tu­ni­sie sans faux­sem­blants de Ben At­tia

Marianne Magazine - - Culture - O.D.B.

Riadh tra­vaille sur le port de Tu­nis pour un mo­deste sa­laire et s’ap­prête à prendre sa re­traite. Aux cô­tés de son épouse Naz­li, mu­rée dans ses si­lences, cet an­ti­hé­ros humble et dis­cret ne vit que pour son fils, Sa­mi, qui s’ap­prête à pas­ser le bac. Mais Sa­mi souffre de mi­graines ré­cur­rentes qui in­quiètent ses pa­rents et les poussent à consul­ter plu­sieurs mé­de­cins. En vain. Et le pire est à ve­nir, à la veille des épreuves sco­laires, Sa­mi dis­pa­raît.

D’abord in­cré­dules, Riadh et Naz­li doivent se rendre à l’évi­dence et ad­mettre leur aveu­gle­ment : leur fils, sen­sible aux si­rènes du fa­na­tisme, est par­ti en Sy­rie faire le ji­had… Mon cher en­fant, le titre fran­çais du nou­veau film de Mo­ha­med Ben At­tia (titre ori­gi­nal :

Wel­di), ne rend pas grâce aux qua­li­tés de ce film an­cré dans les réa­li­tés dou­lou­reuses de l’époque et qui ignore avec in­tran­si­geance le sen­ti­men­ta­lisme et la dé­ma­go­gie. Au plus près de ses per­son­nages, et en pre­mier lieu de Riadh, ce père ob­ses­sion­nel qui doit af­fron­ter les dé­nis de son exis­tence et les réa­li­tés fu­nestes de son temps, le ci­néaste ob­serve les souf­frances d’une génération face aux dé­rives de ses en­fants. Dé­pour­vu de di­dac­tisme, scé­na­ri­sé et mis en scène avec so­brié­té,

Mon cher en­fant dresse le por­trait émou­vant d’un homme bles­sé dans ses prin­cipes, sa mo­rale et ses va­leurs. Un film pré­cieux.

Mon cher en­fant, de Mo­ha­med Ben At­tia, avec Imen Cherif, Mou­na Me­j­ri… Sor­tie le 14 novembre.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.