Co­ol & the WANG

LE 6 NO­VEMBRE PRO­CHAIN, SE­RA DIS­PO­NIBLE LA COL­LEC­TION QU’ALEXAN­DER IMA­GI­NÉE POUR H&M. UN VES­TIAIRE SPOR­TIF ET UR­BAIN QUI VA RA­VIR LES ADEPTES DE SA MARQUE ET LES AD­MI­RA­TEURS DE SON TRA­VAIL CHEZ BA­LEN­CIA­GA. REN­CONTRE AVEC UN JEUNE HOMME PRES­SÉ QUI A LE­VÉ

Marie Claire 2 - - Portrait - PAR MA­RIE-NOËLLE DE­MAY. PHO­TO : STE­VEN KLEIN.

une mé­ca­nique bien ro­dée. Jusque dans ses moindres dé­tails. « Mon­sieur Wang est sol­li­ci­té par la presse du monde en­tier et le cré­neau des Fran­çais ne dé­pas­se­ra pas les 30 mi­nutes. Mer­ci donc de res­pec­ter l’ho­raire. » À 14 h 25 ta­pante, on se pré­sente donc de­vant l’Es­pace Com­mines, dans le quar­tier du Ma­rais à Pa­ris, où la marque sué­doise H&M pro­fite des col­lec­tions hau­te­cou­ture et de la ve­nue des médias du monde en­tier pour dé­voi­ler en avant-pre­mière le tra­vail d’Alexan­der Wang. Une col­la­bo­ra­tion dont l’an­nonce a af­fo­lé la pla­nète mode. Dix ans après Karl La­ger­feld – dont la col­lec­tion eut un im­pact mé­dia­tique consi­dé­rable – c’est au jeune homme d’ori­gine taï­wa­naise de re­le­ver le dé­fi. Pré­sen­tée dans un es­pace rap­pe­lant les ves­tiaires de sport amé­ri­cain, la ligne Wang/H&M at­tend que les pre­miers re­gards se posent sur elle. Mais on de­vrait plu­tôt par­ler de lignes au plu­riel. Femme et Homme ont leur ves­tiaire – vo­lon­tiers in­ter­chan­geable – et tous les élé­ments né­ces­saires pour adop­ter l’al­lure vou­lue par le créa­teur : ta­pis de yo­ga, gants de boxe, ser­viette de sport… « C’est vrai­ment une col­lec­tion pour les gens qui bougent tout le temps, sont super-ac­tifs. L’as­pect tech­nique, les ma­tières spor­tives m’ont tou­jours in­té­res­sé, et da­van­tage en­core : elles m’ins­pirent. Vous n’avez pas be­soin de pra­ti­quer une ac­ti­vi­té pour avoir en­vie de vous sen­tir re­lax… bien dans vos bas­kets. » Un peu comme lui, dont le vi­sage ju­vé­nile, en­ca­dré de longues mèches brunes, res­pire l’équi­libre et la sé­ré­ni­té. Pour­tant, à 30 ans

à peine, son par­cours est dé­jà digne d’un ath­lète ac­com­pli. Taï­wa­nais, émi­gré en­fant avec sa fa­mille à San Fran­cis­co, il re­tourne vivre en Asie avec sa mère qui tra­vaille alors dans l’im­port-ex­port. Dès 2006, il de­vient le chef de file d’un nou­veau style « Mo­dels Off Du­ty » - lit­té­ra­le­ment man­ne­quins en de­hors des heures de tra­vail -, pro­po­sant des vê­te­ments à la non­cha­lance co­ol, sexy et sty­lée ins­pi­rés par ses amies comme le top Erin Was­son. Dans la fou­lée, il crée ses pre­mières pièces en maille après avoir cla­qué la porte de la pres­ti­gieuse Par­sons The New School of De­si­gn : « Tout le monde a une fa­çon dif­fé­rente d’ap­prendre, par­ti­cu­liè­re­ment la nouvelle gé­né­ra­tion qui a ac­cès à In­ter­net. L’école n’était pas com­pa­tible avec la mienne, j’ai be­soin de plus d’in­ter­ac­tion. » Et en­traîne sa belle-soeur dans l’aven­ture de sa pre­mière col­lec­tion, en 2007 : « On ne sa­vait pas com­ment faire fa­bri­quer les vê­te­ments, on ne sa­vait même pas com­ment les vendre », se sou­vient-il. De­puis, il s’est lar­ge­ment rat­tra­pé. Ra­flant les ré­com­penses les plus pres­ti­gieuses, dont le Swiss Tex­tile Award et le CFDA/ Vogue Fa­shion Fund, créant une ligne bis T by Alexan­der Wang, mul­ti­pliant les ou­ver­tures de bou­tiques de par le monde : « Le ver­sant bu­si­ness ne m’a ja­mais fait peur. Ce­la m’a été in­cul­qué par ma fa­mille. Quand je crée une pièce, je réfléchis tou­jours à sa des­ti­na­tion : po­dium ? bou­tique ? mul­ti­marque ? Nous ne fai­sons pas de l’art mais des pro­duits qui ont une fonc­tion… celle de sé­duire les femmes. » Une vision dé­com­plexée qui a séduit le pré­sident de Ke­ring, Fran­çois-Hen­ri Pi­nault, qui lui a de­man­dé de suc­cé­der à Ni­co­las Ghes­quière à la tête de la pres­ti­gieuse mai­son Ba­len­cia­ga. Pre­mier dé­fi­lé en fé­vrier 2013. Un tra­vail créa­tif re­con­nu et sa­lué dans le monde en­tier qui, à 30 ans à peine, lui im­pose un rythme tré­pi­dant entre les shows de New York et de Pa­ris. Plus ses in­ces­sants sé­jours en Asie où il inau­gure les uns après les autres les pas-de-porte à son nom. Il pré­sente lui-même les vê­te­ments qu’il a ima­gi­nés pour H&M, co­ol, tran­quille, at­ten­tif à nos ré­ac­tions. Rayon ac­ces­soires, on aime par­ti­cu­liè­re­ment les chaus­sures ? Tant mieux, il les a vou­lues dif­fé­rentes, sé­dui­santes : « La pre­mière chose à la­quelle je pense en ima­gi­nant une col­lec­tion, ce sont les chaus­sures ! Estce que ce se­ront des ta­lons hauts ? Du plat ? Elles sont fon­da­men­tales pour créer une sil­houette. » Le temps a fi­lé. Der­nière ques­tion : com­ment per­çoit-il les femmes fran­çaises ? « Je passe de plus en plus de temps ici et j’adore leur al­lure, elles ont un style in­croyable, très af­fir­mé mais avec une dé­sin­vol­ture unique… tel­le­ment élé­gant et so­phis­ti­qué ! » Ul­time sou­rire, son re­gard se tourne dé­jà vers son pro­chain ren­dez-vous. Time is mo­ney.

LE FI­NAL DU DÉ­FI­LÉ

NEW-YOR­KAIS ALEXAN­DER WANG AU­TOMNE-HIVER

2014-2015.

SES SIL­HOUETTES PRÉ­CISES ET TO­NIQUES POUR LE DÉ­FI­LÉ BA­LEN­CIA­GA AU­TOMNE-HIVER 2014-2015 ONT FAIT L’UNA­NI­MI­TÉ.

POUR SA CAP­SULE H&M, FO­CUS SUR LES AC­CES­SOIRES. PLATES OU HAUT PER­CHÉES, LES CHAUS­SURES JOUENT, COMME LE SAC, LE RE­GISTRE DU SPORT CHIC, EN GOMME ET NÉO­PRÈNE.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.