Psy­cho­lo­gie

Mais qui es-tu, pa­pa ?

Marie Claire Enfants - - Sommaire - Par Gaëlle Re­nard. Illus­tra­tion Thomas Sla­ter.

État des lieux de la place du père au­jourd’hui, se­lon les so­cio­logues, les psy­cho­logues... et nous !

Il était une fois, M. et Mme Cro­ma­gnon. Chaque ma­tin, M. Cro­ma­gnon pre­nait son plus beau gour­din (ce­lui of­fert par sa bien-ai­mée pour leur pre­mier an­ni­ver­saire de coït) et par­tait au bou­lot. “Gr­ra­krr­qh”, di­sait alors le der­nier-né de leurs huit en­fants, un ado­rable bam­bin au doux pe­lage brun. Ce à quoi sa ma­man ré­pon­dait : “Rrrr­rho­kut”, que l’on pour­rait tra­duire par : “Oui, Pa­pa très fort, Pa­pa tuer Mam­mouth pour fa­mille !” Puis elle pi­quait un pe­tit somme car, entre nous, c’était une piètre mé­na­gère... À l’époque, on sa­vait qui était le chef, ma bonne dame. S’in­ter­ro­ger sur la place du père ? “Kt­krtk­trr !” (ex­cla­ma­tion cou­tu­mière du pa­léo­li­thique, pour mar­quer l’iro­nie). Mais les temps ont chan­gé et les Dames Cro­ma­gnon d’au­jourd’hui courent, elles aussi, après le Mam­mouth. Mais alors, comme di­sait Laurent Fa­bius : “Qui garde les en­fants ?” (1)

Il est “dif­fi­cile d’abor­der la ques­tion de la norme dans une so­cié­té en pleine mu­ta­tion”, écrit l’émi­nent so­cio­logue Gé­rard Ney­rand (2). Nous vi­vons “un contexte (...) dans le­quel les an­ciens mo­dèles in­ter­fèrent avec les nou­veaux”, ren­ché­rit la non moins so­cio­logue et non moins re­mar­quable Christine Cas­te­lain Meu­nier (3). “Bref, c’est pas ga­gné”, dé­cla­rons-nous, nous. Voi­là pour­quoi nous n’au­rons pas l’ou­tre­cui­dance de ré­gler le pro­blème ici, nous es­saie­rons juste d’y voir un peu plus clair. Alors, sor­tez vos ca­hiers, et com­men­çons par un cours d’his­toire !

Un peu d’his­toire

Le pay­san du lac de Pa­la­dru au XVIe s. s’in­ter­ro­geait sans doute moins que nous sur le rôle du père. Très long­temps, en ef­fet, la ru­desse de l’exis­tence et les guerres firent qu’un bon père, c’était avant tout un père en vie. Si, en plus, il était un hé­ros au re­gard si doux, c’était tout bé­nef... Les temps s’adou­cis­sant, on put com­men­cer à se com­pli­quer la vie. C’est alors que les ques­tions fu­sèrent : Qui sommes-nous ? Et dans quel état nos en­fants er­re­ront-ils ? Cer­tains écrits at­testent de cette prise de conscience, tels que Les Struc­tures élé­men­taires de la pa­ren­té de Claude Lé­vi- Strauss pa­ru en 1949, où il est ques­tion à la fois de ma­riage et de pa­ren­ta­li­té. Mais c’est sans doute Mai 68 qui va le plus chan­ger la donne. Moins d’au­to­ri­té, plus de sen­si­bi­li­té ! On veut dé­truire le monde à Pa­pa, mais... pas Pa­pa. La preuve, c’est en 68 que, se­lon cer­taines sources, la fête des Pères de­vient une “vraie fête”. Je­ter des cock­tails Mo­lo­tov et of­frir des cen­driers en boîte de ca­mem­bert, cette an­née-là, n’est pas in­com­pa­tible. Viennent alors les se­ven­ties, qui dé­butent en fan­fare avec l’aban­don au Code ci­vil de la no­tion de “puis­sance pa­ter­nelle” au pro­fit de celle “d’au­to­ri­té pa­ren­tale”. Puis Dol­to crée le Bé­bé... Et c’est ain­si qu’on va pas­ser, pour re­prendre les mots de Gé­rard Ney­rand, “d’une vi­sion du bé­bé tube di­ges­tif à celle d’en­fant su­jet”. L’en­fant est une per­sonne, et être le père d’une per­sonne, c’est quand même drô­le­ment plus in­té­res­sant que de gé­rer un simple Lo­lo-Po­po-Do­do ! Ces pères qui s’oc­cupent de leurs jeunes en­fants avant même de les ai­der pour leur pre­mière dis­ser­ta­tion vont se voir sur­nom­mer “les Pa­pas Poules”. Leur chef de file : Sa­dy Reb­bot, le hé­ros d’un feuille­ton des an­nées 80. Et tout le monde d’en­ton­ner la chan­son du gé­né­rique : “T’as eu un Pa­pa Poule, tu se­ras Pa­pa Poule, et ça fe­ra des tas de Pa­pas Poules et des ar­rières- Grand­sPa­pas Poules” ! Cette no­tion de “Pa­pa Poule” va mal­heu­reu­se­ment un peu brouiller l’image du père “concer­né”, en l’as­si­mi­lant à une ma­man-bis. Or, on peut s’oc­cu­per de ses en­fants (voire de ses bé­bés !) sans perdre sa vi­ri­li­té. Voi­là pour­quoi faire pas­ser le pa­ter fa­mi­lias du sta­tut de coq de basse-cour à ce­lui de poule n’était peut-être pas si ju­di­cieux. Heureusement, le “Nou­veau Père” vit le jour ! “Nou­veau Père”, voi­là qui était plus noble ! Ce­la fai­sait pen­ser à “beau­jo­lais nou­veau”, c’était à la fois mo­derne et tes­to­sté­ro­né. Le 1er jan­vier 2002, une nou­velle loi vint chan­ger en­core un peu les men­ta­li­tés. Mise au monde par Sé­go­lène Royal et Christine Cas­te­lain Meu­nier, elle per­met à ce fa­meux nou­veau père (de moins en moins mar­gi­nal, donc de moins en moins “nou­veau”) de prendre 11 jours de congé à la nais­sance de son bé­bé. 11 jours, on frôle le nir­va­na ! Au­jourd’hui, 68 % des pa­pas fran­çais (sources IGAS - Ins­pec­tion Gé­né­rale des Af­faires So­ciales) pro­fi­te­raient de ces 11 jours de pou­pon­nage. No­tons juste qu’en Nor­vège, le pays de A-ha, du sau­mon et des won­der- pères, le congé de pa­ter­ni­té est de 14... se­maines.

Mais oui, les temps ont chan­gé. Il suf­fit de se re­tour­ner. Nos grands-pères fu­maient le ci­gare dans le hall de la ma­ter­ni­té en at­ten­dant que “ça se passe”. Nos pères as­sis­taient à l’ac­cou­che­ment, sans trop sa­voir “ce qui se pas­sait”. Nos hommes jonglent mieux que nous avec les se­maines d’amé­nor­rhée, les écho­gra­phies et les séances d’hap­to­no­mie. Pas tous, il est vrai... Mais même le moins in­ves­ti des pères ne re­fuse pas un pe­tit mo­ment de peau à peau à la ma­ter­ni­té. On est pas­sé du “Cou­pez le cor­don, mon­sieur” à “Ou­vrez votre che­mise et pre­nez-le sur votre torse”. Avouez que, sym­bo­li­que­ment, ça change pas mal de choses !

1. “Mais qui va gar­der les en­fants ?”, phrase pro­non­cée par Laurent Fa­bius en 2007, alors que Sé­go­lène Royal, en­core ma­riée à Fran­çois Hol­lande, an­non­çait sa can­di­da­ture aux pré­si­den­tielles. 2. Père, mère, des fonc­tions in­cer­taines ? Gé­rard Ney­rand, Marie-Do­mi­nique Wil­pert, Mi­chel Tort. éd. Érès. 3. La Place des hommes et les mé­ta­mor­phoses de la fa­mille. Christine Cas­te­lain Meu­nier. éd. Puf.

L’être et le faire

Il existe tou­jours, ce­la dit, des pa­pas qu’on di­ra “à l’an­cienne”. Co­ra­lie, mère de 4 en­fants, dit de son ma­ri, par exemple, qu’il est un père “au­to­ri­taire, pas le genre à chan­ger les couches ni à don­ner les bi­be­rons”, contrairement à son propre pa­pa qui, lui, “fai­sait ses tresses et l’em­me­nait à la pis­cine”. “Je trouve que ma mère, qui avait 4 en­fants elle aussi, et qui ne tra­vaillait pas, était plus ai­dée que je ne le suis”, ajoute-t-elle. Co­ra­lie est mère au foyer, un sta­tut peut-être moins res­pec­té qu’au­tre­fois ? Ca­ro­line, elle, est, de­puis peu, as­sis­tante ma­ter­nelle chez elle. Elle crai­gnait que le fait de res­ter à la mai­son rende le père de ses en­fants moins im­pli­qué. Il n’en est rien : il conti­nue de “don­ner le bain, faire à man­ger, épon­ger le vo­mi et em­me­ner les en­fants chez le pé­diatre.” Il est éton­nant de consta­ter, quand on aborde le rôle du père, à quel point nous fo­ca­li­sons tout d’abord sur le FAIRE. Ain­si, si Sté­pha­nie af­firme : “Il en fait plus que moi”, Gaëlle dé­plore : “Il ne lance pas les les­sives, ne net­toie pas les bi­be­rons, ne range pas les vê­te­ments”. Pas­ca­line, elle, se fé­li­cite : “Quand il est à la mai­son, il est très dis­po­nible pour les en­fants, m’aide pour les courses, la cui­sine, le mé­nage...” Certes, on ne pour­ra par­ler d’éga­li­té des tâches que lorsque les femmes ne di­ront plus de leur com­pa­gnon qu’il les “aide”. Mais comme le sou­ligne Gaëlle : “Au moins, au­jourd’hui, on peut râ­ler quand ils n’en font pas as­sez, chose im­pen­sable à l’époque de nos pères pour qui ne rien faire était la norme”. Ce n’est que lors­qu’on in­siste un peu plus que ces femmes parlent de ce que SONT les pères. Elles leur re­con­naissent presque toutes une cer­taine au­to­ri­té na­tu­relle. Pas­ca­line : “Il sait se faire obéir sans crier”. Co­ra­lie : “Il a un don ma­gique pour se faire obéir im­mé­dia­te­ment”. Ca­ro­line : “Il re­pré­sente l’au­to­ri­té.” Le “pa­pa idéal” se­rait, par ailleurs, pour ces femmes, ce­lui qui aide les en­fants à en­trer dans la vie, qui re­pré­sente un mo­dèle, un exemple. Oui, comme au bon vieux temps. On évo­quait tout à l’heure le feuille­ton des an­nées 80 Pa­pa Poule, on pour­rait ici se pen­cher sur la sé­rie Fais pas ci, fais pas ça, comme ré­vé­la­teur d’un état des lieux. Il y au­rait deux sortes de pères : le Le­pic et le Bou­ley. L’un est le père nour­ri­cier hy­per res­pon­sable, mais as­sez sec­taire et peu à l’écoute. L’autre est le père at­ten­tif, psy­cho­logue, mais im­ma­ture et fi­nan­ciè­re­ment

Ce­lui qui dit non, ce­lui qui dit oui

peu ras­su­rant. Il est re­mar­quable de consta­ter qu’au fil des sai­sons, les per­son­nages sont de­ve­nus de moins en moins ca­ri­ca­tu­raux : le Le­pic s’adou­cit et met de l’eau dans son vin de messe, le Bou­ley se res­pon­sa­bi­lise et corse un peu son thé vert bio. Ga­geons qu’à la fin de la sé­rie, nous au­rons, à tra­vers ces deux per­son­nages, l’image du père ac­tuel...

Tout va pour le mieux donc ? Pas tout à fait, car la so­cié­té ne s’est pas en­core com­plè­te­ment mise au dia­pa­son. Mar­lène Schiap­pa, ac­tive pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Ma­man Tra­vaille, grande dé­fen­seuse des droits de la femme et de la mère, le sou­ligne : la place du père est, elle aussi, dif­fi­cile à trou­ver dans la so­cié­té d’au­jourd’hui. Et de s’of­fus­quer il y a peu lorsque la psy­cho­logue de la crèche que fré­quente son pe­tit der­nier a dé­cla­ré à son ma­ri, alors qu’il ten­tait de don­ner son avis : “Oh, mon­sieur, on sait tous que le père, pour un bé­bé, ça ne compte pas !” Oui, le père compte. Même s’il n’est pas (et tant mieux !) une mère comme les autres. “On dit d’un père qui s’oc­cupe avec ten­dresse de son bé­bé qu’il ma­terne. Pour ma part, je sou­tiens qu’il pa­terne, le pa­ter­nage dé­si­gnant cette fa­çon spé­ci­fique qu’ont ces pères de s’oc­cu­per de leurs bé­bés, se­lon un style qui leur est propre”, écrit Gé­rard Ney­rand. Le psy­cho­logue Jean Le Ca­mus s’est éga­le­ment in­té­res­sé de près à ce “style” propre aux pa­pas d’au­jourd’hui (4). Il rap­porte no­tam­ment une étude réa­li­sée en 1991 au­tour d’un couple avec leur bé­bé, sui­vi sur plu­sieurs séances en pis­cine. Il en ré­sul­tait que “le père était plus por­té à sti­mu­ler l’en­fant phy­si­que­ment, à pro­vo­quer chez lui des ré­ac­tions (...), tes­tant plus ses com­pé­tences, pro­vo­quant plus de prises de risques...” Le père, ce­lui qui, dès le dé­part, trace le che­min de l’au­to­no­mie ? Fa­bienne, ma­man de ju­meaux au­jourd’hui âgés de 5 ans, en est convain­cue. Elle a elle-même consta­té cette dif­fé­rence de com­por­te­ment lors des cours de bé­bés na­geurs : “Quand on fai­sait bar­bo­ter les en­fants, j’ai re­mar­qué que les pères les por­taient vers l’ex­té­rieur et les mères, vers elles. C’était sys­té­ma­tique. Comme si le rôle de la mère était de pro­té­ger l’en­fant et ce­lui du père, de le pous­ser dans la vie !” Dans une in­ter­view don­née pour la re­vue L’École des Pa­rents, en 2005, Jean Le Ca­mus dé­cla­rait : “Contrairement à Al­do Naou­ri qui dit que le père est ce­lui qui dit non à tout, je sou­tiens que le père est ce­lui qui dit oui, mais pas n’im­porte comment et pas tout le temps. Le père ouvre des voies, il sti­mule, c’est un éveilleur.” Le père se­rait donc as­sez na­tu­rel­le­ment ce­lui qui di­rait : “Oui, vas-y. Oui, es­saie. Oui, je crois en toi...” Puisqu’il est ques­tion d’Al­do Naou­ri, exa­mi­nons son point de vue. Dans Les Pères et les Mères (5), il s’étonne qu’on puisse mettre sur un pied d’éga­li­té la re­la­tion ma­ter­nelle (fon­dée sur la fu­sion de la ges­ta­tion) et la re­la­tion pa­ter­nelle “dé­ri­vée de la seule re­la­tion sexuelle”. Com­pre­nez que la femme “fait” l’en­fant en 9 mois de gros­sesse et l’homme, en 9 se­condes de jouis­sance... Vu sous cet angle, il est vrai que l’homme fait un peu p’tit joueur... En par­tant de ce prin­cipe, le cé­lèbre pé­diatre s’in­quiète donc de ce qu’il va ap­pe­ler ces “jeunes gé­né­ra­tions qui se com­mettent dans l’aven­ture de la pa­ren­ta­li­té en pre­nant de plein fouet une idéo­lo­gie dou­teuse qui, au mo­tif de la mu­ta­tion du sta­tut de la femme dans le monde du travail, a cru pou­voir ré­in­ven­ter un sys­tème re­la­tion­nel qui de­meure sou­mis à des lois et des règles ins­crites dans l’in­cons­cient de cha­cun”. Ouf ! C’est drô­le­ment bien écrit. Et il est lé­gi­time de se po­ser la ques­tion. Christine Cas­te­lain Meu­nier, grande sup­por­trice du nou­veau père, s’in­ter­roge d’ailleurs : “La dif­fé­rence bio­lo­gique en­traî­ne­rait-elle un tel dé­ter­mi­nisme (...) que vou­loir faire comme s’il n’y en avait pas re­lève(rait) du non-sens ?” La ré­ponse est oui, si l’on part du prin­cipe que les deux pa­rents cherchent à avoir e-xac-te-ment la même re­la­tion à l’en­fant. Ce qui, au re­gard de ce que nous avons vu, ne semble pas te­nir de la gé­né­ra­li­té... Comme le dit Fa­bienne avec humour : “Quel que soit ce­lui qui lui change sa couche, le bé­bé n’est pas dupe : Pa­pa-pique et Ma­man-doux...” Ma­rion ré­sume as­sez jo­li­ment sa si­tua­tion pa­ren­tale : “Il est l’au­to­ri­té. Moi aussi. Il est chef de fa­mille. Moi aussi. Bref, on est pa­rents tous les deux. Il a pris sa place de père, je la lui ai don­née aussi.”

Mais comme elles de­meurent nom­breuses, mal­gré tout, les ques­tions que pose la pa­ter­ni­té ! “Quelle place pour le père pa­ter­nant dans le di­vorce au­jourd’hui ?”, se de­mande Ar­naud, qui vient de di­vor­cer. “Quelle place pour le beau-père dans la fa­mille re­com­po­sée ?”, s’in­ter­roge Thomas, qui vient de se re­ma­rier. Ajou­tons à ce­la : Faut-il à tout prix une “fi­gure pa­ter­nelle” ? La mère se­ra-telle tou­jours, par na­ture, toute-puis­sante ? Est-ce la mère qui fait le père ? À dé­faut de pou­voir évo­quer tous ces su­jets, concluons sur le fait que, dans un contexte com­mun, chaque père se­ra dif­fé­rent, en fonc­tion de son propre vé­cu, de son âge, de sa com­pagne, de sa si­tua­tion éco­no­mique, de sa cul­ture... Et c’est char­gé de ses va­lises per­son­nelles qu’il ten­te­ra d’être, pour­rait dire Win­ni­cott, un “père suf­fi­sam­ment bon”.

4. Pères et bé­bés. Jean Le Ca­mus. éd. L’Har­mat­tan. 5. Les Pères et les Mères. Al­do Naou­ri. éd. Odile Ja­cob.

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