Édi­to

Marie Claire Enfants - - Édito -

Pris entre mille feux, les pa­rents mo­dernes sont des hé­ros !

Les su­per­mar­chés sont de­ve­nus des champs de mines qu’il faut soi­gneu­se­ment contour­ner pour évi­ter à nos en­fants pu­ber­té pré­coce, otites à ré­pé­ti­tion ou in­to­lé­rance au glu­ten. Le tou­bib d’en bas pres­crit des pel­le­tées de mé­di­ca­ments sans te­nir compte du trou de la Sé­cu­ri­té so­ciale et de la toute-puis­sance des la­bo­ra­toires phar­ma­ceu­tiques. Ha­bi­ter en ville re­vient à coin­cer nos en­fants entre 10 ou 15 ré­seaux wi-fi bran­chés H24...

Il de­vient com­pli­qué de vivre en adé­qua­tion avec ses prin­cipes sans col­la­bo­rer avec une so­cié­té qui ne sait plus où elle ha­bite. Il y a quelques se­maines, les yeux dans le vague, je me mets à lire un pe­tit conte ins­crit sur un sac de ma­ga­sin bio.

“Un jour, dit la lé­gende, il y eut un im­mense in­cen­die de fo­rêt.

Les ani­maux, ter­ri­fiés, ob­ser­vaient im­puis­sants le dé­sastre. Seul le co­li­bri s’ac­ti­vait, al­lant cher­cher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les je­ter sur le feu. Après un mo­ment,

le ta­tou, aga­cé par cette agi­ta­tion dé­ri­soire, lui dit : ‘Co­li­bri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes que tu vas éteindre le feu !’ Et le co­li­bri lui ré­pon­dit :

‘Je le sais, mais je fais ma part.’ ”

Ce conte amé­rin­dien, qui existe sous beau­coup de formes, m’a ré­con­ci­liée avec mon quo­ti­dien. Fi­na­le­ment, ten­tons tous d’être plus co­li­bri et moins ta­tou, même si ce­la ne re­pré­sente

qu’une goutte d’eau dans l’océan.

Vio­laine Belle- Croix, ré­dac­trice en chef.

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