« LE PAPE EST DÉ­TER­MI­NÉ À CRÉER UN LIEU DE SÉ­CU­RI­TÉ POUR LES MI­NEURS »

LA PÉ­DO­PSY­CHIATRE CA­THE­RINE BON­NET* EST LA SEULE FRAN­ÇAISE SUR LES DIX-SEPT MEMBRES DE LA COM­MIS­SION PON­TI­FI­CALE POUR LA PRO­TEC­TION DES MI­NEURS, CRÉÉE EN MARS 2014 PAR LE PAPE FRAN­ÇOIS. UNE RÉ­VO­LU­TION AU VATICAN ?

Marie Claire - - News - Pages di­ri­gées par Ca­the­rine Du­rand, avec Ma­thilde Hé­lie, Oli­vier Malnuit, Ca­ro­line Ro­chet et In­grid Sey­man.

Marie Claire : Pour­quoi le pape a-t-il lan­cé cette com­mis­sion ? Ca­the­rine Bon­net : En 2004, le rap­port du John Jay Col­lege ré­vé­lait qu’aux Etats-Unis, entre 1950 et 2002, 10 667 plaintes avaient été dé­po­sées contre 4 392 prêtres et diacres. Les vic­times étaient à 81 % des gar­çons. Ce­la a pro­vo­qué des ré­vé­la­tions en masse en Eu­rope. Le pape Be­noît XVI avait ren­con­tré des vic­times. Le pape Fran­çois, en­tou­ré du groupe de huit car­di­naux, veut mettre « l’Eglise face à ces dou­lou­reuses af­faires », créer « un lieu de sé­cu­ri­té » pour les mi­neurs et les per­sonnes vul­né­rables, et as­su­rer la prise en charge des vic­times et de leur fa­mille. Il est très dé­ter­mi­né. Quel est votre rôle ? Nous sommes ses conseillers, une équipe plu­ri­dis­ci­pli­naire de dix-sept membres, nous nous ap­puyons sur les meilleures pra­tiques pour dé­fi­nir des lignes di­rec­trices afin d’ac­cueillir les vic­times, me­ner un tra­vail de pré­ven­tion et de for­ma­tion du cler­gé, sur les cinq conti­nents. Cette com­mis­sion est-elle per­çue comme une avan­cée au Vatican ? Oui, le pape Fran­çois re­garde le pro­blème en face et de ma­nière très prag­ma­tique. Des le­çons ont été ti­rées pour qu’au­jourd’hui les mi­neurs soient pro­té­gés. (*) Au­teure de « L’en­fant cas­sé, L’in­ceste et la pédophilie » (éd. Albin Michel).

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