Les sé­ries, le nou­veau lien pa­rents-ado­les­cents ?

“Pret­ty lit­tle liars”, “Stran­ger things” et autres sé­ries qui ra­content les ado­les­cents, peuvent per­mettre aux pa­rents d’ac­cé­der à leur uni­vers. Créant ain­si un pont in­at­ten­du entre les gé­né­ra­tions.

Marie Claire - - Séries - Par Clé­lia Co­hen Par­fois, des thèmes graves comme le har­cè­le­ment ou le sui­cide se trouvent ain­si à por­tée de pa­role. Scar­lett Alle, chez Net­flix, ré­sume :

« Ma fille a été élue plus belles fesses de sa classe ! » La mère per­plexe qui ra­conte ce­la lors d’un dî­ner entre amis ne sait vi­si­ble­ment pas bien quoi faire de cette in­for­ma­tion. Les ado­les­cents sont vrai­ment des créa­tures étranges… Un convive lui conseille de re­gar­der la sé­rie 13 rea­sons why (2), qui com­mence exac­te­ment comme ça. Mais il ne pré­cise pas que ce­la se ter­mine mal pour l’hé­roïne. Ce n’est bien sûr que de la fic­tion, mais les ré­cits ado­les­cents ont tou­jours été por­teurs de vé­ri­tés pro­fondes sur cet état tran­si­toire et mys­té­rieux. Les teen mo­vies amé­ri­cains, de Su­perG­rave à Ame­ri­can pie, aus­si po­taches soient-ils, per­mettent de faire en­trer fron­ta­le­ment la ques­tion sexuelle, cru­ciale à cet âge-là, dans un ci­né­ma hol­ly­woo­dien mains­tream sou­vent prude par ailleurs.

Les sé­ries ne sont pas en reste, et ce, de­puis Be­ver­ly Hills jus­qu’à Gos­sip girl et An­ge­la, 15 ans. Elles oc­cupent même au­jourd’hui un rôle in­at­ten­du de liant pa­rents et en­fants : une étude me­née par la pla­te­forme de VOD Net­flix ré­vèle que les pa­rents re­con­naissent, à 80 %, avoir dé­jà re­gar­dé des sé­ries comme Pret­ty lit­tle liars (3) ou Stran­ger things (1), afin de mieux com­prendre leurs ado­les­cents. Ces der­niers sont, eux, 78 % à pen­ser que re­gar­der les mêmes sé­ries que leurs pa­rents fa­vo­rise l’échange à un âge où il est par­fois dif­fi­cile de trou­ver un ter­rain d’en­tente. Ma­rie, 46 ans, a pas­sé une an­née à re­gar­der les huit sai­sons de Vam­pire Dia­ries avec sa fille Ni­non, 16 ans : « Par­fois, je m’en­nuyais sé­vè­re­ment, mais j’avais plei­ne­ment conscience d’avoir en­fin ac­cès à un uni­vers qui in­té­resse mon en­fant. En plus, la ques­tion de la sexua­li­té, très pré­sente dans la sym­bo­lique du vam­pire (le sang, les règles, etc.), per­met aus­si de dé­blo­quer des conver­sa­tions. »

« Cer­taines sé­ries offrent aux adultes une plon­gée dans les ri­tuels du ly­cée, aux­quels ils n’ont pas ac­cès au­tre­ment. C’est un peu comme de lire le jour­nal in­time de leur ado… en étant moins in­tru­sifs ! »

Au coeur du foyer

Est- ce que les pa­rents des an­nées 50 al­laient voir La fu­reur de vivre en es­pé­rant trou­ver dans les yeux fous de James Dean une ré­ponse aux in­ter­ro­ga­tions concer­nant leur pro­gé­ni­ture troublée ? C’est pos­sible. Mais les sé­ries ar­rivent, elles, di­rec­te­ment au coeur du foyer : « Le cô­té feuille­ton­nant d’une sé­rie, pour­suit Ma­rie, per­met aus­si de créer un fil rouge dans notre quo­ti­dien pa­rents/ados sou­vent frag­men­té. » En plus d’être nos meilleures amies, nos dou­dous, nos dé­fou­loirs, les sé­ries se ré­vèlent aus­si de fins mé­dia­teurs gé­né­ra­tion­nels. Elles savent dé­ci­dé­ment tout faire.

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