Paul An­drew de Fer­ra­ga­mo

Le de­si­gner an­glais di­rige dé­sor­mais la créa­tion chaus­sures du fleu­ron du luxe flo­ren­tin.

Marie Claire - - Tendances - Par Em­ma­nuelle Bosc d’autres por­traits de créa­teurs sur ma­rie­claire.fr/crea­teurs

En quinze ans, vous avez conçu les sou­liers des plus grandes mai­sons, d’Alexan­der McQueen à Cal­vin Klein. En quoi vous ont-elles fa­çon­né ?

Mon père, ta­pis­sier et dé­co­ra­teur, tra­vaillait pour les Wind­sor. Ma mère di­ri­geait une so­cié­té d’in­for­ma­tique. Mon amour de la chaus­sure s’est ar­ti­cu­lé au­tour de ces deux pôles : ar­ti­sa­nat pré­cieux et mo­der­ni­té high-tech. J’ai dé­mar­ré à Londres chez Alexan­der McQueen. Son ta­lent à re­pous­ser les fron­tières de la créa­tion m’a trans­por­té. En 1999, je me suis ins­tal­lé à New York, j’ai tra­vaillé avec Nar­ci­so Rodriguez, si sen­sible aux fi­ni­tions, puis Don­na Ka­ran, dé­diée à don­ner aux femmes le sen­ti­ment d’être belles et fortes, en­fin avec Cal­vin Klein, af­fran­chi des ten­dances et axé sur le de­si­gn. J’ai tant ap­pris qu’au mo­ment de créer ma propre marque, en 2013, les choses ont été fa­ciles. Vous êtes le pre­mier di­rec­teur de la créa­tion chaus­sures femme de Fer­ra­ga­mo de­puis la dis­pa­ri­tion de Sal­va­tore Fer­ra­ga­mo en 1960. Vous avez nombre de points com­muns. Ri­ta Hay­worth ou Ava Gard­ner ne ju­raient que par lui. Les cé­lé­bri­tés d’au­jourd’hui vous adorent. Un atout dans votre em­bauche ?

Tous deux avons res­sen­ti une pas­sion pré­coce et sommes par­tis réa­li­ser nos rêves aux Etats-Unis. Nous par­ta­geons l’ob­ses­sion des cou­leurs et de l’ar­chi­tec­ture. Ré­vo­lu­tion­naire, il al­liait gla­mour ex­trême et confort ab­so­lu. C’est aus­si mon idée fixe. Les mé­moires du fon­da­teur de Nike, Phi­lip Knight, ont été mon livre de che­vet. Et quand j’en­voie des sou­liers dans une usine au­to­mo­bile pour une gal­va­ni­sa­tion (trai­te­ment an­ti­cor­ro­sif, ndlr), je ne fais que suivre les pas de Sal­va­tore Fer­ra­ga­mo. Pour l’au­tom­ne­hi­ver, j’ai ré­ac­tua­li­sé cer­tains ico­niques : la com­pen­sée F, très avant-gar­diste en 1947 (son ta­lon sculp­té en courbe dé­fie la pe­san­teur, ndlr), ou le ta­lon fleur, em­blème de la mai­son. Quant à ma ca­pa­ci­té à re­con­nec­ter la mai­son au Hol­ly­wood mo­derne, avec Cate Blan­chett, Lu­pi­ta Nyong’o ou Em­ma Wat­son ( fi­dèles clientes de sa marque épo­nyme, ndlr), ce­la a peut-être joué, en ef­fet.

Votre pa­lette de cou­leurs est in­tense. L’ins­pi­ra­tion vient-elle de Flo­rence, où siège la mai­son ita­lienne ?

En ar­ri­vant, j’ai vi­si­té la Ga­le­rie des Of­fices. Cer­taines toiles de Bot­ti­cel­li ont eu une in­fluence sur cette pre­mière saison. Ces jaunes, ces verts sont vi­brants. Sans ou­blier le noir et or, ré­cur­rence Fer­ra­ga­mo que l’on re­trou­ve­ra dans chaque col­lec­tion. Mais mon ins­pi­ra­tion, éclec­tique, peut aus­si éma­ner des sculp­tures en mé­tal d’as­pect rouillé de l’ar­tiste Ri­chard Ser­ra.

1. Le créa­teur Paul An­drew, 38 ans. 2. et 3. Hi­ver 2017 : des bot­tines au de­si­gn géo­mé­trique et des es­car­pins au ta­lon fleur ico­nique re­vi­si­té. 4. La com­pen­sée F, ver­sion ori­gi­nale, 1947. 5. Dans les ar­chives, les em­bau­choirs des ac­trices hol­ly­woo­diennes. 6. La com­pen­sée F, re­pen­sée en ve­lours cette saison.

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