l’élu Swann Ar­laud

Il est le hé­ros de “Pe­tit pay­san”*, un thriller en mi­lieu ru­ral où ce tren­te­naire vo­lu­bile aux yeux striés se ré­vèle sombre et en­tê­té. Un ac­teur tout en re­te­nue qui nous a éblouis.

Marie Claire - - Sommaire - Par Emi­ly Bar­nett

1 MAR­CEL PROUST

On l’a bap­ti­sé Swann en ré­fé­rence au hé­ros d’A la re­cherche du temps per­du : « En­fant, j’avais honte de mon pré­nom. Les autres ga­mins me ta­qui­naient avec des phrases du genre : “T’es ma­lade, Swann-toi bien !” Mais les profs de fran­çais m’ado­raient. »

2 TA­TIA­NA

Swann Ar­laud n’avait pas pré­vu d’être co­mé­dien. Vers 25 ans, il en­chaîne les pe­tits rôles, mais c’est sa mère, la met­teuse en scène Ta­tia­na Vialle, qui le pro­pulse en le fai­sant mon­ter sur les planches, en 2010 : « C’était dans Une femme à Ber­lin, avec Isa­belle Car­ré. Je jouais un type af­freux de la Wehr­macht. J’ai été ter­ro­ri­sé tout au long des re­pré­sen­ta­tions, sauf le der­nier soir. »

3 VHS

Il aime Jean Ro­che­fort, Mi­chel Ser­rault, Ber­nard Blier… toute cette gé­né­ra­tion d’ac­teurs qui font naître chez lui une nos­tal­gie. « J’ai fait mon édu­ca­tion ci­né­phile en ac­cé­dant à la vi­déo­thèque de mon beau-père (le chef opé­ra­teur Bruno Nuyt­ten, ndlr). Il en­re­gis­trait à la té­lé­vi­sion les films de John Cas­sa­vetes, Mau­rice Pia­lat, Ma­ri­lyn Mon­roe, Ang Lee, Ing­mar Berg­man. »

4 VACHE

Pour jouer les gar­çons de cam­pagne, l’ac­teur de 36 ans, qui a gran­di à Pa­ris, puis à Ram­bouillet, a dû ap­prendre sur le tas : « Le réa­li­sa­teur, Hu­bert Cha­ruel, m’a en­voyé en stage dans la ferme de ses pa­rents. J’ai ap­pris à traire des vaches et à prendre soin d’un trou­peau. Comme je suis un peu mai­gri­chon, j’ai dû prendre dix ki­los pour le rôle. »

5 MOUS­TACHE

Swann Ar­laud a peut-être lou­pé une grande car­rière d’écri­vain : « Pe­tit, je trim­bal­lais en per­ma­nence sur moi un cahier de poèmes. Je rê­vais d’écrire, c’est-à-dire de fu­mer la pipe et de por­ter une mous­tache ! Ça ex­plique peut-être pour­quoi j’ai re­non­cé pré­ma­tu­ré­ment à cette am­bi­tion. »

6 TAGS

Il ex­celle dans le graff. « J’ai pas­sé mon ado­les­cence à re­cou­vrir les murs de la ville d’ins­crip­tions. Je ta­guais les toits et les ter­rains aban­don­nés. » Le jeune homme s’est en­suite di­ri­gé vers des études d’art, à Stras­bourg, « des an­nées for­mi­dables de for­ma­tion ».

7 MYS­TIQUE

Le co­mé­dien se dit sen­sible à la ques­tion du sur­na­tu­rel et des croyances : « Jouer dans un film im­plique d’être sen­sible au monde in­vi­sible. Il faut ac­cep­ter que quelque chose nous échappe, qu’il existe une part de ma­gie dans le travail d’in­ter­pré­ta­tion. Si­non on tombe dans l’écueil de vou­loir re­pré­sen­ter uni­que­ment ce que l’on voit. »

8 NOIR

A son tour de pas­ser de l’autre cô­té de la ca­mé­ra : en mai, Swann Ar­laud a tour­né son pre­mier court mé­trage, le por­trait d’un gar­çon de 20 ans ins­pi­ré de son frère. « C’est l’histoire d’un ado blanc qui rêve d’être noir et de faire du rap. » (*) D’Hu­bert Cha­ruel, dé­jà en salles (voir notre cri­tique en pages « Cinéma »).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.