Yael Braun-Pi­vet,

Marie Claire - - Société -

« Co-rap­por­teure de la com­mis­sion d’en­quête sur l’af­faire Be­nal­la cet été, j’ai re­çu des di­zaines de mes­sages sexistes et an­ti­sé­mites sur les ré­seaux so­ciaux. Au­cune femme ne de­vrait su­bir une telle vio­lence, quelles que soient la pro­fon­deur des désac­cords po­li­tiques ou l’in­ten­si­té du dé­bat. Mais je re­tiens de cet épi­sode la ca­pa­ci­té des élus à s’unir pour dé­fendre les va­leurs de notre Ré­pu­blique, comme en té­moignent les nom­breux mes­sages de sou­tien re­çus de mes col­lègues, toutes ap­par­te­nances po­li­tiques confon­dues. En com­mis­sion des Lois, j’ai fait re­mar­quer à deux dé­pu­tés qu’ils n’avaient pas res­pec­té le rè­gle­ment de notre as­sem­blée, et l’un d’eux, Ro­bin Re­da (LR), a cru bon de ré­pondre : “Mer­ci pour ces ré­flexions qua­si ma­ter­nelles.” J’ai été es­to­ma­quée par cette ré­ponse mi­so­gyne. Il a sur­en­ché­ri : “Mais je dis ça parce que vous pour­riez être ma mère.” Le sexisme au quo­ti­dien, ce sont aus­si ces ar­ticles comme ce por­trait dans “Le Monde”, où l’on me pré­sente comme “la grande blonde qui avait bat­tu un pi­lier de la droite”. On n’au­rait ja­mais dit “le pe­tit gros”, en par­lant d’un homme. L’ar­ticle était pour­tant écrit par une femme, mais c’est symp­to­ma­tique d’une fa­çon de dé­fi­nir les femmes en po­li­tique d’abord par leur phy­sique. »

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