LES FON­TAINES DE CLER­MONT-FER­RAND

Cler­mont-fer­rand, la ville aux qua­rante fon­taines

Massif Central Patrimoine - - Sommaire - Textes / Mu­riel Va­len­ti­ni / Pho­tos / Of­fice de tou­risme de Cler­mont-fer­rand

Voi­ci un par­cours ori­gi­nale, ce­lui de la tren­taine de fon­taines de Cler­mont qui sont au­tant d’étape de l’his­toire de la ville.

Vé­ri­table pa­tri­moine cler­mon­tois, les fon­taines de la ca­pi­tale au­ver­gnate se re­marquent quelle que soit la ca­té­go­rie à la­quelle elles ap­par­tiennent. On trouve quelques ra­re­tés comme une mo­nu­men­tale fon­taine gothique près de l’hô­tel de ville et quelques an­tiques fon­taines

qui furent au cours des temps des la­voirs et des points d’eau po­table pour la po­pu­la­tion.

Au fil d’un par­cours ap­pe­lé cir­cuit des fon­taines, le pro­me­neur cu­rieux peut s’émer­veiller de toutes les dé­cli­nai­sons ar­chi­tec­tu­rales pos­sibles : la fon­taine à bas­sin, fon­taine à coupe où la fon­taine com­prend au-des­sus de son bas­sin une seule vasque por­tée par un mo­tif cen­tral et dont la forme, en ca­lotte sphé­rique, rap­pelle les coupes an­tiques. La fon­taine cou­verte ou dé­cou­verte est l’ap­pel­la­tion des fon­taines ados­sées ou iso­lées, se­lon que tout leur en­semble est pro­té­gé par une construc­tion, ou lais­sé à dé­cou­vert. La fon­taine en buf­fet ou buf­fet d’eau ca­rac­té­rise une construc­tion éta­gée, com­po­sée de bas­sins su­per­po­sés dont la dis­po­si­tion des jets et des chutes d’eau pro­duit un ef­fet par­ti­cu­lier. La fon­taine en de­mi-lune, en grotte ou en niche concerne une fon­taine éle­vée sur un plan de­mi-cir­cu­laire, en par­tie com­prise dans un ren­fon­ce­ment de même forme et dont la dé­co­ra­tion si­mule une grotte ou se com­pose d’une simple niche. La fon­taine en py­ra­mide cor­res­pond à une fon­taine dans la­quelle plu­sieurs vasques, dis­po­sées l’une sur l’autre, di­mi­nuent de dia­mètre de bas en haut, et per­mettent à l’eau de tom­ber en nappes suc­ces­sives tout en com­po­sant une py­ra­mide. li­quide. En­core plus cu­rieuse, la fon­taine en por­tique des­sine des arcs de triomphe an­tiques. La fon­taine dite rustique, sa­ti­rique ou sta­tuaire re­pré­sente divers

élé­ments de dé­co­ra­tion : bosses, ro­cailles, co­quillages, faunes et gro­tesques ou fi­gures sculp­tées. En­fin, la fon­taine sym­bo­lique montre, grâce aux at­tri­buts qui la dé­corent, une vo­lon­té de pé­ren­ni­ser les sou­ve­nirs propres à son créa­teur ou à un évé­ne­ment mé­mo­rable.

Des mas­ca­rons contre les mau­vais es­prits

La fon­taine des Cor­de­liers, ados­sée à l’an­cien couvent des Cor­de­liers, fi­gure par­mi les fon­taines ar­chi­tec­tu­ra­le­ment des plus simples, grâce à son bas­sin sur­mon­té de vo­lutes et d’une ro­sace d’où jaillit l’eau. Par­tant de­puis le centre his­to­rique de Mont­fer­rand, dont la fon­da­tion prend ses ra­cines au XIIE siècle, il pa­raît im­pos­sible de man­quer la place de la Ro­dade sur la­quelle triomphe la fon­taine des qua­tre­sai­sons. L’édi­fice construit au XIXE siècle par l’école de sculp­ture de Vol­vic, se nomme éga­le­ment fon­taine-abreu­voir. Ce sont ses bas-re­liefs, ar­bo­rant les quatre sai­sons re­pré­sen­tées par un vi­sage de femme cou­ron­né de pâ­que­rettes, d’épis, de grappes de rai­sin se­lon les sai­sons ain­si qu’un vieillard, al­lé­go­rie hi­ver­nale, qui lui ont don­né son nom. En pour­sui­vant la dé­am­bu­la­tion dans le quar­tier de Mont­fer­rand, non loin de l’église No­treDame-de-pros­pé­ri­té et pla­cée rue Mon­tor­cier, se dé­couvre la très humble fon­taine du Sé­mi­naire, dont seul le fron­ton com­porte quelques vo­lutes tan­dis qu’une ro­sace du bas-re­lief marque le jaillis­se­ment de l’eau. Tou­jours dans le quar­tier de Mont­fer­rand, la fon­taine du Lion a été dé­pla­cée rue Ju­lesGuesde, non loin de la place de la Fon­taine où elle rayon­nait pré­cé­dem­ment. Beau­coup plus spec­ta­cu­laire que les deux fon­taines ci­tées plus haut, la fon­taine du Lion était as­so­ciée ja­dis à un grand la­voir de la place de la Fon­taine. Elle

se pré­sente comme un en­semble ar­bo­rant trois mas­ca­rons, ain­si que la date de 1768. Un lion porte un bla­son et do­mine l’en­semble. « Le mas­ca­ron est un or­ne­ment re­pré­sen­tant gé­né­ra­le­ment une fi­gure hu­maine par­fois ef­frayante dont la fonc­tion était, à l’ori­gine, d’éloi­gner les mau­vais es­prits afin qu’ils ne pé­nètrent pas dans la de­meure. Ils sont sou­vent ap­po­sés sur la clef de voûte des arcs des fe­nêtres ou des portes ou sur les lin­teaux. Cer­tains mas­ca­rons ap­po­sés sur une fon­taine crachent de l’eau. » Moins mas­sive, plus élé­gante, la fon­taine de la place de la Fon­taine à Mont­fer­rand, se montre comme une fon­taine à bas­sin. Ce­lui-ci sur­plombe trois sculp­tures de ché­ru­bins. Cette fon­taine avait été ins­tal­lée en lieu et place de la fon­taine du Lion, à l’oc­ca­sion de l’ex­po­si­tion uni­ver­selle de 1863.

Sculp­teurs de re­nom pour fon­taines dis­crètes

À dé­cou­vrir dans le centre his­to­rique de Cler­mont-fer­rand, place de la Po­terne tout près de l’hô­tel de ville, la fon­taine d’am­boise de­meure la fon­taine la plus re­mar­quable de la ca­pi­tale au­ver­gnate. Fon­taine du XVIE siècle com­man­dée au sculp­teur Cha­part, par Jacques d’am­boise, évêque de Cler­mont de 1505 à 1516, l’édi­cule d’ap­pa­rence très gothique par sa struc­ture, a été dé­pla­cé dans dif­fé­rents quar­tiers de la ville, à plu­sieurs re­prises. Deux bas­sins su­per­po­sés en­tourent une co­lonne très tra­vaillée par l’ar­tiste et dans la­quelle on re­con­naît le style re­nais­sance im­pré­gnée d’une fi­nesse très ita­lienne, sou­li­gnée par des gro­tesques, des mas­ca­rons et des can­dé­labres en pierre de Vol­vic. Non loin, en s’ap­pro­chant de l’hô­tel de ville de Cler­mont-fer­rand, il se­rait dom­mage de man­quer d’ob­ser­ver les fon­taines de l’hô­tel de ville si­tuées de part et d’autre du bâ­ti­ment. Créa­tions de l’ar­chi­tecte Le­dru et construites en 1848, ces deux fon­taines se dis­tinguent par leur sim­pli­ci­té frô­lant la dé­li­ca­tesse, no­tam­ment grâce aux sculp­tures de monstres ma­rins hy­brides. La fon­taine des Pe­tits-gras da­tée du XVIIE siècle, s’appuie sur la fa­çade de l’une des plus an­ciennes mai­sons de Cler­mont, dans la rue épo­nyme. Les trois mas­ca­rons de têtes de lions ain­si que son ar­chi­tec­ture, rap­pellent d’ailleurs la fon­taine du Lion évo­quée pré­cé­dem­ment. Plus près du centre ville et de l’opé­ra mu­ni­ci­pal, à l’angle de la rue du 11-No­vembre, se dé­couvre une pe­tite cu­rio­si­té : la fon­taine Wal­lace de Cler­mont-fer­rand. En ef­fet, Ri­chard Wal­lace avait d’abord dé­ci­dé d’im­plan­ter des fon­taines vers 1870, au bé­né­fice des Pa­ri­siens. Elles re­pré­sen­taient alors le plus sou­vent les seuls points d’eau gra­tuits pour des per­sonnes sans do­mi­cile, et tous les pas­sants pou­vaient s’y désal­té­rer. La ca­pi­tale au­ver­gnate, à l’ins­tar de quelques villes de pro­vince, avait très vite dé­ci­dé d’ins­tal­ler, elle aus­si, sa fon­taine Wal­lace en 1872. Sculp­tées en­tiè­re­ment dans la pierre de Vol­vic, comme la fon­taine de l’hô­tel Dieu ou dans le marbre blanc comme la bien nom­mée fon­taine By­blis, les fon­taines de Cler­mont-fer­rand concré­tisent l’his­toire ou la my­tho­lo­gie, d’abord par leurs noms évo­ca­teurs ou en­core par leur ar­chi­tec­ture qui va du simple bas­sin sculp­té dé­li­ca­te­ment à l’en­semble riche en mas­ca­rons et gro­tesques. Al­ler de fon­taine en fon­taine d’un centre his­to­rique à l’autre, consti­tue un par­cours pro­po­sé par la ville, por­teur de culture his­to­rique et poé­tique. A

Les­pe­tits ma­tins sont les pé­riodes les plus pro­pices aux ren­contres. C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai pour l’ob­ser­va­tion de ceux que l’on qua­li­fie en­core de pré­da­teurs ou de pe­tits car­ni­vores. Au­jourd’hui, même si d’au­cuns vouent tou­jours à ces es­pèces une vin­dicte re­le­vant sou­vent da­van­tage de l’ata­visme que de rai­sons jus­ti­fiables, ces qua­li­fi­ca­tifs ont heu­reu­se­ment per­du une bonne par­tie de leur ca­rac­tère pé­jo­ra­tif. Le re­nard, le blai­reau, les mus­té­li­dés sont les re­pré­sen­tants de cette faune qui reste par­mi la plus dis­crète de nos cam­pagnes. Et à l’aube, l’ob­ser­va­tion d’un re­nard qui mu­lote dans l’herbe cou­verte de ro­sée, d’un blai­reau qui trot­tine le long d’un ta­lus pour re­ga­gner son ter­rier dans le pe­tit bois proche, ou d’une her­mine cu­rieuse qui se dresse sur ses pattes pos­té­rieures pour mieux voir au loin, est un vrai mo­ment de bon­heur. Ces animaux pro­fon­dé­ment mar­qués par des siècles de per­sé­cu­tion sont fa­rouches et ac­cèdent à une re­la­tive tran­quilli­té en évi­tant la proximité des hommes, du moins dans la jour­née. Le chat fo­res­tier ar­rive de­puis peu dans la ré­gion où il est en­core rare avec seule­ment quelques in­di­vi­dus ob­ser­vés es­sen­tiel­le­ment dans le Puy-deDôme, l’allier et le Can­tal et plus ré­cem­ment en Corrèze. Et puis, il y a ceux qui re­viennent de loin au sens propre comme au fi­gu­ré. Ces bêtes qui, comme la loutre, ont bien failli quit-

ter dé­fi­ni­ti­ve­ment la liste des mam­mi­fères ré­gio­naux. Grâce à la fois à sa pro­tec­tion glo­bale et à la res­tau­ra­tion de cer­taines ri­vières, la loutre est re­ve­nue. Elle est en­core peu com­mune et les ob­ser­va­tions di­rectes de cet ani­mal re­mar­quable sont peu fré­quentes mais il est plai­sant, en lon­geant les berges d’une rivière en­cais­sée, de pen­ser qu’elle est peu­têtre pas­sée par- là avant nous.

La fon­taine de la place De­lille a été cou­lée par Du­renne en 1855.

La fon­taine d’am­boise de style re­nais­sance, près de l’hô­tel de ville, est la plus re­mar­quable et la plus mo­nu­men­tale.

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