Au centre de Lyon, la rue d’au­vergne

Massif Central Patrimoine - - Dossier / Grande Région -

A Lyon, ces mi­grants vivent en vase clos. Ils se­ront long­temps vus comme des rustres. Un rap­port d’un com­mis­saire de po­lice du mi­lieu du XIXE évoque « des gens bru­taux adon­nés à l’ivro­gne­rie » et ces bals « où la dé­cence la moins ef­fa­rou­chée au­rait sou­vent à rou­gir », rap­porte Jean-luc de Or­chan­dia­no.

« L’au­ver­gnat a fi­ni par re­gar­der vers Pa­ris »

A la fin du XIXE, la fi­lière mi­gra­toire des Com­brailles se ta­rit. « L’au­ver­gnat a fi­ni par re­gar­der beau­coup plus vers Pa­ris ou vers Cler­mont-fer­rand », note Abel Cha­te­lain. En 1991, on compte 7.500 Puy­dô­mois dans le dé­par­te­ment du Rhône, plus de 30.000 dans ce­lui de la Seine. Le rap­port est le même pour les Can­ta­liens qui sont 1.500 à Lyon mais 37.000 à Pa­ris. Seuls les Al­ti­li­gé­riens se par­tagent équi­ta­ble­ment entre les deux villes : 10.000 dans cha­cune des deux ci­tés. Les Au­ver­gnats et les Li­mou­sins qui res­tent à Lyon fi­nissent par se fondre dans la masse. Ils se no­ta­bi­lisent, ouvrent des com­merces, in­tègrent l’ad­mi­nis­tra­tion. Au­jourd’hui, il n’existe à Lyon pra­ti­que­ment au­cune trace de ce pas­sé. Au­cun bou­gnat, au­cun com­merce se re­ven­di­quant clai­re­ment de l’au­vergne, hor­mis un cou­te­lier place Bel­le­cour. Une as­so­cia­tion L’au­vergne de Lyon compte une tren­taine de membres et une ami­cale Ger­go­via pro­pose des ani­ma­tions folk­lo­riques mais, comme à Pa­ris, ce tis­su as­so­cia­tif a du mal à se re­nou­ve­ler et à tou­cher les plus jeunes. Alors qu’à Pa­ris l’au­ver­gnat porte haut ses cou­leurs, à Lyon il s’y est comme dis­sous as­sez mys­té­rieu­se­ment. C La rue d’au­vergne est une pe­tite rue droite, à proxi­mi­té de la place Bel­le­cour. Elle a été ou­verte en 1738 sur les ter­rains ven­dus par l’abbaye d’ainay. Elle est bor­dée d’im­meubles an­ciens. Au n° 6, une plaque in­dique la mai­son où Charles Beau­de­laire a vé­cu de 1832 à 1836.

Des Au­ver­gnats d’église

Par­mi les Au­ver­gnats qui ont mar­qué dif­fé­rentes étapes de Lyon : ▲ Ber­nard, comte d’au­vergne, do­mi­na quelques an­nées Lyon et sa ré­gion jus­qu’en 886, date à la­quelle Bo­son re­prit la ville. ▲ Ro­bert d’au­vergne fut ar­che­vêque de Lyon de 1227 à 1234. ▲ Charles II Bour­bon, duc de Bour­bon­nais et d’au­vergne, né en 1434,fut ar­che­vêque et cardinal, mort en 1488. ▲ Ro­bert d’au­vergne était ar­che­vêque en 1316 lors de l’élec­tion de Jean XXII à Lyon. ▲ Guy de Boulogne, comte d’au­vergne, est de­ve­nu cardinal de Lyon en 1342. ▲ La com­man­de­rie à Saint Georges a été le siège du grand prieu­ré d’au­vergne, le cha­pitre s’y te­nait tous les ans jus­qu’à la Ré­vo­lu­tion. ▲ Hen­ri Os­wald de la Tour d’au­vergne a été ab­bé d’ainay et cardinal. En 1738, il a ven­du les ter­rains per­met­tant de tra­cer la rue d’au­vergne. Il est mort le 2 mai 1758.

Du temps où la pré­sence au­ver­gnate était forte au coeur de Lyon.

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