DES PE­TITS BULBES DU­RABLES ET FOI­SON­NANTS

Le prin­temps se pré­pare en au­tomne C’est dès le dé­but de l’au­tomne qu’il faut pen­ser aux bulbes qui fleu­ri­ront au prin­temps. S’in­té­res­ser aux formes dites « bo­ta­niques » s’avère un choix ju­di­cieux car elles re­naissent et fleu­rissent avec tou­jours plus d

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L’or­gane ren­flé1 (l’oi­gnon, comme on l’ap­pelle sou­vent) qui les ca­rac­té­rise et qui sert à sto­cker des ré­serves au cas où2 de­vrait faire d’eux des plantes fi­dèles et im­pé­ris­sables. Pour­tant, force est de consta­ter que tous les bulbes n’ont pas ces qua­li­tés. Ja­cinthes contrai­gnantes qui dé­gé­nèrent, tu­lipes3 qui pé­ri­clitent et qu’il faut ra­che­ter tous les quatre ma­tins... On se pas­se­rait vo­lon­tiers de ces embarras. Met­tons de cô­té les es­pèces su­jettes à dé­pé­ris­se­ment. On dé­couvre alors des bulbes dits « bo­ta­niques », is­sus de formes sau­vages et dont la taille par­fois mo­deste est lar­ge­ment com­pen­sée par leurs co­lo­ris et leur ro­bus­tesse. Fa­ciles à culti­ver, ils ont une for­mi­dable ca­pa­ci­té à s’ins­tal­ler du­ra­ble­ment.

Une nuée d’azur

Dès les pre­miers signes du prin­temps, les cro­cus4 font leur ap­pa­ri­tion. C’est un feu d’ar­ti­fice de cou­leurs écla­tantes qui donne du baume au coeur. Ori­gi­naires des montagnes du Sud de l’eu­rope, ils sup­portent bien le froid mais pré­fèrent les ex­po­si­tions chaudes et en­so­leillées. Les cro­cus to­lèrent les sols cal­caires, sa­bleux ou caillou­teux et il est conseillé de les plan­ter entre 6 et 10 cm de pro­fon­deur. Ils sont par­faits en ro­caille, sur­tout s’ils sont ac­com­pa­gnés de plantes rases, tels les Se­dum, Hy­pe­ri­cum olym­pi­cum, phlox nains Cra­cker­jack, oeillets nains De­moi­selle Rose ou Fu­si­lier, etc. Comme tou­jours quand on se lance dans des as­so­cia­tions de cou­leurs, prendre le temps de pen­ser à l’avance aux com­bi­nai­sons per­met d’ob­te­nir un ré­sul­tat har­mo­nieux (par exemple bleu+jaune, rose+blanc+jaune, etc.). On y pense ra­re­ment, pour­tant les pe­louses peuvent hé­ber­ger de sym­pa­thiques pe­tites fleurs (voir en­ca­dré « as­tuces ») . Les cro­cus sont de par­faits can­di­dats pour les égayer, d’au­tant qu’ils dis­pa­raissent sous la sur­face avant que ne soit ef­fec­tuée la pre­mière tonte.

Les mus­ca­ris ont un charme fou. Ils sont spec­ta­cu­laires lors­qu’ils sont plan­tés en masse et s’il est vrai que ce­la né­ces­site un pe­tit in­ves­tis­se­ment de dé­part, la ré­com­pense est telle qu’elle en vaut la peine ; car rares sont les jar­dins où l’on est ac­cueilli par une nuée d’azur. Le plus cou­rant est Mus­ca­ri ar­me­nia­cum. Ori­gi­naire des Bal­kans et du Cau­case, il se pare d’un bleu res­plen­dis­sant. Notre mus­ca­ri autochtone ( Mus­ca­ri ne­glec­tum) est plus dis­cret, mais il est bien par­fu­mé et fleu­rit plus long­temps. Et pour­quoi pas les culti­ver tous les deux afin de bé­né­fi­cier des qua­li­tés de cha­cun. Ils pré­fèrent le so­leil, s’ac­com­modent de sols di­vers, tant qu’ils ne sont pas dé­trem­pés, et doivent être plan­tés à 8 ou 10 cm de pro­fon­deur. Tou­jours dans les tons de bleu, les scilles de Si­bé­rie et leurs cou­sines les Chio­no­doxa sont idéales sous une ombre lé­gère. Cer­tains nar­cisses nains sont de plus en plus po­pu­laires et ce suc­cès est am­ple­ment mé­ri­té. Nar­cis­sus tri­an­drus Tha­lia ne dé­passe pas 20 cm et ses fleurs sont d’un blanc im­ma­cu­lé ab­so­lu­ment fée­rique, alors que Tête à tête et Twink­ling Yel­low sont en­tiè­re­ment jaunes et res­semblent à des jon­quilles mi­nia­tures. Nar­cis­sus bul­bo­co­dium est un ori­gi­nal qui se dis­tingue par ses trom­pettes jaunes de forme co­nique (pho­to de gauche p. 110). Les pre­miers sont dé­bon­naires et poussent fa­ci­le­ment un peu par­tout. On les plan­te­ra entre 10 et 12 cm de pro­fon­deur, alors que N. bul­bo­co­dium donne de meilleurs résultats en plein so­leil et se cultive plus à la ma­nière d’un cro­cus.

Des ta­pis bu­co­liques

Peu ré­pan­dues et pour­tant si pré­cieuses, les ané­mones blan­da (pho­to de droite p. 110) pro­duisent des tu­ber­cules et, par consé­quent, ne sont pas vrai­ment des bulbes, quand bien même on les vend

Où trou­ver des bulbes « bo­ta­niques » ?

Les jar­di­ne­ries et sites de vente par cor­res­pon­dance en offrent ré­gu­liè­re­ment. Tou­te­fois, il existe des pé­pi­nié­ristes col­lec­tion­neurs qui ont des ca­ta­logues très com­plets et qui sont spé­cia­li­sés dans ce do­maine, de sorte que leurs conseils sont par­ti­cu­liè­re­ment fiables. Mas d’ar­gence 30300 Fourques Tél. : 04 66 01 65 19 Site In­ter­net : www. bul­bar­gence.com 159 Ave­nue des Fleur – 40990 Herm Tél. : 06 87 48 22 95 Site In­ter­net : http:// www.la­bul­be­raie.fr Rue des Per­rins - 49130 Les Pontsde-cé Tél. : 02 41 44 93 51 Site In­ter­net : www. le­page-bulbes.fr Rue de la Croix de Bois - 49800 Brain­sur-l’au­thion Tél. : 02 41 66 01 01 Site In­ter­net : www. er­nest-turc.com

en tant que tels. Elles forment des ta­pis bu­co­liques et char­mants, aus­si bien en plein so­leil qu’à mi-ombre. Elles sont ré­sis­tantes à la sé­che­resse, à condi­tion de les ar­ro­ser en au­tomne du­rant les pre­mières an­nées, pour qu’elles puissent bien s’en­ra­ci­ner. On peut les plan­ter entre 5 et 8 cm de pro­fon­deur. Elles sont sou­vent pro­po­sées en mé­langes, mais on peut ob- te­nir un ré­sul­tat de très bon goût en pri­vi­lé­giant une cou­leur en par­ti­cu­lier, comme le pro­posent les producteurs spé­cia­li­sés. Les cy­cla­mens rus­tiques5 se cultivent de la même ma­nière, mais ils pré­sentent, à l’ins­tar des colchiques, du sa­fran et autres Stern­ber­gia, l’avan­tage de fleu­rir dès l’au­tomne ! En pla­çant les pe­tits bulbes au pre­mier rang, en bor­dure de mas­sif, ou en n’hé­si­tant pas à créer des ta­pis en­tiers, on dé­couvre qu’il n’est nul be­soin d’avoir de grandes fleurs pour pro­duire de l’ef­fet. Ils sont un des meilleurs moyens de mettre à pro­fit aus­si bien les sur­faces en­ga­zon­nées que les es­paces libres au pied des vi­vaces et ar­bustes. Pour un spec­tacle sans cesse re­nou­ve­lé.

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un moyen ju­di­cieux de fleu­rir un re­bord de fe­nêtre ou un bal­con. En plus des tra­di­tion­nelles pâ­que­rettes (les formes simples sont plus du­rables que les formes à fleurs doubles ou à pom­pons), les pe­tits bulbes sont une op­tion idéale pour gar­nir un ga­zon, sur­tout ceux qui perdent leur feuillage au prin­temps. At­ten­tion si la pe­louse est rase et plu­tôt sèche, mieux vaut em­ployer des es­pèces sobres, naines et à feuillage fin, tels les cro­cus. Une herbe dense et grasse leur étant moins ap­pro­priée, mieux vaut alors se ra­battre sur d’autres es­pèces, tels les mus­ca­ris. Néan­moins, les types de sol, d’ex­po­si­tion et de cli­mats sont si va­riés qu’il est dif­fi­cile de faire des gé­né­ra­li­tés et un jar­di­nier digne de ce nom se doit aus­si de faire des es­sais afin de voir ce qui réus­si­ra chez lui, alors que ce ne se­rait pas for­cé­ment le cas à seule­ment un ki­lo­mètre de là !

Très rus­tiques, les Mus­ca­ris se res­sèment fa­ci­le­ment d’eux-mêmes. Plan­tés en masse, ils colorent le jar­din d’une nuée d’azur.

Ad­mi­rables cro­cus, qui an­noncent le re­tour du prin­temps avec leurs cou­leurs écla­tantes. Ils sont tout au­tant à leur place en pot que dans un ga­zon ou en bor­dure de mas­sif.

Les cy­cla­mens rus­tiques sur­prennent par leur fi­nesse et leur élé­gance com­bi­nées à une bonne rus­ti­ci­té. Il est pré­fé­rable de les plan­ter le plus tôt pos­sible, dès la fin de l’été ou le dé­but de l’au­tomne.

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