LES PIEDS SUR TERRE LA TÊTE DANS LES ÉTOILES

Cé­les­ti­ny Tro­quer 200 m2 contre 18. Vivre les pieds sur terre comme sur un ba­teau. Être de par­tout et de nulle part. As­pi­rer à plus d’au­to­no­mie tout en étant ou­vert aux autres. C’est le choix de vie qu’a fait Ber­nard Ke­zel en construi­sant de ses mains un

Massif Central Patrimoine - - Ha­bi­tat / Ti­ny House -

Sur­vi­vance de l’es­prit no­made des pion­niers de l’ouest amé­ri­cain, le Ti­ny Way Of Life a vu le jour en Amé­rique du nord au tour­nant du troi­sième mil­lé­naire, sous l’im­pul­sion du de­si­gner Jay Sha­fer. Po­sé au dé­part comme un choix de vie al­ter­na­tive cen­tré sur l’har­mo­nie et la sim­pli­ci­té, ce mou­ve­ment a pris de l’am­pleur après les ra­vages cau­sés en 2005 par l’ou­ra­gan Ka­tri­na, sui­vi trois ans plus tard par ceux de la crise des sub­primes. En France, ce style d’ha­bi­tat por­table com­mence à faire des émules, no­tam­ment chez les se­mi-no­mades dans l’âme. Pour eux comme pour Saint-exu­pé­ry : « L’es­sen­tiel est at­teint, non pas lors­qu’on ne peut plus rien ajou­ter mais lors­qu’on ne peut plus rien re­ti­rer. » Pour se conten­ter plei­ne­ment d’une pe­tite sur­face, il faut être à même d’ap­pli­quer un tri très sé­lec­tif, au­tre­ment dit « de dé­grais­ser son sys­tème de vie, en ré­dui­sant ses be­soins et ses charges » ! Quand nous avons ren­con­tré Ber­nard à Di­min­geal, pe­tit ha­meau de Haute-loire si­tué tout près de Saint-georges-la­gri­col, il était à l’aube de son aven­ture. Son pa­tro­nyme (Ke­zel), qui en hon­grois si­gni­fie « avec les mains », illustre un par­cours pro­fes­sion­nel très éclec­tique. « J’ai eu des mé­tiers très di­vers, mon der­nier em­ploi d’ani­ma­teur d’ac­cueil de nuit m’a per­mis d’ac­com­pa­gner pen­dant seize ans des per­sonnes en grande pré­ca­ri­té. Comme ac­ti­vi­té com­plé­men­taire, à une époque, j’avais créé un parc de jeux tra­di­tion­nels en bois et, plus ré­cem­ment, j’ai ani­mé un ate­lier créa­tif dans une lu­do­thèque. » Au­jourd’hui, Ber­nard n’est plus sa­la­rié et se risque à vivre hors des sché­mas so­cié­taux clas­siques : « Ce nou­veau mode de vie, ba­sé sur le prin­cipe – moins de biens, plus de liens – me per­met de par­tir à la ren­contre des gens. J’ai un sta­tut pro­fes­sion­nel d’au­to-en­tre­pre­neur avec pour dé­no­mi­na­tion ad­mi­nis­tra­tive : “homme toute main”. » Quand, après une dé­ci­sion mû­re­ment ré­flé­chie par les deux par­ties, Ber­nard cale sa mai­son rou­lante sur un ter­rain pri­vé, « sans al­té­rer le sol et en veillant à une em­preinte éco­lo­gique qua­si-nulle », il se « branche » sur la mai­son de son hôte. « Je sou­hai­tais al­ler vers un mieux vivre en étant moins dé­pen­dant, en ayant une forme d’au­to­no­mie fonc­tion­nelle et spi­ri­tuelle, tout en res­tant ou­vert aux autres.

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