AL­LAN OS­TER­LIND SUÉ­DOIS ÉPRIS DE GAR­GI­LESSE

D’art… Dare Moins con­nu que son fils An­ders, Al­lan Os­ter­lind n’en est pas moins un peintre de ta­lent. Il est à re­dé­cou­vrir au châ­teau d’ars, dans l’indre, jus­qu’à la fin de l’été. Une étape sur le par­cours « La Creuse, une val­lée atelier ».

Massif Central Patrimoine - - Histoire / Décryptage - Texte / Ro­bert Gui­not / Pho­to / C.-O. Darr /

Le Mou­lin du Pin a ins­pi­ré de nom­breux peintres de l’école de Cro­zant. Si­tué sur la Val­lée de la Creuse, sur le ter­ri­toire de la pe­tite com­mune de Ba­de­con-le-pin, dans l’indre, le site a no­tam­ment été im­mor­ta­li­sé par Léon De­troy qui l’a re­pré­sen­té vers 1910, dans une veine néo-im­pres­sion­niste. La toile ap­par­tient au­jourd’hui au Mu­sée de Châ­teau­roux. Ce mou­lin, qui était l’un des cinq que comp­tait alors la com­mune, a éga­le­ment été peint, au dé­but du XXE siècle, par Al­lan Os­ter­lind, un ar­tiste né à Stock­holm mais dont l’es­sen­tiel de la car­rière s’est dé­rou­lé en France et en bonne par­tie dans la Creuse. Plus tard, en 1939, son fils, An­ders, a éga­le­ment cam­pé le site avec son style ca­rac­té­ris­tique. Le mou­lin a de­puis des an­nées dis­pa­ru sous les eaux. Le Mou­lin du Pin, dans la ver­sion d’al­lan Os­ter­lind, est ac­tuel­le­ment à re­dé­cou­vrir au châ­teau d’ars, à cô­té de La Châtre (et à deux pas du châ­teau de George Sand). Ars consacre une ex­po­si­tion au peintre, un élé­ment du par­cours La Creuse, une val­léea­te­lier qui as­so­cie sur 4 sites, 4 peintres et en­vi­ron 250 oeuvres, entre Li­mou­sin et Ber­ry. Le Mu­sée des Beaux-arts de Li­moges se consacre à Charles Bi­chet, ce­lui de la val­lée de la Creuse, à Egu­zon, à Eu­gène Al­luaud et le Mu­sée d’art et d’ar­chéo­lo­gie de Guéret à Al­fred Smith. Les quatre ex­po­si­tions bé­né­fi­cient de l’ap­port de Ch­ris­tophe Ra­meix, le spé­cia­liste de l’école de Cro­zant. Toutes sont pla­cées sous le signe de l’iti­né­rance et des voyages. Cha­cune éta­blit une ap­proche mo­no­gra­phique de l’ar­tiste tout en cer­nant ses liens avec la val­lée. Ain­si Os­ter­lind condui­sit des peintres du Nord à Gar­gi­lesse où, après ses études à Pa­ris, il se fixa. Avec ses deux amis, il quit­ta cette val­lée pour s’éta­blir, dans une quête d’au­then­ti­ci­té, dans la val­lée de la Voueize. Al­lan s’éta­blit à Lé­paud où na­quit An­ders en 1887. A la suite du dé­part de ses deux amis, Os­ter­lind est re­tour­né à Gar­gi­lesse, vil­lage cher éga­le­ment à De­troy et à d’autres. C’est à ce mo­ment qu’il pei­gnit le mou­lin et sur­tout son site pa­ré de cou­leurs au­tom­nales. L’eau de la ri­vière en consti­tue l’élé­ment do­mi­nant, le pay­sage est agré­men­té d’une église loin­taine qui évoque l’em­preinte de l’homme. Dans une na­ture apai­sée, on dé­couvre un pe­tit che­min dans une na­ture apai­sée. Les pay­sages d’al­lan Os­ter­lind sont re­la­ti­ve­ment rares même s’ils re­pré­sentent sans doute la meilleure part de son tra­vail, car moins aca­dé­miques et plus libres que les por­traits qu’il af­fec­tion­nait tant. J

« Le Mou­lin du Pin ». Une pein­ture qui at­teste des qua­li­tés d’un pay­sa­giste ins­pi­ré par la Val­lée de la Creuse.

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