L’oeil de l’oe­no­logue sur le du Do­maine Ne­bout

Tres­sal­lier des Gra­vières

Massif Central Patrimoine - - Art De Vivre / Vin Et Vigne -

aé­rer les grappes et faire bais­ser le ren­de­ment. Nous sommes bien aux an­ti­podes de la cul­ture de la vigne quelques dé­cen­nies en ar­rière… La qua­li­té avant la quan­ti­té. Ré­sul­tat : des vins frais, fruités, fa­ciles à boire qui gran­dissent sur un ter­roir ar­gi­lo-cal­caire. En bou­teille, son tres­sal­lier se dé­cline avec la patte du vigneron : des vins ten­dus avec une belle aci­di­té « avec un peu de gras en bouche ». Le char­don­nay donne cette touche na­tu­rel­le­ment, mais pour le tres­sal­lier, un pas­sage en fût est ob­ser­vé pour ar­ri­ver à un tel ré­sul­tat. Des vins qui per­cutent et portent à mer­veille l’iden­ti­té du Val de Loire, dont fait par­tie le vi­gnoble au­ver­gnat. La tête de cu­vée reste le Tres­sal­lier des Gra­vières (voir l’en­ca­dré L’oeil de l’oe­no­logue), mais Julien Ne­bout ex­plore les pos­si­bi­li­tés du cé­page bien au-de­là. Comme la cu­vée sin­gu­lière L’OR. Faire un moel­leux avec le cé­page lo­cal et sur le ter­roir de Saint-pour­çain ? Le jeune homme l’a fait ! Une vic­toire ob­te­nue après trois ans de tra­vail achar­né. Pas moins de 36 mois d’éle­vage en fût, des ven­danges à la main aux pre­mières ge­lées du­rant le mois de no­vembre 2011. Car pour ob­te­nir un moel­leux, les rai­sins doivent être cueillis beau­coup plus tard. « Nous avons at­ten­du si bien que nous avons ra­mas­sé les rai­sins sous la neige », se rap­pelle-t-il. Une ga­lère qui a por­té ses fruits : en bouche, c’est un tré­sor à dé­cou­vrir. Une ex­pé­rience unique qui ne se­ra pas re­nou­ve­lée mal­gré la qua­li­té du vin. « C’était vrai­ment trop com­pli­qué ! », sou­rit Julien Ne­bout. Mais le vigneron aime les chal­lenges, et a par exemple prou­vé qu’un tres­sal­lier pou­vait bien vieillir. « Nous avons goû­té une cu­vée de 2006 cette an­née, que nous avons re­mise en bou­teille. Le vin a été éle­vé 10 ans en bou­teille ». De quoi fi­nir de faire tom­ber les pré­ju­gés sur le cé­page lo­cal. Avec ses six cu­vées de rouges, ses quatre blancs, son ro­sé, et sa gamme de pé­tillants, le Do­maine Ne­bout ouvre la voie de la re­con­quête du saint-pour­çain. Au-de­là des rouges fruités, pré­sen­tant une belle ma­tière, la ré­gion vi­ti­cole et les vi­gne­rons d’au­jourd’hui comme Julien Ne­bout pro­duisent des vins blancs qui valent le dé­tour jus­qu’à Saint-pour­çain.

J

Phi­lippe Gal­lon, oe­no­logue de la Cave des Beaux-arts à Cler­mont-ferrand La robe : Lim­pide, avec de beaux re­flets de poire william. C’est un vin lu­mi­neux. Le nez : As­sez in­tense. On sent des notes ci­tron­nées, d’agrumes, des notes douces et su­crées, prin­ta­nières. C’est un nez très gour­mand. En bouche : Un vin bien équi­li­bré avec un peu de fraî­cheur agréable. On a cette pre­mière im­pres­sion de ron­deur. Simple, bon et très hon­nête. On re­trouve les mêmes notes qu’au nez avec une belle aci­di­té propre au tres­sal­lier. Ça pé­tille en bouche. En ac­com­pa­gne­ment : C’est un vin cro­quant. Il irait très bien sur une fourme d’am­bert. En plat, on peut le ma­rier à un ta­jine de pou­let au ci­tron, ou des bro­chettes de pou­let au ci­tron, un pois­son de ri­vière avec un beurre ci­tron­né avec des câpres. En ré­su­mé : Ce vin a une belle struc­ture. C’est un vin de gas­tro­no­mie qu’il faut ac­com­pa­gner d’un plat. Une belle sur­prise, une jo­lie dé­cou­verte qui montre bien la ty­pi­ci­té du cé­page. Très bien vi­ni­fié.

Pour un moel­leux lo­cal, pas moins de 36 mois d'éle­vage en fût, no­tam­ment.

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